GRTs Makeïev

L'entreprise GRTs Makeïev a été créée le 16 décembre 1947 et s'est spécialisée dans les missiles balistiques mer-sol. Elle a aussi tenté, sans grand succès, de se diversifier dans les affaires spatiales en produisant des lanceurs et des petits satellites. Elle est situé à Miass, au 1 avenue de Tourgoïak.

1. Création du SKB-385 pour le missile R-1

Créée en 1939 à Toula, l'usine n°66 du Commissariat Populaire de l'Armement (NKV) produit en série des canons pour l'aviation de combat. En septembre 1941, après l'invasion de l'Union soviétique par le IIIème Reich, elle est évacuée à Zlatooust, dans l'oblast de Tcheliabinsk, où elle occupe les locaux de l'usine n°54 du NKV, dirigée par Nikolaï POLIETAÏEV et qui produit les fusils SVT-38. En décembre 1941, l'usine n°54 est rebaptisée usine n°66 [1].

Parallèlement, l'usine d'armement de Podolsk est évacuée dans les locaux de l'usine n°385, voisine de l'usine n°54 à Zlatooust et également dirigée par POLIETAÏEV. En août 1945, les deux usines sont réunies en une seule entité qui porte le numéro 66 [2].

Fig. 1.1 : Nikolaï Pavlovitch POLIETAÏEV.
Crédit : Zlatmach.

Un ordre du Ministre de l'Armement Dmitri OUSTINOV du 16 décembre 1947 demande à POLIETAÏEV de créer un Bureau de Construction Spécial (SKB) au sein de son usine n°66 pour étudier les fusées à longues portées. Le SKB est créé dans les locaux de l'usine 385, et il est donc baptisé SKB-385. Son objectif sera la production en série du missile R-1 (8A11), la copie soviétique du V2 allemand [2].

Un atelier est formé au sein du SKB-385, sous la direction de S.A. FRIDMAN. L'atelier est toutefois regroupé dès janvier 1948 dans un département de production dirigé par V.N. TCHOUZHANOV. De février à novembre 1948, quarante-cinq employés sont envoyés en formation au NII-88. La décision de créer le SKB-385 est confirmée par le décret du Conseil des Ministres du 2 août 1948. Le 17 septembre 1948, le R-1 réalise son premier vol depuis la base de Kapoustine Yar [2].

En septembre 1949, N.P. GUARINE est placé à la tête du SKB-385. Le 29 octobre 1949, le bureau devient une organisation indépendante de l'usine n°66, rattachée directement au Ministère de l'Armement (boîte postale 105). L'avionneur Alekseï CHTCHERBAKOV, qui était Constructeur principal au SKB du NII-88, est nommé Constructeur principal par intérim du SKB-385. En janvier 1950, 125 jeunes ingénieurs y sont affectés, et ils commencent à préparer la production des R-1 en utilisant des éléments de V2 ramenés d'Allemagne. Piotr BAÏKOVSKI, un autre Constructeur principal du NII-88, devient le premier Constructeur principal du SKB-385 en octobre 1950 [2].

Fig. 1.2 : Piotr Nikitovitch BAÏKOVSKI.
Crédit : GRTs Makeïev.

Mais en cette année 1950, les relations entre l'OTAN nouvellement créée et l'Union soviétique sont au plus bas, et le blocus de Berlin est à peine terminé. Un conflit armé semble proche, et équiper convenablement le SKB-385 serait trop long. Le Ministère de l'Armement crée une commission chargée de choisir un site. Elle visite le SKB-385, une usine à Kiev et l'usine d'automobiles de Dniepropetrovsk, et c'est sur cette dernière que se porte son choix [3]. En octobre 1950, tous les équipements pour l'assemblage du R-1 que le SKB-385 avait installés sont envoyés à Dniepropetrovsk, dans l'usine n°586 nouvellement créée [2].

2. Du R-1 au R-11 : le sauvetage du SKB-385

Privé de la production du R-1, le tout jeune SKB-385 se retrouve sans activité. Une partie du personnel est affectée dans d'autres bureaux d'études, et les équipes restantes sont utilisées pour produire des moteurs pour l'OKB-2 d'Alekseï ISSAÏEV ou des missiles à courte portée BM-14. Le bureau développe un missile de 50km de portée, mais une proposition de l'OKB-3 du NII-88 lui est préférée. Au début 1952, Emelian OUCHAKOV est nommé directeur du SKB-385, en remplacement de POLIETAÏEV [2].

