MKS-22 | Chronologie

1. Début de la mission

En novembre 2009, la Station Spatiale Internationale (MKS) est occupée par l'équipage principal n°21 (MKS-21), constitué du commandant européen Frank DE WINNE et des ingénieurs de bord Roman ROMANENKO, Robert THIRSK, Jeffrey WILLIAMS et Maksim SOURAÏEV.

Cette mission prend officiellement fin lors d'une cérémonie de passation qui a lieu juste avant que l'équipage de la navette Atlantis STS-129 ne quitte la station, le 24 novembre 2009 à 15h00 GMT, ce qui marque également le début de la mission MKS-22.

Fig. 1 : DE WINNE, THIRSK, ROMANENKO, SOURAÏEV et WILLIAMS, 24 novembre 2009.
Au centre : Nicole STOTT, qui revient sur Terre avec Atlantis STS-129.

Crédit : DR.

C'est l'Américain Jeffrey WILLIAMS qui prend le commandement du nouvel équipage, qui compte donc cinq membres au total. Mais trois d'entre eux vont bientôt rentrer sur Terre.

2. Atterrissage de Soyouz TMA-15

Le 27 novembre, DE WINNE, ROMANENKO et THIRSK répètent les opérations de retour dans leur vaisseau Soyouz TMA-15, et allument les moteurs DPO à 08h35 GMT pour en vérifier le bon fonctionnement. Au début de la répétition, le panneau de contrôle Neptune n'affichait aucune indication. Les cosmonautes l'ont redémarré, et tout est rentré dans l'ordre.

ROMANENKO et SOURAÏEV finissent de charger le BO avec du matériel inutilisé et des ordures le 29 novembre. Finalement, le lendemain, les cosmonautes se disent au revoir. Soyouz TMA-15 se sépare du module Zaria le 1er décembre 2009 à 03h55'59" GMT.

Fig. 2 : ROMANENKO et DE WINNE embarquent à bord de Soyouz TMA-15, 1er décembre 2009.
Crédit : DR.

Le moteur SKD est allumé à 06h26'02" GMT (dt=259,9"), et le compartiment de descente (SA) touche le sol à 07h16 GMT. L'atterrissage a lieu dans de mauvaises conditions météo (températures négatives et plafond nuageux très bas), et les hélicoptères de recherche n'ont pas pu décoller.

A leur place, deux avions gardent le contact radio avec l'équipage, et les équipes de récupération parviennent au site d'atterrissage en véhicules tout-terrain. C'est à leur bord que les cosmonautes sont ensuite emmenés à Arkalyk, où ils participent à la traditionnelle cérémonie de bienvenue.

Ensuite, ils embarquent à bord d'hélicoptères en direction de Koustanaï, où ils montent dans un Tu-154 qui les ramène sur la base de Tchkalovski, près du TsPK.

Sur la station, WILLIAMS et SOURAÏEV se retrouvent tout seuls. C'est la première fois que la station n'est occupée que par deux cosmonautes depuis juillet 2006. Ils vont bientôt être rejoints par Oleg KOTOV, Timothy CREAMER et Soichi NOGUCHI, qui s'apprêtent à décoller à bord du vaisseau Soyouz TMA-17.

Fig. 3 : WILLIAMS et SOURAÏEV, 13 décembre 2009.
Crédit : DR.

Le 1er décembre, pendant la séparation de Soyouz TMA-15, le centre de Houston s'aperçoit que le BGA 2A, le système qui permet la rotation de l'aile solaire n°2A, ne fonctionne plus et reste bloqué en position 81,5°. Les ingénieurs bloquent volontairement le SARJ bâbord à 15° pour ne pas que l'aile immobile ne fasse trop d'ombre aux autres. En attendant de trouver une solution, c'est l'aile solaire en face de la défectueuse, la n°3A, qui fournira la puissance manquante.

