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Suite à l'approbation du Parti communiste du 16
avril 1962, l'OKB-1 décide de sa lancer dans la
conception d'un nouveau vaisseau spatial. Cet engin
de deuxième génération est officiellement baptisé
« 7K », mais tout le monde à l'OKB-1 l'appelle Soyouz.
Il reprendra les concepts qui avaient été développés
pour les avant-projets Sever et 1L.
Ainsi, la configuration à trois modules et la
capsule de rentrée en forme de phare automobile
sont conservées. Un équipage de deux cosmonautes
devra pouvoir y prendre place, et des débats font
rage quant à sa taille.
Certains ingénieurs avaient prévu de
lui donner un diamètre de 2,2m (2,3m en comptant
la protection thermique) mais Konstantin FEOKTISTOV
insiste pour la réduire à 2m, afin de réduire sa
masse. Sergueï KOROLIOV et bien d'autres ne sont pas
d'accord, car ils pensent que cela serait beaucoup
trop inconfortable pour les cosmonautes. Au cours
d'une réunion, le constructeur principal définit sur
le sol une zone de 2m et demande à l'un des
ingénieurs partisan de la réduction d'y passer le
reste de la réunion.

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Fig.
8 : L'ingénieur Konstantin FEOKTISTOV. |
Malgré cette expérience, l'ingénieur en
question maintient son opinion et il aura finalement
raison : le diamètres de la base du module de
descente est fixé à deux mètres. En août 1962,
KOROLIOV pense pouvoir faire voler le premier Soyouz
dès le mois de mai 1963, ce qui est un objectif
extrêmement ambitieux.
A côté de cela, les 11 et 12 août 1962,
les cosmonautes
NIKOLAÏEV et
POPOVITCH réalisent ce
que les Soviétiques appellent le « premier vol groupé de l'Histoire
». En réalité, leurs vaisseaux
Vostok-3
et
Vostok-4 sont sur des orbites relativement
proches, mais ne disposent absolument pas d'une
capacité de rendez-vous en orbite.

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Fig.
9 : Les cosmonautes POPOVITCH et NIKOLAÏEV. |
Le Conseil des Ministres se réunit le
16 novembre 1962 et aborde les questions spatiales.
Il est convenu qu'il vaut mieux ne pas perdre de
temps en poursuivant le programme
Vostok, et qu'il
est préférable de se lancer dans le projet Soyouz.
Le problème, c'est que les vols seront interrompus
pendant près de deux ans, et que cela permettra aux
Etats-Unis de prendre de l'avance dans la « course à
l'Espace ». Mais tout le monde en URSS ne
partage pas ce point de vue. Le 6 décembre 1962, la
très puissante Académie des Sciences recommande
d'effectuer au cours des années 1963 et 1964
d'effectuer pas moins de douze vols
Vostok et de
quatre à six vols Soyouz simultanément ! Sur le plan
technique, tout ne se passe pas comme prévu du côté
du système d'amarrage, dont la réalisation s'avère
particulièrement complexe.
En décembre 1962, KOROLIOV remet aux autorités son
rapport d'avant-projet concernant le programme
Soyouz. Afin de s'attirer les faveurs des
militaires, il y a inclut des versions
Soyouz-P et Soyouz-R de reconnaissance et
d'interception.
Un plan réactualisé de conquête lunaire est entériné
le 24 décembre 1962. Le complexe utilisé comprendra
un vaisseau
7K (Soyouz A), un étage de propulsion appelé
9K, ou Soyouz B, et un étage réservoir baptisé 11K,
ou Soyouz V (rappelons que A, B et V sont les trois
premières lettres de l'alphabet cyrillique).

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Fig.
10 : Schéma du vaisseau 7K « Soyouz » tel qu'il
est envisagé en décembre 1962. |
Une réunion des responsables militaires
le 21 janvier 1963 valide le concept de train
lunaire 7K/9K/11K. L'objectif prioritaire est de
réaliser un amarrage en orbite. Le premier vol
devrait intervenir au second semestre 1964, soit
dans plus d'un an et demi. KOROLIOV
insiste pour ne pas utiliser de scaphandres car il
pense que les systèmes du vaisseau seront suffisants
pour assurer la sécurité de l'équipage. Il signe la
version finale du projet Soyouz le 7 mars 1963. Deux
semaines plus tard, le 21 mars, les constructeurs
principaux se réunissent pour échanger leurs points
de vue. TCHELOMEÏ, GLOUCHKO et KELDICH apportent
leur soutien à KOROLIOV.
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