Le 13 février 1953, une charge de travail est enfin apportée quand le Conseil des Ministres demande par décret (n°442-212) au SKB-385 de produire en série le nouveau missile R-11 de l'OKB-1. Le SKB-385 devient le second site de production de missiles en Union soviétique, après l'OKB-586 de Dniepropetrovsk.

Joseph STALINE meurt le 5 mars 1953, et de multiples réformes de l'État s'en suivent. Le ministère de tutelle du SKB-385, le Ministère de l'Armement, devient le Ministère de l'Industrie de Défense dès le 15 mars 1953. Dmitri OUSTINOV reste toutefois à sa tête. En mai 1953, Mikhaïl DOUPLICHTCHEV arrive du NII-88 pour remplacer BAÏKOVSKI comme Constructeur principal du SKB-385.

Fig. 2.1 : Mikhaïl Illarionovitch DOUPLICHTCHEV.
Crédit : KB Youzhnoïe.

En mai 1954, une usine, baptisée usine n°385, est créée au sein du SKB-385. En avril 1955, Viktor MAKEÏEV est envoyé par l'OKB-1 au SKB-385 pour en devenir le nouveau Constructeur principal. Il était auparavant constructeur en chef du R-11 [2].

Fig. 2.2 : Viktor Petrovitch MAKEÏEV.
Crédit : GRTs Makeïev.

Avec le décret du 25 août 1955, le SKB-385 se voit confier la poursuite du développement, débuté à l'OKB-1, et la production en série du R-11FM. Il s'agit de la version du missile lancée depuis un sous-marin, et c'est le début de la spécialisation du bureau d'études dans ce type d'armement. Le 20 février 1959, le R-11FM est accepté en service opérationnel [2][4].

3. Les nouveaux missiles R-13, R-17 et R-21

Le 31 août 1956, le SKB-385 devient le maître d'ouvrage pour le nouveau missile R-13 [2]. C'est la première fois que le bureau d'études développera son propre système à partir de zéro. En décembre 1957, Enovk GOULIANTS est nommé directeur du SKB-385 en remplacement d'OUCHAKOV [2].

Le 1eravril 1958, alors que le R-13 n'a pas encore volé, le SKB-385 est nommé par décret (n°378-181) maître d'ouvrage pour le missile tactique sol-sol R-17 (8K14). En août 1958, c'est le missile sol-sol R-18 de 600km de portée qui lui est confié, mais il sera annulé en décembre 1958 au profit des missiles R-14 et R-16 de l'OKB-586 de Mikhaïl YANGUEL. En contrepartie, ce dernier cède au SKB-385 par le décret du 13 mai 1959 (n°514-232) le développement du missile lancé de sous-marin R-21 [2].

Fig. 3.1 : MAKEÏEV, YANGUEL et KHROUCHTCHEV
en pleine discussion à l'hiver 1958-1959.
Crédit : GRTs Makeïev.

En août 1958, l'usine n°66 dont est issu le SKB-385 lui est rattachée. Cette usine fusionne complètement avec l'usine du SKB-385 le 2 juillet 1959, et A.A. DEMENTIEV en prend la direction [1].

Face à l'activité grandissante, il apparaît que les locaux de l'entreprise ne sont pas suffisamment spacieux. D'autant plus que le MOP envisage de lui confier également la production des missiles R-5M et R-7. En octobre 1959, le SKB-385 déménage donc à Miass, toujours dans l'oblast de Tcheliabinsk, sur le site de l'ancienne usine n°139 (qu'il avait absorbée en mars 1958) [2].

Le 13 octobre 1960, le R-13 est accepté en service opérationnel par décret du Conseil des Ministres (n°1109-461), et le SKB-385 se voit décerner l'Ordre du Travail du Drapeau Rouge [2].

Fig. 3.2 : Les missiles de première génération du SKB-385.
De gauche à droite : R-11FM, R-13, R-17 et R-21.
Crédit : GRTs Makeïev.