Le 8 décembre 2009, à 00h16 GMT, le compartiment des instruments (PAO) du vaisseau Progress M-MIM2, qui avait amené le nouveau module Poïsk, se sépare de ce dernier.

Fig. 4 : Le PAO de Progress M-MIM2 s'éloigne de la station, 8 décembre 2009.
Crédit : DR.

Ce même jour, les ingénieurs américains parviennent à débloquer le verrou n°2 du BGA 2A, et la situation revient donc à la normale. Le problème venait du fait que l'un des composants n'avait pas été chauffé suffisamment.

Le 14 décembre, SOURAÏEV installe un ensemble batterie usagé (Bloc 800A) à la place de droite du vaisseau Soyouz TMA-16. Cette place restera en effet inoccupée lors du retour du vaisseau, qui ne ramènera que WILLIAMS et SOURAÏEV.

Sur ordre de Houston, les moteurs russes sont allumés le 18 décembre 2009 à cinq reprises (la première à 14h48 GMT) séparées de 200" chacune pour les besoins d'un essai DTF (Dedicated Thruster Firing).

Suite au problème qu'a connu le BGA 2A, le panneau solaire 2A est resté à l'ombre pendant une grande période, et il est possible que cela ait causé des problèmes de flambage. L'essai DTF a excité mécaniquement le panneau, et sa réponse fréquentielle a été mesurée par plusieurs capteurs. Cela permettra aux ingénieurs d'identifier d'éventuels changements de structure.

Pendant ce temps, à Baïkonour, les préparatifs pour le lancement de Soyouz TMA-17 se déroulent normalement.

3. Lancement de Soyouz TMA-17

Le 29ème lanceur Soyouz-FG (11A511U-FG n°Б15000-031) décolle du pas de tir n°5 (17P32-5) de la zone n°1 du cosmodrome de Baïkonour le 20 décembre 2009 à 21h52'00,061" GMT.

Il emporte le vaisseau Soyouz TMA-17 (11F732A17 n°227), piloté par les cosmonautes Oleg KOTOV, Soichi NOGUCHI et Timothy CREAMER.

Fig. 5 : Décollage de Soyouz TMA-17, 20 décembre 2009.
Crédit : DR.

A 22h00'48,26" GMT, Soyouz TMA-17 est placé sur une orbite basse (199,80km x 260,12km x 51,65°). Il devra effectuer cinq corrections d'orbite pour pouvoir rejoindre la station internationale.

Date Heure (GMT) Durée (s) dV (m/s) Paramètres post-allumage
21 décembre 2009 01h37'08" 22,8 11,20 216,1km x 247,4km x 51,65°
21 décembre 2009 02h15'59" 41,7 16,56 230,2km x 299,9km x 51,66°
21 décembre 2009 22h30'50" 6,2 2,00 236,8km x 300,2km x 51,64°
22 décembre 2009 20h52' ? ? ?
22 décembre 2009 21h37' ? ? ?
Tab. 1 : Liste des corrections d'orbite réalisées par Soyouz TMA-17.

Soyouz TMA-17 arrive en vue de la station le 22 décembre 2009 et s'amarre au module Zaria à 22h48 GMT en mode automatique, à l'aide du système Kours. A ce moment, on rappelle que Soyouz TMA-16 est amarré à l'arrière de Zvezda, et que Progress M-03M est sur Pirs.

Les écoutilles sont ouvertes à 00h30 GMT le 23 décembre, et les cosmonautes peuvent se saluer. Jeffrey WILLIAMS donne ensuite les principales consignes de sécurité, et les nouveaux arrivants commencent à décharger la cargaison de Soyouz TMA-17.

4. La sortie dans l'Espace

Le prochain grand événement est la sortie dans l'Espace du 14 janvier. Dès le 6 janvier, SOURAÏEV et KOTOV commencent à préparer leurs scaphandres Orlan-MK. De plus, ils montent le système d'amarrage StM sur l'écoutille de Progress M-03M afin d'isoler ce dernier du module Pirs, d'où aura lieu la sortie.

