Youri Alekseïevitch GAGARINE
Situation actuelle Date et lieu de naissance Nationalité Sélection Temps total passé dans l'Espace
1. Enfance à KlouchinoYouri GAGARINE est né en mars 1934 à la maternité de Gzhatsk, la ville la plus proche du village de Klouchino, fief des GAGARINE. Son père, Alekseï Ivanovitch (1902-1973) est menuisier charpentier; sa mère, Anna Timofieïevna (20 décembre 1903 - 12 juin 1984) est une kolkhozienne. Avant le petit Youri, ils ont eu un fils (Valentin, né en 1924) et une fille (Zoïa, née en 1927, décédée le 26 octobre 2004). Deux ans plus tard, un quatrième enfant rejoint la famille : Boris (1936-1975). 2. La guerreLe début de la scolarité de Youri GAGARINE coïncide avec le début de l'invasion nazie de l'Union soviétique. Le 12 octobre 1941 l'armée du Troisième Reich entre dans Klouchino. L'école est brûlée et la maison GAGARINE est occupée par un Allemand qui, un jour, tente de lyncher le petit Boris qui n'avait commis pour seul délit que de s'approcher d'un peu trop près du soldat. Valentin, lui, est envoyé sur le front tandis que Zoïa est enrôlée comme vétérinaire dans l'armée. Tous les deux sont faits prisonniers, et tous les deux parviennent à s'évader. En mars 1943 les nazis quittent Klouchino et l'école reprend tant bien que mal. Puis vient le jour de la Victoire. Le père Alekseï est envoyé à Gzhatsk pour reconstruire la ville. C'est donc toute la famille GAGARINE qui déménage. 3. Études à LioubertsyEn 1949, le petit Youri termine l'école primaire, mais décide de ne pas aller en septième classe (l'équivalent de nos collèges) car il préfère gagner sa vie le plus rapidement possible. Il veut entrer dans un centre d'apprentissage à Moscou, mais avec le projet secret de continuer des études supérieures dès qu'il aura suffisamment d'argent en poche. Malheureusement, toutes les inscriptions sont closes quand il arrive dans la capitale, et il doit se tourner vers la ville de Lioubertsy. Là, il entre au centre d'apprentissage n°10 en tant qu'apprenti-fondeur. Il en sort en 1951 avec un certificat d'ouvrier fondeur et une attestation d'études en sept classes. Il a en effet rattrapé la septième au centre d'apprentissage. 4. Poursuite des études à SaratovIl peut alors entrer à l'école de fonderie de Saratov. En septembre 1954 il s'inscrit également à l'aéroclub de la ville et à ses heures perdues se plonge dans le lecture de Konstantin TSIOLKOVSKI. Ses premiers vols se font sur un Yak-18. Il obtient son brevet de pilote le 24 septembre 1955. Il a alors deux choix de carrière possibles : l'une de fondeur et l'autre de pilote militaire. 5. Dans l'arméeIl choisit la seconde et part pour l'École des Pilotes Militaires Vorochilov, à Orenbourg, où il apprend à piloter sur MiG-15, et où il rencontre Valentina GORIATCHEVA. En 1957 il passe ses examens avec succès et obtient le grade de lieutenant le 5 novembre 1957. Il devient alors pilote de chasse sur MiG-15bis au 769ème Régiment Aérien de Chasse (769ème IAP) de la Flotte du Nord, basé à Louostari, dans la Région de Mourmansk. En novembre 1957, Youri et Valentina se marient. Il est élevé au grade de lieutenant-chef le 6 novembre 1959, et il a alors accumulé 265 heures de vol. 6. La sélection de cosmonauteEn 1959, quand les sélectionneurs des Forces aériennes se mettent à la recherche de cosmonautes, GAGARINE pose sa candidature et, en février 1960, il est sélectionné. A la fin du mois de mai 1960 il est choisi avec cinq de ses collègues pour faire partie du groupe d'entraînement accéléré, qui fournit une préparation plus intensive aux prétendants à un vol sur les premiers vaisseaux. Très vite il montre de grandes aptitudes lors de l'entraînement, et il est le favori de ses supérieurs. En 1961 il se voit confier le premier vol spatial de l'Histoire. Le 12 avril 1961 il passe 108 minutes sur orbite à bord du vaisseau Vostok. Après cela il devient un héros national, et est élevé au grade de major. Il reçoit les titres de Héros de l'Union soviétique et de Pilote-Cosmonaute d'Union soviétique. 