MKS-28 | Chronologie

1. Poursuite de STS-134

Pour la première fois depuis le début du programme, une expédition principale a pris fin alors qu'une navette spatiale américaine était amarrée à la station. En effet, le 23 mai 2011, le vaisseau Soyouz TMA-20 ramène sur Terre les cosmonautes KONDRATIEV, NESPOLI et COLEMAN, clôturant ainsi la mission MKS-27, et amorçant MKS-28.

L'équipage de celle-ci n'est pour l'instant constitué que de trois cosmonautes : le commandant Andreï BORISSIENKO et les ingénieurs de bord Aleksandr SAMOKOUTIAÏEV et Ronald GARAN.

La navette Endeavour STS-134 s'était amarrée au PMA-2 le 18 mai. Quand MKS-28 commence, les astronautes d'Endeavour ont déjà réalisé deux sorties dans l'Espace et ils ont installé la plate-forme ELC3 et l'instrument scientifique AMS-02 sur la poutre centrale.

Les astronautes Andrew FEUSTEL et Michael FINCKE commencent la troisième sortie dans l'Espace de STS-134 le 25 mai 2011 à 05h43 GMT.

Lors de la phase de préparation de la sortie, ils utilisent un nouveau procédé de préparation appelé ISLE (In-Suit Light Exercise). Au lieu de passer une nuit complète isolés dans le module Quest dans une atmosphère dépressurisée à 10,2psi, ils se contentent de respirer de l'oxygène pur au travers d'un masque pendant 60 minutes. Ensuite, ils réalisent quelques exercices physiques avec leurs scaphandres EMU pendant 50 minutes, ce qui permet à leur métabolisme d'éliminer l'azote présent dans leur corps. Cette nouvelle procédure, qui est testée lors de cette sortie, permet d'économiser de l'oxygène.

La première activité de FEUSTEL et FINCKE consiste à aller installer un point d'attache PDGF sur l'adaptateur hermétique (GA) du module Zaria. Celui-ci est équipé depuis sa construction de trois points (Fig. 1) sur lesquels les astronautes fixent un support triangulaire (Fig. 2).

Fig. 1 : Vues des trois points d'ancrage du PDGF, avec et sans les protections thermiques.
Crédit : NASA.

Le support avait été apporté sur la station par le vaisseau Progress M-05M. Le PDGF avait quant à lui été amené dans la soute de la navette Atlantis STS-132, puis ramené à l'intérieur de la station lors de la sortie du 21 mai 2010. Plus tard, le PDGF avait été fixé sur son support.

Fig. 2&3 : Le support du PDGF, et le PDGF lui-même.
Crédit : NASA.

FEUSTEL et FINCKE doivent donc commencer par ôter les protections thermiques sur les trois points d'ancrage de Zaria. Ils retournent dans le sas récupérer le PDGF et ils viennent le fixer. Ils installent ensuite un convertisseur vidéo VSC (Video Signal Converter) juste à côté du PDGF et ils connectent ses câbles d'alimentation et de transmission de données.

Fig. 4 : Vue du GA de Zaria, avec le VSC et
le PDGF fraîchement installés, 25 mai 2011.
Crédit : NASA TV.

Les deux astronautes s'occupent ensuite de tirer des câbles entre Harmony et Zaria afin d'alimenter les deux nouveaux convertisseurs ARCU qui ont été installés en avril 2011. Les ARCU font partie du Système électrique de Zaria, et permettent de transférer de la puissance du Segment américain vers le Segment russe.

Pour finir, FEUSTEL et FINCKE installent des couvertures thermiques sur certains matériels, puis ils rentrent dans le sas. La sortie se termine à 12h37 GMT. Elle a duré 6h54.

FINCKE et CHAMITOFF commencent la quatrième et dernière sortie dans l'Espace de la mission STS-134 le 27 mai 2011 à 04h15 GMT. Pour se préparer, ils utilisent le procédé habituel, qui consiste à passer la nuit précédant la sortie dans le module Quest.