Fig. 6 : Oleg KOTOV dans le module Pirs, avec les scaphandres Orlan-MK, 7 janvier 2010.
Crédit : DR.

Le 8 janvier, les deux cosmonautes russes activent le vaisseau et ferment l'écoutille. Au cas où un problème les empêcherait de repressuriser Pirs, le TsUP pourrait ainsi commander à distance la séparation du vaisseau de ravitaillement.

Les astronautes NOGUCHI et CREAMER doivent, quant à eux, s'occuper de l'opération de déplacement de la plate-forme ESP-3, actuellement située sur la face supérieure du segment P3. L'objectif est de la transférer vers la face inférieure du segment S3.

Fig. 7 : Schéma du déplacement de l'ESP-3 du P3 vers le S3.
Crédit : DR.

Le 11 janvier, ils commandent l'UCCAS-1 pour qu'il relâche l'ESP-3, la saisissent avec le Canadarm2 et la déposent sur la MBS (MCAS, MBS Capture Attach System). Ensuite, le centre de Houston déplace le MT de l'emplacement WS-7 vers le WS-2. Le lendemain, 12 janvier, NOGUCHI et CREAMER utilisent à nouveau le Canadarm2 pour saisir l'ESP-3 et la déposer sur le PAS-3.

Fig. 8 : NOGUCHI aux commandes du Canadarm2, 12 janvier 2010.
Crédit : DR.

Ce même 12 janvier, KOTOV et SOURAÏEV enfilent leurs combinaisons Orlan-MK afin de vérifier leur bon fonctionnement. Les cosmonautes en profitent pour ajuster les différents éléments interchangeables, comme les gants, et ils s'habituent à se mouvoir dans le module Pirs.

Oleg KOTOV (Orlan-MK n°5) et Maksim SOURAÏEV (Orlan-MK n°4) débutent la première sortie dans l'Espace de MKS-22 (VKD-24) le 14 janvier 2010 à 10h05 GMT. Ils empruntent l'écoutille VL-1 du module Pirs.

La première activité consiste à reconfigurer le système de rendez-vous automatique Kours-P du module Zvezda. Pour fonctionner, celui-ci a besoin de trois antennes, appelées 4AO-VKA, AR-VKA et 2AR-VKA.

Pour permettre l'amarrage du vaisseau Progress M-MIM2, qui amenait le nouveau module Poïsk, la pièce d'amarrage supérieure de Zvezda avait été rendue opérationnelle. C'est-à-dire que ses trois antennes avaient été connectées au système Kours-P de Zvezda.

Mais maintenant que Poïsk est là, cette pièce d'amarrage est occupée en permanence. Les antennes de Zvezda sont devenues inutiles, et ce sont les antennes de Poïsk qui doivent être reliées au Kours-P, afin que des vaisseaux puissent venir s'y amarrer.

Fig. 9 : Schéma des connexions du Kours-P aux antennes.
Crédit : RKK Energuia/NasaSpaceFlight L2.

Dans un premier temps, SOURAÏEV débranche les câbles haute-fréquences (HF) reliant le Kours-P aux antennes AR-VKA et 2AR-VKA de Zvezda (ce sont les câbles barrés d'une croix rouge sur la figure 9).

Fig. 10 : Schéma montrant l'emplacement des connecteurs
de Zvezda repérés sur la figure 9.
Crédit : RKK Energuia/NasaSpaceFlight L2.

KOTOV, quant à lui, se rend sur Poïsk. Pendant que SOURAÏEV débranche ses antennes, il fixe une main courante sur l'écoutille VL-2. Ensuite, SOURAÏEV lui passe les câbles qu'il vient de débrancher des antennes de Zvezda, et il les rebranche sur les antennes AR-VKA et 2AR-VKA de Poïsk.

