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Soyouz-2.1a/Fregat
MetOp-A
19 octobre 2006
Le lanceur Soyouz-2.1a a décollé du
pas de tir n°6 de la zone n°31 du cosmodrome de
Baïkonour le 19 octobre 2006 à 16h28 GMT.
La charge utile, constituée du
satellite européen MetOp-A, a été placée sur son
orbite polaire à 17h36 GMT. La confirmation de la
mise en orbite a été reçue à 18h02 GMT.
La campagne de lancement
Le deuxième lanceur Soyouz-2 est
livré à Baïkonour par le TsSKB Progress à la fin
du mois de décembre 2005, pour un lancement prévu au
deuxième trimestre 2006. A la fin du mois de janvier
2006, les étages du lanceur sont assemblés et une
coiffe vide est apposée sur le tout, qui est conduit
jusqu'au pas de tir n°6 afin d'effectuer un certain
nombre d'essais. Dans le même temps, la NPO
Lavotchkine de Khimki, près de Moscou, réalise des
essais de la pièce de jonction entre le troisième et
le quatrième étage (Fregat).
Le 18 avril 2006, Un avion An-124
Rouslann atterrit à Baïkonour avec dans sa soute le
satellite MetOp-A, qui est conduit jusqu'au MIK
de la zone n°112 (salle blanche UCIF). Le
lancement est programmé pour le 17 juillet. Le 8
juin, un nouveau Rouslann livre à Baïkonour l'étage
Fregat, qui est transporté au MIK de la zone
n°31. Le 27 juin, les réservoirs du satellite sont
remplis. Le 30 juin, MetOp-A est arrimé à la pièce
de jonction troisième étage - Fregat. Le 5 juillet,
le tout est arrimé au Fregat. Le 7 juillet,
l'ensemble Fregat - pièce de jonction - MetOp est
placé à l'horizontale; cette opération est
dangereuse car le satellite est d'ores et déjà plein
de propergols. Le lendemain, 8 juillet, la coiffe
est apposée à l'ensemble, pour former le composite
supérieur (KGTch).
Le soir du 10 juillet, le KGTch
quitte le MIK de la zone n°112 et arrive le
lendemain matin dans celui de la zone n°31. Là, il
est arrimé au troisième étage, puis le tout est
assemblé avec les deux premiers étages. Le lanceur
est maintenant complet. Le 14 juillet, il est emmené
jusqu'au pas de tir n°6. Le 15 juillet, les équipes
d'ingénieurs effectuent une répétition générale du
lancement.
Le 17 juillet 2006, tout est prêt
pour le décollage. Mais le compte à rebours est
stoppé à H-01h36, en raison d'un incident survenu
lors de la séquence de vérification de la
calibration de la centrale inertielle. Les
ingénieurs russes passent toute la nuit à examiner
ce qui n'a pas fonctionné. Il apparaît que les
matériels ne sont pas en cause : le problème tient
juste à la séquence de tests (dans ses algorithmes,
un paramètre erroné fausse la définition des axes de
référence).
Une deuxième tentative est réalisée
le 18 juillet, mais la chronologie est à nouveau
stoppée à H-03h10. Les raisons du problème ne sont
pas immédiatement comprises. Il apparaît seulement
qu'un problème est intervenu avec un Convertisseur
Analogique-Numérique (CAN).
Le lendemain, 19 juillet, une
troisième tentative est réalisée. A H-06h00, la
commission d'enquête sur l'incident de la veille
rend ses conclusions, et le compte à rebours peut
ainsi se poursuivre. Le report de la veille a été
causé par le fait que certains réservoirs n'étaient
pas complètement remplis, ce qui a été considéré
comme un paramètre non valide par les systèmes de
contrôle automatiques. Mais ce troisième essai ne
connaîtra pas plus de succès : le lancement est
annulé à H-02min19s.
Cette fois-ci, une nouvelle
tentative n'est pas possible. En effet, Soyouz doit
être lancé dans les 53 h qui suivent le remplissage
de ses réservoirs, du fait de la limite de validité
des joints des moteurs des deux premiers étages. Les
20 et 21 juillet, le lanceur est ramené au MIK de
la zone n°31. Dans la nuit du 21 au 22 juillet, le
KGTch est ramené au MIK de la zone n°112. Le
lanceur Soyouz-2, quant à lui, est réexpédié au
TsSKB Progress de Samara.
Une nouvelle tentative de lancement
est programmée pour le 7 octobre. Malheureusement,
le 30 septembre, alors que le KGTch est arrimé au
wagon qui doit l'emmener au MIK de la zone n°31
pour être réintégré au lanceur, un incident provoque
un choc assez important. Le KGTch est ramené dans
la salle blanche... Après vérification que rien n'a
été cassé, le lancement est fixé au 17 octobre.
Le 10 octobre, le KGTch est à
nouveau conduit jusqu'au MIK de la zone n°31,
cette fois sans incident. Le 11 octobre, il est
arrimé au troisième étage, et le 12 octobre le tout
est assemblé avec les deux premiers étages. Le 13
octobre, la protection thermique est apposée sur la
coiffe et le lendemain le lanceur est transporté et
érigé sur le pas de tir n°6.
La quatrième tentative de lancement
du 17 octobre est à nouveau un échec, à cause cette
fois-ci de vents extrêmement violents en haute
altitude.
La cinquième tentative du 18 octobre
échoue à son tour. La faute incombe une fois encore
au système de contrôle automatique, qui a détecté
par erreur une pression trop élevée dans les
réservoirs d'oxygène du troisième étage. Le compte à
rebours a été interrompu à H-01min10s.
Finalement, c'est la sixième
tentative, le 19 octobre, qui sera la bonne.
Le satellite MetOp-A
Appelé MetOp-A, ou aussi MetOp-2 (il
s'agit en fait du deuxième exemplaire, mais qui est
lancé en premier), est un satellite de météorologie
européen de nouvelle génération. Il a été construit
par Astrium pour le compte de l'ESA et de Eumetsat.
Avec une masse au lancement de 4 085
kg, une longueur de 5 m et un diamètre de 6,6 m, il
s'agit du premier satellite polaire européen. Le
contrat de lancement avait été signé à Paris le 18
décembre 2000 entre Starsem et Eumetsat.
Photos associées
Bibliographie :
Roskosmos : http://www.roscosmos.ru
Le journal Novosti Kosmonavtiki :
http://www.novosti-kosmonavtiki.ru
Le site de l'ESA : http://www.esa.int
L'excellent blog de Stéphane
CARLIER : http://baikonour.carlier.info/
L'excellent blog de l'équipe MetOp-A : http://www.metoplc.esa.int
Dernière mise à jour : 22 octobre
2006 |