La première activité consiste à aller fixer l'extension du bras de la navette, appelée OBSS, sur la poutre de la station. Comme la carrière d'Endeavour touche à sa fin, son OBSS ne sera plus utilisé, et il est donc préférable de le laisser sur la station, où il pourra éventuellement servir. Dans sa nouvelle fonction, il est rebaptisé EIBA (Enhanced ISS Boom Assembly).

Avant la sortie, le bras RMS de la navette avait saisi l'OBSS et l'avait transmis au Canadarm2. Ce dernier l'emmène jusqu'au segment S1 de la poutre centrale et le pose sur des cales. Quand FINCKE et CHAMITOFF arrivent sur place, ils n'ont plus qu'à verrouiller les cales et à brancher deux connecteurs de mise à la terre.

Fig. 5 : Le Canadarm2 amène l'OBSS sur le S1, 27 mai 2011.
Crédit : NASA TV.

Pendant que FINCKE termine cette activité, CHAMITOFF installe un cale-pieds APFR sur le Canadarm2. Les deux astronautes se rendent ensuite sur le P6 pour y démonter un PDGF (celui qui avait été monté lors de la sortie du 9 juin 2002, pendant STS-111).

CHAMITOFF monte sur le Canadarm2 et emmène le PDGF sur l'OBSS. Il installe le PDGF à la place de l'EFGF qui occupait jusqu'à présent l'extrémité de l'OBSS. Le PDGF est fixé au moyen d'un adaptateur appelé PAA (PDGF Adapter Assembly). Ils devaient déposer l'EFGF dans la soute d'Endeavour mais, faute de temps, ils le ramènent dans le sas de Quest. Il sera (peut-être) rapatrié sur Terre lors de STS-135.

L'objectif suivant est d'aller s'assurer que le dispositif OTP du manipulateur Dextre est bien attaché sur le S0. Il y avait été déposé par les astronautes de STS-130 lors de la sortie du 12 février 2010. FINCKE doit donc vérifier que la sangle LDTD (Long-Duration Tie-Down) est bien serrée.

Fig. 6 : Vue de l'OTP sur le S0, lors de STS-132.
Crédit : NASA.

Pendant ce temps, CHAMITOFF se dirige vers la plate-forme ELC3 qui a été installée quelques jours plus tôt sur le P3. Là, il démonte trois attaches EDF (Expandable Diameter Fastener) qui maintenaient en place le bras de rechange du Dextre pendant le lancement. Il en profite pour prendre des photos de l'instrument STP-H3, situé lui aussi sur l'ELC3.

Après cela, les astronautes rentrent dans le sas. La sortie se termine à 11h39 GMT. Elle a duré 7h24. Il s'agissait de la toute dernière sortie réalisée dans le cadre du programme de la navette spatiale.

Le 28 mai, environ 4,5kg d'oxygène sont transférés des réserves d'Endeavour vers celles de Quest. De leur côté, CHAMITOFF et FINCKE réparent le système CDRA d'élimination du gaz carbonique. Il est redémarré avec succès le 29 mai.

Toujours le 29 mai, à 05h01 GMT, les moteurs VCRS d'Endeavour sont allumés pour corriger l'orbite de la station (dV=0,57m/s, dh=1,04km).

Quelques heures plus tard, à 11h23 GMT, les écoutilles entre Endeavour et la station sont fermées. La navette se sépare du PMA-2 le 30 mai 2011 à 03h55'26" GMT. Ensuite, GARAN procède à la dépressurisation du PMA-2.

Les moteurs OCS de l'ATV-2 sont allumés le 2 juin 2011 à 22h30 GMT (dt=1011", dh=4,36km, dV=2,52m/s). Le vaisseau européen utilise 331kg d'ergols pour cette manœuvre, et 35kg supplémentaires sont nécessaires pour assurer le contrôle de l'orientation.