Ensuite, KOTOV se rend vers l'antenne 4AO-VKA de Zvezda, et il la déconnecte à son tour, et va rebrancher les trois câbles sur la 4AO-VKA de Poïsk. Pendant ce temps, SOURAÏEV déploie les antennes AR-VKA et 2AR-VKA, qui étaient en position repliée lors du lancement.

Fig. 11 : Schéma montrant l'emplacement des connecteurs de Poïsk repérés sur la figure 9.
Crédit : RKK Energuia/NasaSpaceFlight L2.

Ceci conclut le travail sur les antennes du Kours-P. L'activité suivante vise à tirer un câble Ethernet depuis Zvezda jusque sur Poïsk. C'est KOTOV qui se charge de cette opération. Pendant ce temps, SOURAÏEV ne chôme pas : il installe une cible sur la pièce d'amarrage passive de Poïsk, et il déplie un isolant thermique (EVTI) près de l'écoutille VL-2 (cet isolant était replié au moment du lancement, sinon le module ne tenait pas sous la coiffe du lanceur Soyouz-U).

Ensuite, SOURAÏEV installe une seconde main courante, sur l'écoutille VL-1 cette fois, et il déplie un autre EVTI à proximité de cette même écoutille.

Fig. 12 : KOTOV (à gauche) et SOURAÏEV, 14 janvier 2010.
Crédit : DR.

Les deux cosmonautes retournent alors vers le module Pirs. Avant de rentrer dans le sas, ils récupèrent un container de l'expérience Biorisk-MSN pour le rapatrier à l'intérieur. La sortie se termine à 15h49 GMT quand les cosmonautes ferment l'écoutille VL-1. Elle aura duré 5h44.

Une fois à l'intérieur, ils repressurisent le sas de Pirs ainsi que le compartiment de transfert de Zvezda, qui avait été dépressurisé pour servir de sas de secours. Le 17 janvier, ils ouvrent l'écoutille de Progress M-03M et démontent à nouveau le mécanisme d'amarrage StM.

5. Transfert de Soyouz TMA-16

Jeffrey WILLIAMS, qui fête son cinquante-deuxième anniversaire le 18 janvier, et Maksim SOURAÏEV vont bientôt devoir déplacer leur vaisseau Soyouz TMA-16 du module Zvezda vers le module Poïsk. L'objectif est, d'une part, de tester ce dernier, qui n'a encore jamais servi, et d'autre part de libérer la pièce d'amarrage de Zvezda pour le prochain vaisseau Progress.

En vue de ce transfert, SOURAÏEV passe une heure dans le Soyouz TMA-16 le 19 janvier et réalise un essai d'allumage des réacteurs du système de direction SUD.

Fig. 13 : WILLIAMS et SOURAÏEV embarquent à bord de Soyouz TMA-16, 21 janvier 2010.
Crédit : DR.

SOURAÏEV et WILLIAMS embarquent à bord de Soyouz TMA-16 le 21 janvier 2010 et enfilent leurs scaphandres Sokol-KV-2. Ils se désamarrent de la pièce arrière de Zvezda à 10h03 GMT. Le commandant russe recule alors d'environ 30m, pivote le long de Zvezda, s'aligne sur la cible du module Poïsk, et à 10h20 GMT il entame l'approche finale, qui conduit à un amarrage à 10h25 GMT.

S'en suivent toute une série de vérifications d'étanchéité, et l'écoutille du vaisseau est ouverte à 13h30 GMT. Les deux cosmonautes peuvent alors retrouver KOTOV, NOGUCHI et CREAMER, qui étaient restés à bord de la station pendant le transfert.

Le lendemain, 22 janvier, à 10h06 GMT, les moteurs KD1 et KD2 du module Zvezda sont mis à feu (dt=54", dV=1,02m/s, dh=1,75km). Le but est de les tester en vue d'une rehausse de la station prévue dans quelques jours. Lors du dernier allumage, qui remonte au 14 janvier 2009, de fortes vibrations étaient apparues.