Les missile R-17 et R-21 sont acceptés en service opérationnel respectivement le 24 mars 1962 et le 15 mai 1963.

4. Les missiles de deuxième génération

Le développement du missile à ergols solides RT-15M est confié au SKB-385 par le décret du 4 avril 1961 (n°316-137), mais il est annulé en 1963 à la suite des difficultés rencontrées lors des essais du missile RT-2 de l'OKB-1 dont il est dérivé [2]. En revanche, le décret du 24 avril 1962 (n°386-179) confie un nouveau projet de missile pour sous-marins au SKB-385, le R-27, ou RSM-25, dont le constructeur en chef est Youri IVANOV.

Fig. 4.1 : Un missile R-27U.
Musée de Peresviett. Crédit : Nicolas PILLET.

En février 1963, MAKEÏEV est nommé directeur du SKB-385, en plus de ses fonctions de Constructeur principal [2]. Le 28 septembre 1964, un décret (n°808-33) confie au SKB-385 un autre projet de missile pour sous-marins, le R-29, ou RSM-40, dont le constructeur en chef est Y.A. KOROBEÏNIKOV.

Le 2 mars 1965, un nouveau ministère, le MOM, est créé pour superviser l'ensemble des activités liées aux fusées en Union soviétique, aussi bien dans les domaines civil que militaire. Le SKB-385 est rattaché à sa première Direction principale. En 1966, le bureau d'études est rebaptisé KB Machinostroïenia (KBM). Son usine lui reste rattachée et devient l'Usine de Construction de Machines de Zlatooust (ZMZ) [2].

Fig. 4.2 : Les missiles de deuxième génération du SKB-385.
De gauche à droite : R-27, R-27U, R-27K et R-29.
Crédit : GRTs Makeïev.

Le R-27 est accepté dans l'armement en mars 1968. Il sera par la suite décliné en versions R-27U et R-27K (antinavire). Le R-29, quant à lui, est intégré dans l'armement en 1974. L'entreprise est décorée en 1975 de l'Ordre de Lénine.

5. Les missiles de troisième génération

En juin 1971, le KBM débute les travaux sur le nouveau missile R-33, mais il est abandonné en 1975. Entre temps, en février 1973, une modernisation du R-29 en R-29R, ou RSM-50, avait été décidée pour l'amener au standard de la troisième génération de missiles. Cette nouvelle version est intégrée dans l'armement en août 1977. D'autres modernisations seront ensuite menées à bien : R-29RM, ou RSM-54, intégré dans l'armement en février 1986, puis R-29RMU, intégré dans l'armement en septembre 1988.

Par ailleurs, le décret du 16 septembre 1973 (n°592-222) confie au KB Machinostroïenia le développement du missile R-39, ou RSM-52, qui utilise des ergols solides. Après dix ans de travail, il est intégré dans l'armement en mai 1983. Le KBM se voit quant à lui décerner l'Ordre de la Révolution d'Octobre en septembre 1984. Ce missile sera par la suite décliné en versions R-39U (intégrée dans l'armement en janvier 1989) et R-39UTTKh Bark (abandonnée en 1999). Les futurs projets de missiles à ergols solides seront confiés au MIT [5].

Fig. 5.1 : Les missiles de troisième génération du SKB-385.
De gauche à droite : R-29R, R-39 et R-29RM.
Crédit : GRTs Makeïev.

Viktor MAKEÏEV ne connaîtra pas ces évolutions, car il décède le 25 octobre 1985, le jour de son soixante et unième anniversaire. Igor VELITCHKO est nommé Constructeur général et Directeur du KB Machinostroïenia en décembre 1985 pour le remplacer. En 1991, le KBM est baptisé KBM Viktor Makeïev [1].

Fig. 5.2 : Igor Ivanovitch VELITCHKO.
Crédit : GRTs Makeïev.

6. Après le communisme

Après la dissolution de l'Union soviétique en décembre 1991, le KBM est rattaché à la nouvelle agence Rosaviacosmos, qui reprend le rôle du MOM. En 1993, il devient le Centre National des Fusées "KB Académicien V.P. Makeïev", ou GRTs Makeïev.