Le 6 juin 2011 a lieu une purge et un éventage des canalisation d'ergols de l'ATV-2, qui doit quitter la station dans deux semaines. Le Canadarm2 est utilisé après cette opération pour inspecter l'extérieur du vaisseau.

2. Arrivée de Soyouz TMA-02M

Le 35ème lanceur Soyouz-FG (11A511U-FG n°И15000-037) décolle du pas de tir n°5 (17P32-5) de la zone n°1 du cosmodrome de Baïkonour le 7 juin 2011 à 20h12'44,924" GMT.

La charge utile est constituée du vaisseau spatial Soyouz TMA-02M (11F732A47 n°702). Celui-ci est placé sur une orbite basse (199,98km x 257,78km x 51,67°) à 20h21'33,263" GMT.

L'équipage est constitué du commandant Sergueï VOLKOV, de l'ingénieur de bord n°1 Satoshi FURUKAWA et de l'ingénieur de bord n°2 Michael FOSSUM. Ils vont se joindre à l'équipage actuel de la station, ce qui formera un équipage à six.

Fig. 7 : Décollage de Soyouz TMA-02M, 7 juin 2011.
Crédit : Getty Images.

Le vaisseau Soyouz TMA-02M a une masse au lancement de 7101,6kg. Le Compartiment de Vie (BO) a une masse de 1273,3kg et le Compartiment de Descente une masse de 2900,4kg). Les réservoirs du KDU contiennent 880kg d'ergols (565,0kg de comburant et 315,0kg de carburant).

Lors des deux premières orbites de Soyouz TMA-02M, l'appareil de mesure du taux de dioxyde de carbone (GA) indique des valeurs inférieures à l'attendu. Les mesures redeviennent correctes lors de l'orbite n°3. Après l'amarrage, elles seront confrontées à celles du GA de Soyouz TMA-21.

Toujours le 7 juin, à bord de la station, SAMOKOUTIAÏEV démonte l'une des motopompes ENA de la boucle KOB2 du système de refroidissement SOTR et la remplace par un nouvel exemplaire.

Le 9 juin, un dysfonctionnement apparaît sur un moteur de contrôle d'attitude du vaisseau Soyouz TMA-02M alors que celui-ci réalise une manœuvre de correction de trajectoire, lors de l'orbite n°17. Le moteur DPO-B n°14 développe en effet une poussée égale à seulement 60% de la valeur nominale (130N).

Pour compenser cette anomalie, les ingénieurs de la RKK Energuia envoient une modification du logiciel qui gère les DPO, afin d'autoriser le n°14 à fonctionner plus longtemps que la limite des 400s qui leur est normalement imposée. Si le moteur devenait complètement inopérant, deux moteurs de faible poussée DPO-M pourraient le remplacer.

Soyouz TMA-02M s'amarre au module Rassviett le 9 juin 2011 à 21h17'53" GMT. Le rendez-vous se déroule en mode automatique à l'aide du système Kours. Les écoutilles sont par la suite ouvertes à 03h13 GMT et les six cosmonautes se retrouvent.

Le 11 juin, les moteurs OCS de l'ATV-2, toujours amarré à l'arrière de Zvezda, sont allumés à deux reprises pour rehausser l'orbite et la mettre en phase en vue des lancements du vaisseau Progress M-11M et de la navette spatiale Atlantis STS-135.

Le premier allumage a lieu à 14h15 GMT (dt=2166", dV=5,2m/s, dh=9,2km), et le second à 18h20 GMT (dt=2412", dV=5,8m/s, dh=10,1km). Les OCS sont encore allumés le 15 juin à 15h55 GMT (dt=2380", dV=5,84m/s, dh=10,2km), et le 17 juin à 16h21 GMT (dt=1613", dV=3,96m/s, dh=6,9km).