La prochaine opération au planning des cosmonautes de MKS-22 est le déplacement de l'élément américain PMA-3. Il est actuellement situé sur la pièce d'amarrage bâbord de Unity, et il sera placé sur la pièce zénithale de Harmony, afin de laisser sa place pour le nouveau module Tranquility qui va arriver avec la mission STS-130 de la navette américaine.

Le 22 janvier, Soichi NOGUCHI lance la dépressurisation du PMA-3. Le transfert est réalisé le lendemain, 23 janvier 2010, au moyen du bras Canadarm2, commandé par CREAMER et WILLIAMS. Le PMA-3 ne sera pas repressurisé, car cette position n'est que temporaire (il sera par la suite installé sur Tranquility).

Fig. 14 : Le PMA-3 quitte Unity (à gauche) et arrive sur Harmony (à droite), 23 janvier 2010.
Crédit : DR.

Les moteurs KD1 et KD2 de Zvezda sont allumés le 24 janvier 2010 à 09h01'45" GMT (dt=154", dV=2,95m/s, dh=5,10km).

6. Arrivée de Progress M-04M

Un incident mineur apparaît le 26 janvier 2010, quand une vanne, appelée KZBO1, se bloque en position ouverte. La KZBO1 permet de séparer physiquement les réservoirs de tétraoxyde d'azote BO1 et BO2 du module Zvezda. En attendant de trouver une solution, le TsUP fixe comme règle d'inhiber les moteurs de contrôle d'attitude lors des transferts d'azote dans le BO2.

En effet, en fonctionnement normal, quand l'un des deux BO est en cours de remplissage, l'autre alimente le contrôle d'attitude. Mais cela ne peut fonctionner si la vanne entre les deux BO ne peut se fermer. Un transfert d'UDMH est réalisé le 27 janvier, et ne pose pas de problème. Mais le 28 janvier, un transfert de tétraoxyde d'azote dans le BO2 nécessite d'inhiber le contrôle d'attitude.

Fig. 15 : Oleg KOTOV avec l'expérience Plazma Cristal 3,
dans le module Zvezda, 28 janvier 2010.

Crédit : DR.

Le TsUP pense que le problème pourrait venir du système BOK, qui commande la vanne, et non de la vanne elle-même. Ce serait une bonne nouvelle, car celle-ci est quasiment impossible à changer. On n'aura malheureusement pas plus de nouvelles concernant ce problème.

Un nouveau vaisseau de ravitaillement doit bientôt arriver, et le 2 février SOURAÏEV et KOTOV passent plusieurs heures à s'entraîner avec le système d'amarrage manuel TORU, au cas où le système automatique Kours ne fonctionnerait pas.

Le vaisseau Progress M-04M décolle de Baïkonour le 3 février, et il s'amarre sans incident à l'arrière du module Zvezda le 5 février 2010. C'est la première fois que quatre vaisseaux sont amarrés simultanément au segment russe de la station. Immédiatement après la jonction, KOTOV et SOURAÏEV vérifient son étanchéité, ils démontent le système d'amarrage StM et ouvrent l'écoutille.

7. Arrivée d'Endeavour STS-130

La navette spatiale américaine Endeavour STS-130 décolle du Centre Spatial Kennedy le 8 février 2010 à 09h14 GMT. Il s'agit du vol d'assemblage de la Station Spatiale Internationale n°20A.

L'équipage d'Endeavour est commandé par le colonel George ZAMKA. Le pilote est le colonel Terry VIRTS, et les spécialistes de mission sont Kathryn HIRE, Stephen ROBINSON, Nicholas PATRICK et Robert BEHNKEN.

Fig. 16 : Décollage d'Endeavour STS-130, 8 février 2010.
Crédit : NASA.

L'objectif principal de la mission est d'apporter à la station le module Tranquility et la baie vitrée Cupola. Ces deux éléments ont été construits en Europe par Thales Alenia Space pour le compte de l'ESA, qui elle-même était sous contrat avec la NASA.