Vladimir DEGTIAR devient Directeur général et Constructeur général de l'entreprise en 1998. Dans le nouveau contexte géopolitique, de nouvelles versions du R-29 sont développées : les R-29RMU1 Stantsia en 2002, R-29RKU2 Stantsia-2 en 2006, puis R-29RMU2 Sineva en 2007 et le R-29RMU2.1 Laïner en 2014 [7].

Fig. 6.1 : Vladimir Grigorievitch DEGTIAR.
Crédit : GRTs Makeïev.

L'ordre (n°566) du Président Vladimir POUTINE du 28 avril 2007, décliné dans le décret gouvernemental (n°382) du 18 juin 2007 rattache quatre entreprises au GRTs Makeïev pour former une holding spécialisée dans les missiles balistiques lancés de sous-marins. Il s'agit de :

- l'Usine de Construction de machines de Miass (MMZ),
- l'Usine de Construction de machines de Krasnoïarsk (KMZ),
- l'Usine de Construction de machines de Zlatooust (Zlatmach),
- l'Institut de Recherche Scientifique (NII) Germes.

En 2008, l'entreprise prend la forme d'une société par actions ouvertes (OAO), et devient le GRTs Académicien V.P. Makeïev. Elle devient une société par actions (AO) en 2015.

GRTs Makeïev se voit confier le développement du missile RS-28 Sarmat, amené à remplacer les R-36M2 du KB Youzhnoïe. Le premier tir est réalisé avec succès le 20 avril 2022, mais les trois suivants sont des échecs. Lors de l'essai du 19 septembre 2024, le silo de la zone 163 du cosmodrome de Plesetsk est intégralement détruit. Suite à cet échec, le 27 novembre 2024 Vladimir DEGTIAR est remplacé comme Directeur général par Maksim GOLOUNOV.

Fig. 6.2 : Maksim Sergueïevitch GOLOUNOV.
Crédit : GRTs Makeïev.

7. Les projets spatiaux de GRTs Makeïev

7.1. Les missiles adaptés en lanceurs

Après la dissolution de l'Union soviétique et la signature des accords de désarmements, GRTs Makeïev envisage d'utiliser ses missiles R-27U voués au démantèlement comme lanceurs spatiaux. Ce projet, baptisé Zyb, donne lieu à trois lancements suborbitaux entre 1991 et 1993. Les charges utiles sont des capsules Sprint et Efir, développées en collaboration avec NPO Kompozit et destinées à réaliser des expériences de cristallisation en microgravité [5].

Fig. 7.1.1 : L'une des capsules utilisées lors des lancements de Zyb,
près d'un missile R-27.

Crédit : GRTs Makeïev.

Le missile R-29R est lui aussi converti en lanceur sous le nom de Volna. Il peut transporter des charges de 750kg sur une trajectoire balistique offrant trente minutes de microgravité, ou 100kg sur orbite basse [5]. Quatre vols balistiques sont réalisés entre 1995 et 2005, ainsi qu'une tentative de vol orbital, le 21 juin 2005, qui se solde par un échec.

La version R-29RM est elle aussi convertie au lanceur léger, dans une configuration appelée Chtil. Deux lancements sont réalisés avec succès le 7 juillet 1998, avec des satellites commerciaux, et le 26 mai 2006 avec le satellite Kompass-2 du GRTs Makeïev. Des versions Chtil-2, Chtil-2.1 et Chtil-3 ont également été envisagées.

7.2. Les lanceurs dérivés de missiles

Dans les années 1990, GRTs Makeïev mène également des projets de lanceurs orbitaux en utilisant les technologies développées pour ses missiles. Le premier d'entre eux est Priboï, dont le premier étage à ergols solides est dérivé du R-39. Le lancement serait effectué sous l'eau, et la performance serait de 2,4t pour l'orbite basse. Un accord est signé en 1993 avec les États-Unis pour réaliser le programme conjointement au travers de la société Sea Launch Services Inc. Mais le Congrès américain met fin au projet en 1994 car il craint qu'il n'aboutisse à la création d'un nouveau système d'arme [5].

Fig. 7.2.1 : Le projet de lanceur sous-marin Priboï.
Crédit : GRTs Makeïev.

