Le lendemain du vol (le 13 avril), GAGARINE se repose beaucoup, et parle avec Hermann TITOV de ses impressions. Il en profite aussi pour lui donner quelques conseils, car TITOV est le prochain à partir.

Il fait ensuite son rapport à la Commission d'Etat. Oleg IVANOVSKI est présent et se souviendra plus tard que « l'assemblée l'a écouté en retenant son souffle ». Ses dires sont immédiatement dactylographiés et la copie est estampillée « Très secret ». Elle ne sera rendue publique qu'en 1991, à l'occasion du trentième anniversaire du vol (voir annexe 2).

Le 9 mai 2001, elle est vendue aux enchères à New York pour 171 000 $. Au mois de juin 2001, le conservateur du musée GAGARINE a demandé au Président POUTINE de la faire racheter.
«
C'est une question d'honneur pour la Russie », a-t-il déclaré.

Revenons en 1961. Plus tard dans la journée du 13 avril, trois journalistes sont autorisés à s'entretenir avec GAGARINE. Il s'agit de Nikolaï DENISSOV (La Pravda), Gueorgui OSTROUMOV (Les Izvestia) et Vassili PESKOV (La Komsomolskaïa Pravda). Le cosmonaute a reçu l'ordre de ne donner aucun détail sur le vaisseau ou sur le programme spatial soviétique. Il se contente donc de réponses floues et très générales.

Le 14 avril il est conduit en Iliouchine-18 à Moscou où l'attend un cortège d'officiels du Parti communiste. La ville lui a réservé la plus grande liesse depuis la victoire de 1945. Il atterrit à l'aéroport Vnoukovo et à sa descente d'avion doit franchir un immense tapis rouge sous les yeux de milliers de personnes (il est d'ailleurs amusant de savoir qu'à ce moment là, le premier cosmonaute de l'Histoire avait son lacet défait !).

Il est ensuite accueilli par sa famille et par Nikita KHROUCHTCHEV, et rejoint la Place Rouge debout dans une limousine décapotable. Là, il monte les marches du mausolée de Lénine d'où il lit un discours écrit par sa hiérarchie et faisant l'apologie du régime socialiste.

Au cours de l'année qui suivra, il parcourra le monde entier et sera accueilli par une multitude de chefs d'Etats, de Rois, Reines ou Premiers ministres...

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