Endeavour s'amarre au PMA-2 de la station le 10 février 2010 à 05h57 GMT, soit avec 51 minutes de retard à cause d'un incident technique sans gravité lors de la rétractation du système d'amarrage.

Fig. 17 : Une image spectaculaire d'Endeavour approchant la
Station Spatiale Internationale, 10 février 2010.

Crédit : DR.

La première sortie dans l'Espace débute le 12 février 2010 à 02h17 GMT, quand les astronautes BEHNKEN et PATRICK quittent le sas du module Quest. Avant cela, le bras Canadarm2 avait déjà saisi le module Tranquility dans la soute d'Endeavour, afin d'être prêt à l'y en extraire le moment venu.

Fig. 18 : Tranquility dans la soute d'Endeavour,
déjà agrippé par le Canadarm2, 12 février 2010.

Crédit : DR.

En premier lieu, BEHNKEN se dirige vers la pièce d'amarrage bâbord du module Unity, où va être installé le nouveau module Tranquility. Là, il enlève un capuchon sur la caméra du système d'amarrage (CBM).

Pendant ce temps, PATRICK descend dans la soute d'Endeavour et déconnecte les câbles LTA (Launch To Activation) qui permettaient à la navette d'alimenter Tranquility en attendant qu'il arrive à destination.

Les deux astronautes retournent ensuite dans le sas pour prendre du matériel et recharger leurs réserves d'oxygène. A l'intérieur de la station, HIRE et VIRTS manipulent le Canadarm2 pour extraire Tranquility de la soute d'Endeavour. Durant le trajet, BEHNKEN et PATRICK démontent l'élément OTP de l'embout Dextre et vont le stocker sur le segment S0.

Fig. 19 : Tranquility est extrait de la soute d'Endeavour, 12 février 2010.
Crédit : DR.

Quand Tranquility arrive en vis-à-vis de Unity, 16 boulons l'accrochent et le maintiennent en position. PATRICK branche les câbles LTA sur Unity, de manière à ce que Tranquility ait une alimentation provisoire. BEHNKEN, quant à lui, enlève des protections thermiques.

Fig. 20 : Le Node 3 fraîchement installé, 12 février 2010.
 A droite, on distingue le vaisseau Soyouz TMA-17.

Crédit : DR.

Ensuite, les deux astronautes rentrent dans le sas et ferment l'écoutille à 08h49 GMT. La sortie a duré 6h32.

L'écoutille donnant sur le module Tranquility est ouverte pour la première fois le 13 février 2010 à 02h18 GMT, et les astronautes WILLIAMS et ROBINSON inspectent l'intérieur.

Robert BEHNKEN et Nicholas PATRICK débutent la deuxième sortie dans l'Espace de la mission STS-130 le 14 février 2010 à 02h20 GMT. L'objectif est de connecter les deux boucles (A et B) du système de refroidissement à l'ammoniac de Tranquility à celui de Destiny. La sortie se termine à 08h14 GMT, elle a duré 5h54.

Le 15 février 2010, WILLIAMS utilise le Canadarm2 pour transférer la Cupola de l'extrémité bâbord de Tranquility vers la pièce d'amarrage nadir.

Fig. 21 : Transfert de la Cupola, 15 février 2010.
Crédit : DR.

Ensuite, c'est au tour du PMA-3 d'être transféré le 16 février 2010. Le Canadarm2 l'emmène de son emplacement provisoire au-dessus d'Harmony vers la pièce bâbord de Tranquility, tout juste libérée par la Cupola. Là, il servira principalement de protection antimétéorites.

Le 17 février 2010, à 02h15 GMT, BEHNKEN et PATRICK débutent la troisième et dernière sortie dans l'Espace de la mission STS-130. Ils commencent par brancher les câbles du PMA-3 par lesquels transitent le réchauffage et les données numériques.

Après cela, ils connectent la boucle B du système de refroidissement de Tranquility au système global de refroidissement de la station (ETCS). Ils débranchent les câbles électriques provisoires qu'ils avaient installés lors de la première sortie, et ils démontent la protection thermique et les verrous de la Cupola.