7. Après le vol de VostokLe 23 mai 1961 il est nommé commandant du premier détachement de cosmonautes. En septembre 1961 il est envoyé à l'Académie des Forces aériennes Zhoukovski. Il y suivra des cours parallèlement à son entraînement. Le 16 janvier 1963 il devient chef des cosmonautes du TsPK. En juillet 1963 il passe une dizaine de jours à l'hôpital pour se faire opérer des amygdales. Au mois de septembre 1963 il part en voyage officiel à Paris avec le général KAMANINE. Les deux hommes visitent la capitale française ainsi que Le Bourget et l'UNESCO. GAGARINE accorde une interview à Paris Match et se voit décerner un prix de 20000 francs par le 14ème congrès de la FAI. Le 6 novembre 1963 il est élevé au grade de colonel. Le 20 décembre 1963 il devient commandant en second du TsPK pour l'entraînement. Mais ce que veut GAGARINE, c'est voler. Or, en juin 1964 le Kremlin lui interdit de remonter dans un vaisseau spatial. Il représente en effet trop de choses pour la propagande communiste pour que KHROUCHTCHEV le laisse risquer sa vie. GAGARINE proteste. Il doit se battre pendant plusieurs années avant d'être entendu. Finalement, en 1966, il revient dans la course. Immédiatement on l'assigne au programme lunaire, et il reprend l'entraînement. Un poste lui est confié peu de temps après : celui de commandant de réserve du premier vaisseau Soyouz. Mais cette mission tourne à la catastrophe et le cosmonaute Vladimir KOMAROV est tué lors de l'atterrissage. Au mois d'août 1967, GAGARINE est de nouveau interdit de vol spatial. En février 1968 il obtient son diplôme d'ingénieur de l'Académie Zhoukovski. On lui propose alors le poste de commandant du TsPK, mais il le refuse, préférant reprendre une carrière de pilote. Le 13 mars 1968 il reprend les commandes d'un MiG-15UTI afin de se requalifier. 8. Mort accidentelleLe 27 mars 1968, il doit passer un dernier test sur un MiG-15UTI, avec l'instructeur Vladimir SERIOGUINE. Après cela, il pourra à nouveau voler seul, ce qu'il n'a jamais fait depuis 1961. Tôt le matin, GAGARINE quitte donc le TsPK en bus pour rejoindre la base de Tchkalovski. Le MiG-15UTI décolle à 10h19 (heure locale). A 10h25 il entre dans la zone de vol où doivent se dérouler les manœuvres d'entraînement. GAGARINE les effectue très rapidement et, quand elles sont terminées, il demande l'autorisation de rentrer. On lui accorde aussitôt. GAGARINE lance à la radio "compris, j'exécute." Il est 10h30. Immédiatement après - à 10h31 - le MiG-15UTI s'écrase. Youri GAGARINE et Vladimir SERIOGUINE sont tués. Une commission d'enquête est aussitôt mise sur pieds. Elle découvre que l'altimètre de bord était défectueux, empêchant les pilotes - pourtant chevronnés - de connaître leur réelle position par rapport au sol. Les informations transmises aux deux hommes concernant la météo étaient elles aussi erronées. Au sol, le système d'enregistrement photographique du radar ne fonctionnait pas. De plus, la version biplace du MiG-15 avait été pourvue de réservoirs d'appoints de kérosène, qui modifiaient sérieusement les capacités aérodynamiques de l'appareil. Pour couronner le tout, le système d'éjection requérait qu'en cas de nécessité c'était le moniteur qui devait l'actionner en premier. Un homme de la trempe de SERIOGUINE a probablement hésité à abandonner son avion. La cause la plus directe de la catastrophe réside dans la mauvaise gestion du trafic aérien dans cette zone de vol. Deux MiG-21 et un autre MiG-15 étaient eux aussi en exercice dans les environs, et il est probable qu'ils aient créé un vortex dans la trajectoire de l'engin de GAGARINE et SERIOGUINE. Ce dernier aurait alors été dangereusement déstabilisé. Pour ajouter au chaos du moment, un cinquième avion - un Su-11 - a décollé à 10h30 sans que la base de Tchkalovski en soit mise au courant. Après le crash de GAGARINE, le contrôleur de service a confondu les deux appareils, croyant que le Su-11 était l'avion qui en réalité avait disparu.
Bibliographie[1] Le site des Héros de l'Union soviétique et de la Russie Dernière mise à jour : 17 mai 2017 |
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