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Le 1er avril 1958, les
caractéristiques du futur vaisseau sont avancées.
Répondant à l'appellation «
Objet OD-2 » (OD
signifie
« satellite orienté
»), il aura une masse
comprise entre 5,0 et 5,5t, évoluera en orbite à
une altitude de 250km environ et atterrira avec une
précision de 100 à 170km. Le cosmonaute devra
s'éjecter à 8 ou 10km d'altitude.
Un lourd problème qui se pose aux
ingénieurs est celui de la rentrée atmosphérique.
Les calculs que sa résolution demande sont
extrêmement complexes, et ils demandent l'aide des
mathématiciens de l'Académie des Sciences, qui
mettent à leur disposition l'ordinateur BESM-1.
Utilisé avec les méthodes de calcul mises au point
en 1953 par KELDICH, PETROV et AVDOUÏEVSKI, il
permet de déterminer que le vaisseau devra supporter
des accélérations de 8 à 9G et des températures
comprises entre 2 500 et 3 500°C. Pour ce faire, il
sera équipé d'un bouclier thermique dont la masse
sera comprise entre 1 300 et 1 500kg.
Le 1er mai 1958, KOROLIOV décide de
ne pas effectuer de vol suborbital, qu'il juge
accessoire, et de passer directement aux vols
orbitaux. Plus tard dans le mois de mai, TIKHONRAVOV
propose de commencer le développement du vaisseau.
Au mois de juin, FEOKTISTOV présente son projet OD-2
à KOROLIOV. Le diamètre de la capsule a entre-temps
été fixé à environ 2,30m. FEOKTISTOV a aussi
esquissé les plans d'une version inhabitée de l'OD-2
qui, équipée d'appareils photographiques, pourra
servir à la reconnaissance spatiale. KOROLIOV est
séduit par le projet et il l'entérine.
Au cours du
mois de juin, il le présente au Comité des Sciences
et des Technologies. Le 1er juillet, il écrit au
Politburo pour expliquer l'importance du projet,
tant sur les plans scientifique que politique. En
août, deux concepts émergent. Ils sont présentés par
la figure 1. Les ingénieurs hésitent encore entre
les deux.

Le 1er novembre 1958, le Conseil des
Concepteurs en Chef signe le décret autorisant le
démarrage de la construction de l'OD-2 dans ses
versions habitée et de reconnaissance. Le document
permet aussi à l'OKB-1 de procéder à un vol habité
dès qu'il en sera capable. Cependant, le
gouvernement soviétique n'a toujours pas donné son
accord. Le programme démarre tout de même, et quatre
versions de l'OD-2 sont prévues :
- le
«
1K
», ou
« 11F61
», sera un prototype
devant tester les systèmes,
- le «
2K
» sera la version
militaire inhabitée,
- le «
3K », ou
« 11F63
», sera la version
habitée,
- le «
4K
» sera une future
version militaire capable de prendre des photos
en très haute résolution.
La construction du premier OD-2
démarre en décembre 1958. Pendant que les ingénieurs
s'y affairent, KOROLIOV est en conflit avec les
militaires à propos de la version de reconnaissance.
Il pense en effet qu'il est ridicule de développer
une deuxième version alors que la version habitée
pourrait très bien être adaptée pour ce rôle. En
fait, KOROLIOV prévoyait même de construire dès le
départ la version habitée de manière à ce qu'elle
puisse devenir une capsule de reconnaissance.
Parallèlement, au mois de janvier
1959, l'OKB-1 commence les travaux sur le Bloc E, le
troisième étage dont sera équipée la R-7 pour
pouvoir lancer l'OD-2. L'OKB-154, lui, commence à
concevoir le moteur RO-7 qui équipera le Bloc E. La
R-7 équipée de cet étage sera appelée 8K72, ou plus
simplement : Vostok, du nom du vaisseau qu'elle
transportera.
Un autre problème qui se présente
aux ingénieurs est celui du scaphandre. Le 17 avril
1959, l'OKB-1 signe le cahier des charges que devra
respecter la combinaison.
Le 22 mai 1959, le Comité Central du
Parti Communiste et le Conseil des Ministres d'Union
soviétique signent le décret n°569-264 qui autorise
le développement d'un vaisseau habité. Le décret
désigne les contractants et les sous-traitants. Il
donne aussi raison à KOROLIOV concernant la version
militaire : elle ne sera pas construite
spécifiquement mais sera adaptée de la version
habitée.
De plus, le programme est rebaptisé
« Vostok
» («
Est
», ou
« Orient
» en Russe), sur
proposition des ingénieurs. Le nom de
« Charik
»
(« la sphère
») n'a pas été retenu.
La version de reconnaissance militaire, elle, prend
le nom de
« Zenit
». Le 2K devient ainsi
le Zenit-2, et le 4K le Zenit-4.
Le programme ayant été entériné, les
responsables soviétiques commencent à chercher les
candidats pour voler sur le Vostok.
Pour ce qui est du scaphandre, c'est
l'usine 918 qui emporte le contrat de fabrication.
Elle a déjà un tel projet dans ses cartons : le
S-10. Deux exemplaires sont construits pour être
testés en laboratoire. La combinaison doit être
capable d'assurer la survie du cosmonaute, même s'il
est inconscient, en cas de dépressurisation du
vaisseau, de contamination de son atmosphère, ou
encore en cas d'amerrissage. Le S-10 réussit très
bien tous les tests.
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