3. Arrivée de Progress M-11M

Le vaisseau européen ATV-2 était arrivé sur la station le 24 février 2011. Il doit bientôt la quitter et, le 18 juin, les cosmonautes mettent en place le dispositif REBR (Re-Entry Breakup Recorder), qui mesurera et transmettra un certain nombre de paramètres lors de la rentrée, afin d'étudier le comportement du vaisseau lors de cette phase de son vol.

Vers 15h20 GMT, Aleksandr SAMOKOUTIAÏEV ferme les deux écoutilles qui relient l'ATV-2 à la station. L'ATV-2 se sépare de Zvezda le 20 juin 2011 à 14h46'30" GMT.

En vue de la sortie dans l'Espace qu'ils effectueront en juillet depuis le module Quest, FOSSUM et GARAN réalisent une répétition générale dès le 22 juin. Ils enfilent notamment les scaphandres EMU.

Le vaisseau de ravitaillement Progress M-11M décolle de Baïkonour le 21 juin. Il s'amarre à l'arrière de Zvezda, à la place de l'ATV-2, le 23 juin 2011. Il apporte notamment la nouvelle BZh n°011 pour le système Elektron-VM (développée par le NII KhimMach).

Le 27 juin 2011, à environ 22h00 GMT, la NASA est informée qu'un débris orbital passera à quelques centaines de mètres de la station dès le lendemain. Il est donc trop tard pour réaliser une manœuvre d'évitement et les cosmonautes doivent se réfugier dans leurs vaisseaux Soyouz respectifs afin d'être prêts à évacuer en cas de collision grave. Le débris est croisé le 28 juin 2011 à 12h08 GMT et, peu après, l'équipage reprend un rythme de vie normal. C'est la deuxième fois dans l'histoire de la station qu'une telle procédure est suivie (la première fois, c'était le 12 mars 2009).

Les moteurs DPO du vaisseau Progress M-11M sont allumés le 29 juin 2011 à 12h15 GMT (dt=2011", dV=2,24m/s). Seuls quatre DPO sont utilisés, au lieu de huit habituellement. Une deuxième rehausse a lieu le 1er juillet 2011. Quatre DPO de Progress M-11M sont allumés à 12h16 GMT (dt=1772", dV=1,97m/s).

Toujours le 1er juillet, VOLKOV et BORISSIENKO commencent la maintenance du tapis roulant TVIS du module Zvezda. Son gyroscope ne fonctionne plus correctement, et les deux cosmonautes doivent le démonter. Il sera ramené sur Terre par la navette spatiale Atlantis STS-135, qui va en amener un nouvel exemplaire.

4. Arrivée d'Atlantis STS-135

La navette spatiale américaine Atlantis STS-135 décolle de Cap Canaveral le 8 juillet 2011 à 15h29 GMT. Il s'agit de l'ultime vol de ce programme.

Fig. 8 : Décollage d'Atlantis STS-135, 8 juillet 2011.
Crédit : NASA.

L'objectif principal de ce vol ULF-7 est de ravitailler la station au moyen du module MPLM Raffaello, dont c'est le quatrième et dernier vol. Une plate-forme LMC est également présente dans la soute, afin de transporter le système RRM à l'aller (masse au lancement : 1323kg), et le PM défaillant au retour (masse au retour : 1601kg).

L'équipage n'est constitué que de quatre astronautes : le commandant Christopher FERGUSON, le pilote Douglas HURLEY et les spécialistes de mission Sandra MAGNUS et Rex WALHEIM.

L'équipage a été volontairement réduit car, au cas où Atlantis ne pourrait pas rentrer sur Terre, les astronautes seraient bloqués sur la station et devraient rentrer grâce à des vaisseaux Soyouz. Il est donc préférable qu'ils soient le moins nombreux possible. D'ailleurs, des couchettes Kazbek-UM et des scaphandres Sokol-KV-2 ont été réalisés sur mesure pour les quatre astronautes au cas où ils devraient entrer en Soyouz.

