A la fin des années 1950, les ingénieurs du Bureau Spécial d'Etudes n°1 (OKB-1) ont de quoi se réjouir. Ils ont ouvert l'ère spatiale dès 1957 en envoyant le premier Spoutnik en orbite et leurs cartons regorgent de projets tous plus ambitieux les uns que les autres. Inspirés par le génie de Konstantin TSIOLKOVSKI, ils ne se fixent rien de moins pour but ultime que d'envoyer un Homme sur la planète Mars !

Fig. 1 : Le savant Konstantin TSIOLKOVSKI (1857 - 1935)

Deux étapes logiques sont identifiées afin d'atteindre cet objectif dans un temps raisonnable. Il faudra tout d'abord apprendre à envoyer un Homme en orbite autour de la Terre, puis réitérer l'exploit autour de la Lune. Des équipes d'ingénieurs planchent déjà sur le projet du vaisseau 3K «Vostok» qui devrait permettre d'effectuer le premier vol en orbite terrestre d'ici peu. Mais quid du survol lunaire ?

Fig. 2 : La Lune, objet de toutes les convoitises...

Il est évident qu'une telle mission demandera un vaisseau beaucoup plus lourd que le Vostok, mais le lanceur le plus puissant que l'OKB-1 a dans ses cartons est le 8K78 «Molnia», capable d'envoyer environ une tonne et demie vers la Lune. Il faut bien comprendre qu'à cette époque, une telle performance est une véritable prouesse technologique, et qu'il ne viendrait à l'esprit de personne qu'elle pourrait être dépassée dans un avenir proche.

Il faut donc trouver une autre solution, et c'est tout naturellement l'idée de l'amarrage en orbite qui apparaît. Plutôt que d'envoyer le vaisseau en une seule fois avec un énorme, on le construira sur un schéma modulaire de manière à pouvoir utiliser plusieurs lanceurs de classe moyenne. Les différentes parties se rencontreront en orbite et partiront ensuite pour la Lune.

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