Le projet Miaskit consiste quant à lui à doter un R-39 de deux petits étages supplémentaires pour pouvoir placer des charges de 2t sur orbite basse, mais il ne dépasse pas le stade de l'étude préliminaire [5].

7.3. Les nouveaux lanceurs

Fort de son savoir-faire en matière de missiles, GRTs Makeïev développe aussi plusieurs projets de lanceurs orbitaux novateurs. L'un d'eux est baptisé Rikcha et consiste en une famille de trois lanceurs pouvant placer 4t, 2,2t et 0,6t sur orbite basse. Ils peuvent être lancés depuis un navire ou depuis un pas de tir classique et utilisent le couple oxygène/méthane liquides. Les moteurs RD-182 et RD-185 sont développés par NPO Energomach. Le projet est étudié à partir de 1994, mais il est abandonné en 1997 faute de financement [5].

Fig. 7.3.1 : De gauche à droite : Rikcha, Rikcha-1 et Rikcha-2.
Crédit : GRTs Makeïev.

En 1997, GRTs Makeïev s'associe avec l'entreprise australienne ULSI (United Launch Systems International) pour le projet de lanceur Edinstvo, qui réutilise le moteur RD-120 du lanceur Zenit-2 et pourrait placer des satellites de 5t sur orbite basse depuis la base australienne de Hammock Hill. Mais le financement n'est jamais trouvé, et le projet est abandonné [5]. Un autre projet, baptisé Ourengoï, consiste en un petit lanceur bi-étage motorisé par un RD-0143 et un RD-0141 du KH KhimAvtomatiki. Il ne verra lui non plus jamais le jour [6].

Toujours dans les années 1990, Rosaviacosmos lance un appel d'offres pour un lanceur aéroporté, dans le cadre du programme Vozdouchnyi Start. GRTs Makeïev y répond en proposant son petit lanceur Poliot, capable de placer 3,9t sur orbite basse ou 1,5t sur orbite de transfert géostationnaire. Après avoir été largué en vol par un An-124, le lanceur allume son premier étage, motorisé par un NK-43M issu du programme N1, puis son second étage motorisé par un RD-124. Mais ce programme n'aboutit pas non plus [5].

Dans les années 2000, la gamme de lanceurs Viktoria est étudiée. Hautement modulaire, elle permettrait de construire à la fois des lanceurs légers et super-lourds (jusqu'à 110t sur orbite basse) [5].

Fig. 7.3.2 : Le projet Viktoria.
Crédit : GRTs Makeïev.

De 2003 à 2007, GRTs Makeïev a apporté son aide à l'Agence Spatiale Brésilienne pour le développement d'un lanceur national [5][7]. Dans le cadre du Programme Spatial Fédéral pour la période 2006-2015, GRTs Makeïev étudie la gamme de lanceurs semi-réutilisables Rossiyanka, capables de placer jusqu'à 21,5t sur orbite basse pour un coût théoriquement 2,2 fois inférieur à celui du lanceur Proton-K [5].

En 2009, Roscosmos lance un appel d'offres pour le programme de nouveau lanceur Rous-M. Le 18 mars 2009, un consortium formé par TsSKB-Progress, RKK Energiya et GRTs Makeïev est sélectionné. Ce dernier est en charge du premier étage basé sur le moteur RD-180V. Mais tout le projet Rous-M est abandonné quelques années plus tard [5].

Depuis 1992, GRTs Makeïev travaille également sur le projet de lanceur orbital mono-étage entièrement réutilisable Korona. Particulièrement ambitieux, ce projet n'a cependant jamais réussi à trouver des financements.

Fig. 7.3.3 : Le projet Korona.
Crédit : GRTs Makeïev.

7.4. Les projets de satellites

GRTs Makeïev a converti certains de ses corps de rentrée en capsules pour les vols suborbitaux. C'est le cas des projets Sprint, Efir et Volane. A partir de 2000, l'entreprise coopère avec NPO Lavotchkine pour développer une voile solaire, dont un prototype a volé sans succès le 21 juin 2005. D'autres recherches sont menées en coopération avec NPO Lavotchkine sur un projet de bouclier thermique gonflable, et deux vols d'essai sont réalisés [5].