Pendant qu'Atlantis arrive sur orbite, SAMOKOUTIAÏEV et BORISSIENKO remplacent l'unité BZh du système Elektron par le nouvel exemplaire apporté par Progress M-11M.

Atlantis s'amarre au PMA-2 par l'intermédiaire de son système d'amarrage ODS le 10 juillet 2011 à 15h07 GMT. Le module Raffaello est amarré au nadir d'Harmony à l'aide du Canadarm2 dès le 11 juillet 2011 à 10h45 GMT. Plus tard, BORISSIENKO parvient à redémarrer le système Elektron.

Fig. 9 : Arrimage de Raffaello à Harmony, 11 juillet 2011.
Crédit : NASA TV.

A l'origine, aucune sortie dans l'Espace n'était prévue pour STS-135, mais la NASA a absolument voulu ramener sur Terre le module de pompe (PM) qui est brutalement tombé en panne le 31 juillet 2010, et il a donc fallu en ajouter une au planning. Mais comme l'équipage de la navette est réduit à quatre, ce seront des astronautes de la station qui réaliseront la sortie.

Les astronautes Ronald GARAN et Michael FOSSUM débutent donc la première sortie dans l'Espace de MKS-28 le 12 juillet 2011 à 13h20 GMT, depuis le module Quest. Leur objectif principal est évidemment d'aller chercher le PM défaillant.

Il est stocké sur la plate-forme ESP-2 depuis le 28 février 2011 (il y avait été déposé par les astronautes de STS-133). FOSSUM se dirige immédiatement vers le PM et commence à le démonter. GARAN, de son côté, installe un cale-pieds APFR sur le Canadarm2 et monte dessus. Il rejoint FOSSUM, l'aide à démonter le PM et le saisit. Il l'emmène alors vers la soute d'Atlantis et l'arrime sur la plate-forme LMC.

Fig. 10 : GARAN ramène le PM vers la soute d'Atlantis, 12 juillet 2011.
Crédit : NASA TV.

GARAN laisse ensuite la place à FOSSUM sur le Canadarm2, et les deux hommes s'occupent de démonter l'expérience RRM (Robotic Refueling Mission) fixée sur la face inférieure de la LMC. Quand elle est libérée, FOSSUM la saisit et l'emmène sur l'embout SPDM, arrimé sur le PDGF du module Destiny. Il fixe le RRM sur la face n°2 de l'EOTP du SPDM.

A terme, le RRM sera installé sur la plate-forme ELC4. Il permettra de tester des technologies qui pourront servir à ravitailler en orbite des satellites qui n'étaient à l'origine pas prévus pour.

Fig. 11 : FOSSUM s'approche de l'EOTP avec le RRM, 12 juillet 2011.
Crédit : NASA.

Ensuite, les deux astronautes se séparent. GARAN se dirige vers la plate-forme ELC2 pour déployer l'un des segments de l'expérience MISSE-8, installée ici lors de STS-134 (sortie du 20 mai 2011). Elle avait été amenée en même temps que l'instrument AMS-02, qui a libéré certains gaz au début de son fonctionnement. Pour ne pas polluer MISSE-8, les astronautes ne l'avaient pas complètement déployée.

FOSSUM, de son côté, se dirige vers l'adaptateur hermétique (GA) du module Zaria. Lors de la sortie du 25 mai 2011, un point d'ancrage PDGF pour le Canadarm2 avait été installé sur le GA. Or, il s'est avéré que deux câbles de mise à la terre dépassaient de leur emplacement et gênaient l'arrimage du Canadarm2. FOSSUM doit donc écarter ces câbles. De plus, des câbles de transmission de données (norme 1553) n'avaient pas pu être installés le 25 mai 2011. FOSSUM devait sen charger, mais il n'a pas le temps et doit passer à l'activité suivante.

Fig. 12 : Le PDGF de Zaria, vu par FOSSUM, 12 juillet 2011.
Crédit : NASA TV.