Fig. 22 : Nicholas PATRICK et la Cupola, 17 février 2010.
Crédit : DR.

Le centre de contrôle de Houston commande alors plusieurs ouvertures et fermetures des sept hublots de la Cupola, afin d'en confirmer le bon fonctionnement. BEHNKEN et PATRICK finissent quelques activités annexes, et ils réintègrent le sas du module Quest à 08h03 GMT, après une sortie de 5h48.

Ce même 17 février, Oleg KOTOV installe la boîte à gants Glavboks dans le module Poïsk. Elle a été apportée par Progress M-04M.

Fig. 23 : KOTOV avec la Glavboks dans le module Poïsk, 24 février 2010.
Crédit : DR.

Le 18 février 2010, à 07h31 GMT, les moteurs VCRS d'Endeavour sont allumés dans le but de rehausser l'orbite de la station (dt=33', dV=1,3m/s, dh=2,28km).

Endeavour se sépare du PMA-2 le 20 février 2010 à 00h54 GMT. Les moteurs DPO de Progress M-04M sont allumés ce même jour à 21h15 GMT (dt=1557", dV=3,75m/s, dh=6,2km).

8. Atterrissage de Soyouz TMA-16

Le 8 mars 2010, SOURAÏEV et WILLIAMS revêtent leurs scaphandres Sokol-KV-2 et contrôlent leur étanchéité. Leur retour sur Terre à bord du vaisseau Soyouz TMA-16 est prévu pour le 18 mars.

Le même jour, KOTOV et SOURAÏEV démontent le système d'amarrage (StM) du module Poïsk. Il sera stocké dans le Compartiment de Vie (BO) de Soyouz TMA-16, car il n'est plus utile et sera donc détruit.

Fig. 24 : L'équipage de MKS-22, le 13 mars 2010.
Derrière : CREAMER, KOTOV et NOGUCHI.
Devant : SOURAÏEV et WILLIAMS, qui s'apprêtent à revenir sur Terre.

Crédit : DR.

Le vaisseau Progress M-03M doit quitter la station à la fin du mois d'avril mais, comme l'équipage se plaint d'une odeur désagréable qui s'en échappe, le TsUP lui permet de procéder à la fermeture des écoutilles qui le séparent du module Pirs dès le 14 mars. Ensuite, le 15 mars, un essai d'allumage des moteurs DPO de Soyouz TMA-16 est réalisé.

Le 18 mars 2010, SOURAÏEV et WILLIAMS embarquent à bord de Soyouz TMA-16. Le vaisseau se sépare du module Poïsk à 08h03'03" GMT. A environ 08h06 GMT, les moteurs DPO sont mis en service pour éloigner le vaisseau de la station.

La manœuvre de freinage est menée à bien à 10h33'00" GMT à l'aide du moteur SKD (dt=256", dV=115,2m/s). Les trois compartiments du vaisseau se séparent à 10h57 GMT. Seize secondes après la commande de séparation, le compartiment des instruments (PAO) est automatiquement incliné d'un angle de -78,5° par rapport à l'axe de référence. Ainsi, s'il s'était mal séparé du compartiment de descente (SA), l'ensemble aurait été dans une position qui aurait favorisé la combustion des connexions entre les deux compartiments.

Fig. 25 : Atterrissage de Soyouz TMA-16, 18 mars 2010.
Crédit : DR.

La rentrée dans l'atmosphère se déroule sans incident, et le parachute s'ouvre à 11h08 GMT. Le SA atterrit à 11h24 GMT dans la steppe kazakhe enneigée. Les véhicules tout-terrain ont du mal à gagner la zone, et les cosmonautes sont évacués en hélicoptères vers Koustanaï.

Là, ils sont accueillis avec une cérémonie traditionnelle kazakhe, puis ils s'envolent à bord d'un Tu-154 vers le TsPK.

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