Ionosfera-M | HistoireL'Union soviétique a mené de nombreuses recherches sur l'ionosphère, notamment à l'aide des satellites Ionosfernaïa Laboratoria, DS-U1-IK, DS-U2-IK et de deux satellites AUOS spécialement équipés pour cette mission : Intercosmos-19 en 1979 et Cosmos 1809 en 1986. Ces derniers ont révolutionné notre connaissance de cette partie de l'atmosphère, mais les recherches ont été interrompues à la suite de la dissolution de l'Union soviétique et de la crise financière qu'elle a engendré. L'Institut de Géophysique Appliquée (IPG) du Service Fédéral d'Hydrométéorologie, qui dirige les recherches sur l'ionosphère en Russie avec l'Institut de Recherches Spatiales (IKI) de l'Académie des Sciences, parvient toutefois à faire embarquer une petite sonde ionosphérique sur le module Priroda de la station orbitale Mir.
Fig. 1 : Le satellite Intercosmos-19. En Occident, de nombreuses recherches sur l'ionosphère ont également été menées, notamment avec les satellites canadiens Alouette et les satellites américains Explorer 23, ISIS 1, ISS-A et ISS-B, EXOS B et EXOS C. Au début des années 2000, la thématique de l'étude de l'environnement terrestre est de nouveau mise en avant en Russie, et le développement d'une constellation de satellites appelée Ionozond est décidé. Elle sera constituée de quatre satellites Ionosfera qui étudieront l'ionosphère et d'un satellite Zond qui observera le Soleil. Le projet n'est pas inscrit au Programme Spatial Fédéral (FKP) pour la période 2006-2015, mais il fait partie du Programme Fédéral Spécifique (FTsP) Gueofizika [1][4][6]. Le développement et la construction des satellites sont confiés au VNIIEM. Le lancement des deux premiers Ionosfera est programmé pour 2014. La seconde paire et le Zond suivront en 2015 [6]. De projet est dévoilé au public quand les maquettes des satellites Ionosfera et Zond sont présentées au salon de Farnborough en 2010. En juin 2013, lors du salon du Bourget, l'entreprise SAFT signe un accord avec le VNIIEM et la société RadioEksport pour la fourniture de batteries pour les Ionosfera [3]. Mais le programme est stoppé en 2013, faute de financement [2]. En 2015, Ionozond est ressuscité et est inscrit au FKP pour la période 2016-2025, avec un lancement planifié pour 2025. Roscosmos signe officiellement le contrat de développement de Ionozond avec le VNIIEM en octobre 2016, pour un montant de 8 268 653 400 ₽. Le délai maximal pour la mise à poste des satellites, rebaptisés au passage Ionosfera-M [13] et Zond-M, est le 25 novembre 2025 [7]. Le plan prévoit que la première paire de Ionosfera-M sera lancée en charge additionnelle avec le satellite Meteor-M n°2-3 en 2021 [7][9][10]. La seconde paire sera lancée avec le satellite Meteor-M n°2-5 en 2023, et Zond-M avec Meteor-MP n°1 après 2025 [7][10].
Fig. 3 : Le premier Ionosfera au VNIIEM en janvier 2013. Mais le financement n'est pas respecté, et le programme prend du retard. Lors du MAKS-2017, Leonid MAKRIDENKO, le directeur général du VNIIEM, déclare [5] :
Dans la pratique, les travaux sur Ionosfera ne commencent effectivement qu'en 2018 [2]. En 2020, Roscosmos décide d'utiliser des lancements spécifiques pour les deux paires de satellites, et non de les coupler avec les lancements de Meteor-M. Mais plus tard en 2020, le développement est interrompu faute de financement [11].
Fig. 4 : un satellite Ionosfera au VNIIEM en 2020. Le lancement de la première paire est donc repoussé à 2023, puis à 2024. Elle décolle depuis le cosmodrome de Vostotchnyi le 4 novembre 2024. La seconde paire était prévue pour avril 2025, et décolle finalement le 25 juillet 2025. En 2024, on apprend qu'une nouvelle génération de satellites d'étude de l'ionosphère, baptisée Ionosfera-M-OP, est en cours de développement. Un premier lancement est annoncé pour 2032 [12]. Bibliographie
[1] POULINIETS, S., Перспективы спутникового зондирования ионосферы в рамках проекта “Ионозонд”, Гелиогеофизические исследования выпуск 6, 2013 Dernière mise à jour : 18 août 2025 |
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