FOSSUM et GARAN se rejoignent ensuite sur le PMA-3, à l'extrémité de Tranquility, pour y installer un couvercle de protection. En effet, lors des périodes où l'angle β (c'est l'angle entre le plan de l'orbite et la direction du Soleil) est élevé, le PMA-3 est particulièrement exposé au Soleil. Actuellement, lors de ces périodes, le radiateur PVR bâbord doit être manœuvré pour mettre le PMA-3 à l'ombre. Afin d'éviter cette contrainte, il a été décidé de le couvrir avec une protection thermique.

Ensuite, les astronautes rentrent dans le module Quest. La sortie se termine à 19h53 GMT. Elle a duré 6h31.

Le PMA-3 est ouvert dès le 13 juillet, et les astronautes d'Atlantis y stockent une partie du matériel qu'ils déchargent de Raffaello. Ce dernier est dépressurisé le 18 juillet, puis il est remis dans la soute d'Atlantis.

Fig. 13 : Le Canadarm2 décroche Raffaello d'Harmony, 18 juillet 2011.
Crédit : NASA TV.

Ensuite, Atlantis se sépare du PMA-2 le 19 juillet 2011 à 06h28 GMT. La prochaine étape pour l'équipage MKS-28 est la sortie dans l'Espace de début août.

SAMOKOUTIAÏEV et VOLKOV réalisent une répétition générale de leur sortie le 1er août 2011. Leurs collègues GARAN et FURUKAWA effectuent des essais du bras robotique japonais de manipulation fine JEMRMS SFA.

Dans la nuit du 2 au 3 août, les ingénieurs au sol commandent le SPDM pour réaliser une démonstration de précision. Ils installent le container CTC-2 - qui est toujours saisi par l'un des bras du SPDM depuis plusieurs mois - sur la face n°1 de l'EOTP. La prochaine étape sera d'ouvrir le CTC-2, de saisir l'un des cinq modules RPCM qu'il contient et de procéder à son installation.

5. La seconde sortie dans l'Espace

La 35ème sortie dans l'Espace réalisée depuis le Segment russe (VKD-29) débute le 3 août 2011 à 14h51 GMT, quand les cosmonautes Sergueï VOLKOV (Orlan-MK n°4) et Aleksandr SAMOKOUTIAÏEV (Orlan-MK n°6) sortent par l'écoutille VL-1 du module Pirs.

Ils se rendent tout d'abord près du poste opérateur du mât de charge GStM-1, et de là ils procèdent au lancement manuel du microsatellite Kedr (également appelé ARISSat-1), qui avait été amené sur la station par le vaisseau Progress M-09M. Il est équipé d'un transmetteur pour les radioamateurs et d'une expérience de l'Université Nationale de Koursk, en Russie.

L'activité suivante consiste à installer le boîtier BTLS-N (Бортового Терминала Лазерной Связи) et son rouleau de câble. Le BTLS-N fait partie de l'expérience de transmission par laser SLS (Система Лазерной Связи), réalisée conjointement par la RKK Energuia, le TsUP, le TsPK et NPK SPP. Elle consiste à tester en conditions réelles un appareil de transmission de données à haut-débit (256Mbit/s) utilisant la technologie du laser.

Fig. 14 : Le rouleau de câble du BTLS-N.
Crédit : NASA.

Les cosmonautes vont installer le BTLS-N sur la plate-forme URM-D située sur le flanc tribord du module Zvezda. Ils jettent ensuite la protection thermique, maintenant inutile, par dessus bord.

Quand ils ont terminé, ils vont photographier l'antenne WAL6. Elle avait été installée lors de la sortie du 28 mars 2005 et est utilisée pour communiquer avec le vaisseau européen ATV lors de sa phase d'approche. Elle a récemment montré des performances dégradées et les ingénieurs au sol veulent en savoir plus.

