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En 1960, alors qu'à l'OKB-1 de Sergueï KOROLIOV le
développement du
Vostok, le premier vaisseau spatial
de l'humanité, va bon train, on pense déjà à son
successeur. Un rapport est rédigé pour montrer que
rendez-vous et amarrage en orbite terrestre sont
deux objectifs tout à fait réalisables d'ici
quelques années.
Deux avant-projets de vaisseaux
sont à l'étude depuis la fin des années 1950 : le 5K
« Sever » et le 1L. Deux
Départements de l'OKB-1, le n°9 de TIKHONRAVOV et le
n°11 de ROCHTCHINE, apportent leurs idées pour
améliorer les deux concepts. BOUCHOUÏEV et KRIOUKOV,
les adjoints de KOROLIOV, supervisent les travaux.

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Fig.
3 : Mikhaïl Klavdievitch TIKHONRAVOV. |
Quel profil de rentrée adopter ? Quelle forme
doit avoir la capsule ? Quelle technologie utiliser
pour l'atterrissage ? Comment effectuer un
rendez-vous en orbite ? Combien de module devra
compter le vaisseau ? Autant de dilemmes qui donnent
du fil à retordre aux ingénieurs.
Concernant le mode de retour sur Terre, l'idée
des ailes, soutenue par TIKHONRAVOV, est vite
abandonnée car elle entraînerait une masse bien trop
importante et l'utilisation de matériaux encore très
mal connus. Le profil de rentrée balistique est lui
aussi rejeté car il imposerait trop d'efforts à la
structure de l'engin.
Le concept retenu est celui d'une rentrée dite
guidée, ou oblique. Ici, à l'inverse d'une rentrée
strictement balistique où la capsule se laisserait
littéralement tomber, on l'oriente constamment vers
la Terre de manière à ce que sa partie avant génère
une poussée sous l'effet du flux d'air incident. Le
vaisseau et son équipage subissent ainsi une charge
beaucoup plus supportable.
Les ingénieurs du Département n°11 ont même une
idée pour réduire encore les charges : effectuer une
rentrée selon un profil dit du « double plongeon ». Le
vaisseau effleurerait une première fois les couches
supérieures de l'atmosphère afin de perdre une
grande partie de sa vitesse, puis, dans un second
temps, il rentrerait pour de bon. Les calculs
montrent que les cosmonautes ne subiraient ainsi pas
plus de 3 ou 4G, à comparer aux 8 à 9G que devront
supporter les pilotes des
Vostok.
Mais quelle forme devra avoir la capsule pour
survivre à une telle traversée ? L'OKB-1 s'associe
au NII-88, au NII-1 et à l'Institut Central
d'Aérohydrodynamique pour défricher la question. Il
en ressort que le profil le plus apte à supporter
les contraintes de la rentrée est une « sphère
segmentée » avec un centre de gravité excentré.
L'atterrissage, quant à lui, devra impérativement
avoir lieu sur le sol soviétique, et le retour sur
l'eau est exclu. Les vaisseaux
Vostok se poseront
grâce à un parachute, mais le contact avec le sol
sera si violent que le pilote devra s'éjecter avant.
Plusieurs organisations se lancent dans la
réflexion, chacune ayant sa solution :
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OKB-2 |
Moteur fusée
à ergols liquides |
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OKB-300 |
Moteurs à
réaction |
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OKB-329 |
Rotor
subsonique |
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Académie Mozhaïsk |
Rotor
hypersonique |
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Usine 81 |
Moteur fusée
à ergols solides |
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NII RP |
Ballons
gonflables |
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NIEI PDS |
Parachute
contrôlé |
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Usine 918 |
Système
d'éjection (en réserve) |
Tableau
1 : Liste des différentes solutions pour l'atterrissage
Le Département n°11 de l'OKB-1 propose quant à
lui une solution hybride utilisant des parachutes et
un moteur à ergols solides pour freiner la capsule
au dernier moment. La direction de l'OKB-1 ne sait
pas quelle décision prendre et préfère attendre que
les études soient plus avancées.
Alors que la configuration même du futur vaisseau
n'est même pas encore gelée, le département n°27 de
l'OKB-1, dirigé par Boris RAOUCHENBAKH, commence à
réfléchir à la question du rendez-vous en orbite
terrestre. Le problème est scindé en deux phases :
l'approche à grande distance et l'approche finale.

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Fig.
4 : Boris Viktorovitch RAOUCHENBAKH. |
La première ne semble pas poser trop de
difficultés, car les ingénieurs parviennent à
calculer qu'avec la précision actuelle des lanceurs
et la possibilité d'effectuer des corrections
d'orbites, il sera possible d'amener deux vaisseaux
spatiaux dans un volume de 25km x 15km x 15km.
L'approche finale est beaucoup plus complexe. La
rencontre entre deux vaisseaux spatiaux ne peut pas
être contrôlée depuis le sol, car aucun instrument
de mesure n'est suffisamment précis pour pouvoir les
différencier. Il va donc falloir développer un radar
suffisamment petit pour pouvoir être embarqué à bord
du vaisseau. Quatre bureaux d'études spécialisés
dans ce type d'instruments reçoivent un appel
d'offre. Il s'agit du TsNII-108, du TsKB Gueofizika,
du NII-648 et du Bureau de Conception Expérimental
de l'Institut d'Energétique de Moscou.
En avril 1961, un
vaisseau Vostok décolle avec à
son bord le premier cosmonaute de l'Histoire,
Youri
GAGARINE. L'exploit est
renouvelé
dès le mois d'août avec le
vol de
Hermann TITOV. D'autres
« premières » sont au
programme des missions suivantes, mais il est
important de poursuivre le développement du véhicule
qui succédera au
Vostok. Au début de l'année 1962,
la configuration des deux avant-projets Sever et 1L
est arrêtée.
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