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Au mois de juin 1963,
Valentina TERECHKOVA devient
la première femme cosmonaute. Son vaisseau
Vostok-6
effectue un nouveau vol pseudo groupé avec le
Vostok-5 de
Valeri BIKOVSKI. Après ce nouveau
succès, Sergueï KOROLIOV envisage de confier la
responsabilité des vols Vostok suivants aux Forces
aériennes (VVS), afin de permettre à l'OKB-1 de se
concentrer sur le projet Soyouz, beaucoup plus
prometteur.

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Fig.
11 : Valentina TERECHKOVA s'apprête à quitter la
Terre pour son vol historique. |
Mais ces projets ne convainquent ni les
militaires, ni les collègues de KOROLIOV à l'OKB-1.
Tout le monde pense en effet que les vaisseaux
Vostok ont encore un grand potentiel et qu'ils
doivent continuer à être exploités pour de nouvelles
missions. De plus, il ne faut pas interrompre le
rythme des vols pour ne pas permettre aux Américains
de prendre de l'avance.
A la fin 1963, ce sont ainsi quatre missions
Vostok qui sont projetées, la dernière devant
intervenir juste avant le premier vol du Soyouz.
Mais le financement de ce dernier est beaucoup trop
faible, et les travaux n'avancent pas. Le Parti
communiste et le Conseil des Ministres ne se
décident à publier un décret entérinant le programme
de train lunaire 7K/9K/11K que le 3 décembre 1963.

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Fig.
12 : Schéma du train lunaire 7K/9K/11K. |
Dès le lendemain, la Commission
Militaro-industrielle (VPK) publie un document qui
fixe le calendrier du programme Soyouz. Un premier
vaisseau sera lancé en août 1964, et deux autres
suivront en septembre 1964. Dans son journal, le
général KAMANINE écrit :
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Ainsi, pour satisfaire les
décisions du Gouvernement, l'OKB-1 devra
construire sept vaisseaux spatiaux d'ici
septembre 1964 : quatre Vostok et trois Soyouz
(...). Au cours des
prochains jours, nous allons devoir faire un
choix : insister dans la construction d'une
nouvelle série de
Vostok, ou y renoncer et
s'orienter vers les Soyouz. |
Mais au lieu de cela, les Soviétiques vont
prendre la pire décision que l'on puisse imaginer.
En 1963, les Etats-Unis annoncent qu'ils vont mettre
en orbite en 1964 un nouveau type de vaisseau : le
Gemini. Celui-ci sera piloté par deux astronautes,
pourra changer d'orbite, effectuer des rendez-vous
et des amarrages et permettra de réaliser des
sorties dans l'Espace. En d'autres termes, il
représentera un énorme bond technologique que seul
le Soyouz pourra concurrencer.

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Fig.
13 : Le vaisseau Gemini 1 à Cap Canaveral. |
Le Premier Secrétaire du Parti communiste, Nikita
KHROUCHTCHEV, téléphone personnellement à KOROLIOV
le 4 février 1964 pour lui ordonner de stopper tous
les travaux sur les
Vostok et de procéder au
lancement d'un vaisseau piloté par non pas deux,
mais trois cosmonautes, et ce avant que les
Américains ne mettent leur Gemini en orbite ! Les
ingénieurs modifient les plans du Soyouz pour qu'il
emmène un cosmonaute supplémentaire, mais les
travaux sur ce programme sont mis de côté. C'est le
début du programme
Voskhod. Certains historiens
n'hésiteront pas à écrire que l'Union soviétique
vient de commettre sa plus grosse erreur dans le
domaine spatial. Ce ne sont pas moins de deux années
qui vont être perdues à bricoler un vaisseau
Vostok
pour lui permettre d'emmener trois cosmonautes et
d'effectuer une sortie dans l'Espace.
Quoi qu'il en soit, les études concernant Soyouz se
poursuivent bon an, mal an. En février 1964, un
simulateur est installé au TsNII-30 afin de
permettre aux cosmonautes de s'entraîner aux
techniques d'amarrage en orbite.
Mais un nouveau coup dur pour le programme arrive le
3 août 1964, quand un décret officiel annonce que le
vaisseau qui sera utilisé pour placer un cosmonaute
soviétique en orbite autour de la Lune sera le LK-1
de l'OKB-52, dirigé par TCHELOMEÏ. Le train lunaire
7K/9K/11K, qui était jusque là la raison d'être de
Soyouz, est de facto abandonné.
A l'OKB-1, KOROLIOV met sur pieds un groupe de
réflexion dirigé par Boris TCHERTOK dont la tâche
est de déterminer de nouveaux objectifs pour le
programme Soyouz. Les ingénieurs concluent que le
but prioritaire à atteindre reste l'amarrage en
orbite. Le nouveau projet lunaire N1-L3 inclut dans
son plan de vol l'amarrage de deux vaisseaux et le
transfert des cosmonautes de l'un à l'autre en
passant par l'extérieur. Le Soyouz pourrait servir à
valider ce concept.
Les études se poursuivent donc, et le 26 septembre
1964, une fusée
R-5V tente d'emmener une maquette du
module de descente sur une trajectoire suborbitale,
afin d'en vérifier le comportement. Malheureusement,
la coiffe de la fusée se brise entre T+33s et T+39s
et l'essai est un échec.
En octobre 1964,
KOMAROV, FEOKTISTOV et EGOROV
décollent à bord de
Voskhod. Le monde entier pense
alors que l'Union soviétique a développé un vaisseau
entièrement nouveau, largement supérieur à ce que
peuvent faire les Américains.

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Fig.
14 : Les trois cosmonautes de Voskhod à
Baïkonour. |
A leur retour sur Terre, les cosmonautes
apprennent que Nikita KHROUCHTCHEV a été limogé
pendant leur séjour spatial, et que c'est maintenant
Leonid BREZHNEV qui est au pouvoir. Ce changement de
gouvernement aura de très fortes conséquences sur le
déroulement des activités spatiales soviétiques.
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