Fig. 15 : Position de l'antenne WAL6.
Crédit : NASA.

VOLKOV et SAMOKOUTIAÏEV vont ensuite démonter l'antenne 4AO-VKA du système Kours-P de la pièce d'amarrage zénith du module Zvezda. Elle n'avait été utilisée qu'à une seule occasion : l'amarrage du module Poïsk en novembre 2009. Maintenant, elle ne sert plus à rien et les cosmonautes la rapatrient dans le sas.

Les dernières activités consistent à installer trois nouveaux tubes d'échantillons pour l'expérience Biorisk-MSN sur le flanc du module Pirs, puis à photographier des portraits de GAGARINE, KOROLIOV et TSIOLKOVSKI. Ils prennent également des photos de l'expérience SKK n°1-M2 et du panneau Komplast n°11. Ils rentrent dans le sas et referment l'écoutille le 4 août à 21h13 GMT. La sortie aura duré 6h22. Les cosmonautes n'ont pas eu le temps de réaliser l'un de leurs objectifs principaux : déplacer le mât de charge GStM-1 de Pirs vers Poïsk.

Le 8 août, BORISSIENKO, SAMOKOUTIAÏEV et GARAN revêtent leurs scaphandres Sokol-KV-2 et s'installent dans le vaisseau Soyouz TMA-21 pour vérifier l'ajustement de leurs couchettes Kazbek-UM.

Notons que dans la semaine du 8 au 14 août, l'ordinateur TVU-2 du module Rassviett rencontre une anomalie qui provoque l'interruption de la télémétrie en provenance de ce module. Le TsUP a basculé sur le TVU-1 en attendant d'en savoir plus.

6. Echec de Progress M-12M

Le 22 août 2011, FOSSUM et FURUKAWA installent le robot Robonaut dans le module Destiny. Ils le mettent en service le temps que les ingénieurs au sol prennent des mesures, puis ils le rangent à nouveau dans son container.

Le vaisseau de ravitaillement Progress M-11M se sépare du module Zvezda le 23 août. Ensuite, SAMOKOUTIAÏEV et VOLKOV démontent les deux caméras KL-152 du Soyouz TMA-02M (afin de les ramener sur Terre pour réutilisation), et ils s'exercent à la manipulation du système d'amarrage manuel de secours TORU, en vue de l'arrivée de Progress M-12M.

Mais cette préparation ne sera malheureusement pas nécessaire car, suite à un grave dysfonctionnement de son lanceur Soyouz-U, le vaisseau s'écrase dans les montagnes de l'Altaï le 24 août. C'est le premier échec dans toute l'Histoire du vaisseau Progress.

Fig. 16 : Décollage de Progress M-12M.
Le vaisseau n'atteindra jamais la station...
Crédit : RKK Energuia.

A bord de la station, les réserves de consommables permettent de tenir jusqu'à l'été 2012. Il n'y a donc pas d'inquiétude de ce côté là et les cosmonautes poursuivent leur planning. Le jour même de l'accident, BORISSIENKO, SAMOKOUTIAÏEV et GARAN enfilent leurs scaphandres et vérifient l'ajustement de leurs couchettes Kazbek-UM.

Le 26 août, GARAN et FURUKAWA ouvrent l'écoutille du PMA-2 et rangent du matériel à l'intérieur. Comme le PMA-2 ne sert plus à rien depuis l'arrêt des vols des navettes spatiales américaines, il a été décidé de l'utiliser pour du stockage.

Le 28 août, le robot Dextre est utilisé pour ouvrir le container CTC-2 qui se trouve sur sa plate-forme EOTP et pour saisir le boîtier électronique RPCM qui se trouve à l'intérieur. L'objectif de la manœuvre est d'installer ce RPCM à la place d'un ancien exemplaire sur le segment P1 (P1-1A-A).