Un projet de petit satellite appelé Kompass est réalisé avec l'IZMIRAN pour l'étude de l'ionosphère. Deux exemplaires sont lancés les 10 décembre 2001 et 26 mai 2006. D'autre projet baptisés Ougoulbek et Samsat, cette fois pour l'observation de la Terre, ne verront jamais le jour. Il en sera de même pour le projet de capsule récupérable Boumerang [6].

Fig. 7.4.1 : Le projet Ougoulbek.
Crédit : GRTs Makeïev.

Suite à un accord signé avec l'Afrique du Sud en 2006, GRTs Makeïev apporte son aide au développement du satellite Sumbandila, qui est lancé avec succès de Baïkonour le 17 septembre 2009 [7]. L'entreprise a aussi beaucoup travaillé sur des concepts d'intercepteurs d'astéroïdes géocroiseurs [5].

8. Organisation

Dans les premières années de son existence, le SKB-385 était organisé en plusieurs départements (Otdel) [2] :

Création Chef à la création Rôle
1 30 juin 1955 [8] S. CHTCHERBAKOV (en 2010) Sécurité
20 Mars 1962 I.A. ZOLOTIENKOV Essais externes
11 ? B.K. METELEV Métaux et alliages
9 Avril 1963 Y.N. REDKINE Composants non métalliques
33 Janvier 1964 O.E. LOUKIANOV Planification
28 1971
(était auparavant un secteur)
O.I. ZAÏTSEV Fiabilité
26 Mai 1964 V.G. KRYLOV Soudage et brasage
27 Juin 1964 E.M. OUCHAKOV Information scientifique et technique
24 Juillet 1964 V.V. GORIATCHEV Contrôles non destructifs
38 Août 1964 M.G. IVANOV Sécurité
23 1964 V.E. KARGUINE Essais des équipements non standard
32 Avril 1965 V.N. ANDREÏTCHENKO Systèmes hydropneumatiques
40 Mai 1966 Y.V. PROTOPOPOV Conception des interfaces navires
42 Octobre 1967 N.D. CHEPEL Études technico-économiques
44 Novembre 1967 Z.I. KAMALEÏEV Aérodynamique
10 Octobre 1971 A.N. KHOUDIAKOV Conception des complexes de missile
35 Décembre 1972 N.D. CHEPEL Méthodes mathématiques
Tableau 8.1 : Liste des départements du SKB-385.

Fig. 8.1 : Le GRTs Makeïev à Miass.
Crédit : GRTs Makeïev.

En 1973, le KBM est réorganisé en dix services (Otdelenie) [2].

Chef Rôle
1 Y.P. GRIGORIEV Projets futurs
2 M.M. KOUZNIETSOV Conception
3 L.M. KOSSOÏ Systèmes de contrôle
4 Ch.I. BOKSAR Systèmes de mesure
5 P.S. KOLESNIKOV Compatibilité avec les sous-marins, essais en vol, segment sol
6 N.S. DANILOV Moteurs
7 V.E. KARGUINE Essais
8 V.V. GORIATCHEV Études technologiques
9 Y.A. KOROBEÏNIKOV Études économiques
10 L.N. ROLINE Qualité (créé en juin 1976)
Tableau 8.2 : Liste des départements du KBM.

Bibliographie

[1] TIKHONOV, Оборонные предприятия СССР и России, Moscou, 2006
[2] DEGTIAR, V., СКБ-385 - КБ Машиностроения - ГРЦ "КБ им. Академика В.П. Макеева", Moscou, 2007
[3] KONIOUKHOV, S., Призваны временем, 2004, pp. 23-34
[4] KARPIENKO, A., Морские комплексы с баллистическими ракетами, Moscou, 2009
[5] DEGTIAR, V., Из морских глубин - в глубины космоса, Miass, 2011
[6] IVANOV, S., Космические средства вооружения, Moscou, 2002
[7] DEGTIAR, V., Государственному ракетному центру имени академика В.П. Макеева 70 лет, Kosmitcheskaïa Tekhnika i Tekhnologi n°2018-02
[8] Konstrouktor n°2010-07


Dernière mise à jour : 16 mars 2026