Le 29 août, le bras n°2 de Dextre sort le RPCM du CTC, et le bras n°1 démonte le vieux RPCM du P1. Ensuite, le bras n°2 installe le nouveau RPCM à la place de l'ancien. Le vieux RPCM est quant à lui stocké dans le CTC.

Sergueï VOLKOV change l'un des six ensembles batteries 800A du Système électrique de Zaria le 30 août. Le vieux 800A sera stocké dans le vaisseau Progress M-10M, toujours amarré au module Pirs. Dans les jours suivants, le CTC-2 et l'expérience RRM seront placés sur la plate-forme ELC4.

Les plans à court terme pour l'équipage de la station commencent à se préciser. Le vaisseau Soyouz TMA-21 doit absolument revenir sur Terre avant le 26 octobre 2011 pour ne pas dépasser sa date de péremption. Le retour était initialement prévu pour le 8 septembre, mais comme la relève arrivera en retard il est lui aussi repoussé au 16 septembre.

Mais son successeur, Soyouz TMA-22, ne pourra pas décoller avant que le lanceur Soyouz-FG ne soit autorisé à voler à nouveau (il utilise le même moteur RD-0110 qui a fait défaut pour le lancement de Progress M-12M). Or, le Soyouz TMA-02M présent sur la station doit revenir sur Terre avant le 16 novembre pour éviter un retour de nuit. Donc, si Soyouz TMA-22 ne peut pas décoller avant le 16 novembre, il y aura deux solutions :

     - transgresser une règle de sécurité et faire atterrir Soyouz TMA-02M en pleine nuit,
     - laisser la station inhabitée.

C'est finalement la première solution qui est retenue : Soyouz TMA-02M reviendra sur Terre le 22 novembre, et son atterrissage aura donc lieu de nuit, ce qui rendra les opérations de récupération extrêmement complexes, surtout si un incident conduit l'équipage à réaliser une rentrée balistique. Mais cette solution est préférable à une évacuation de la station.

7. Atterrissage de Soyouz TMA-21

Dès le 13 septembre 2011, BORISSIENKO et SAMOKOUTIAÏEV passent une heure dans leur vaisseau Soyouz TMA-21 afin de procéder à un essai du système de propulsion. Plus tard, GARAN les rejoint pour une répétition générale de la rentrée.

Une cérémonie a lieu dans le module Kibo le 14 septembre 2011 afin de marquer la passation de commandement entre Andreï BORISSIENKO et Michael FOSSUM. Cet événement marque officiellement la fin de MKS-28 et le début de MKS-29.

Soyouz TMA-21 se sépare du module Poïsk le 16 septembre 2011 à 00h38 GMT. Trois minutes plus tard, les moteurs DPO sont allumés pour éloigner le vaisseau de la station. Le moteur SKD est allumé à 03h05 GMT (dt=260", dV=115,2m/s). Les trois compartiments du vaisseau sont séparés à 03h33 GMT et le Compartiment de Descente (SA) entame sa rentrée dans l'atmosphère à 03h36 GMT.

Fig. 17 : Atterrissage de Soyouz TMA-21.
Crédit : TsPK.

Le parachute se déploie normalement à 03h45 GMT et le SA touche le sol le 16 septembre 2011 à 03h59'39" GMT. Les équipes de récupération sont sur place immédiatement et montent un hôpital de campagne. Les cosmonautes sont ensuite évacués en hélicoptère jusqu'à Karaganda. Là, GARAN monte dans le Gulfstream-III de la NASA et rentre directement à Houston. SAMOKOUTIAÏEV et BORISSIENKO, quant à eux, rentrent au TsPK dans un Tu-134.

Le vol de Soyouz TMA-21 aura duré 164 jours, 5 heures et 42 minutes.

Après l'atterrissage, les techniciens de la RKK Energuia ont trouvé deux écrous près des raccords du système SOTR qui auraient dû être retirés avant le lancement. Il est possible que cet oubli soit dû aux opérations de remplacement du SA à Baïkonour.

Mission suivante