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Un satellite sur orbite circulaire
survole une zone donnée du globe dont les latitudes
extrêmes sont fixes. La hauteur de cette zone est
appelée amplitude zonale, et elle dépend de
l'inclinaison de l'orbite. Plus l'orbite du
satellite est inclinée, plus l'amplitude zonale est
grande.
Comme on le voit, une orbite
polaire, c'est à dire d'inclinaison maximale, est
idéale pour l'observation de la Terre, car elle
permet de survoler l'intégralité du globe.
Les Soviétiques, puis les Russes,
ont toujours voulu disposer d'une station spatiale
placée sur une orbite à forte inclinaison, de
manière à pouvoir procéder à des observations de
tout leur territoire, qui s'étend très au nord,
jusque dans le cercle polaire. A l'origine, la
station Mir-2 devait évoluer sur une orbite inclinée
à 65°. Mais quand ce projet a fusionné avec celui de
station américaine Freedom, pour donner l'actuelle
Station Spatiale Internationale, (ISS, ou MKS),
l'inclinaison de 51,6° a été retenue. C'était en
effet un compromis entre les 65° de Mir-2 et les
28,8° de Freedom... Cela dit, avec une telle
configuration, les Russes n'ont accès qu'à 6 ou 7%
de leur territoire.
Le 4 octobre 2004 se tient à
Vancouver le 55ème Congrès Internationale
d'Astronautique. A cette occasion, le général
PERMINOV, directeur de la toute nouvelle Agence
Spatiale Fédérale, Roskosmos, annonce la perspective
de lancer au cours de la période 2006-2015 une
nouvelle station orbitale, destinée à être exploitée
en parallèle avec l'ISS et à être placée sur une
orbite fortement inclinée.
Un
peu plus d'un mois plus tard, en novembre 2004, la
NASA américaine réunit les acteurs du secteur
spatial du monde entier dans le cadre d'un colloque
sur "la création d'une exploration spatiale nouvelle
et durable". L'académicien Nikolaï Apollonovitch
ANFIMOV, directeur général du TsNIIMach, réalise une
présentation des perspectives du programme spatial
russe, et révèle qu'elle comprennent la mise en
place d'une nouvelle station spatiale.

M. ANFIMOV donne un schéma du projet
(Fig. 2) et précise qu'une telle station permettrait
de continuer les investigations entreprises à bord
de la station internationale, tout en autorisant les
observations à s'étendre à de plus grandes
latitudes.
En août 2006, lors du Vème Congrès
Aérospatial International, Vitali A. DAVIDOV,
directeur adjoint de Roskosmos, annonce que la
réalisation d'une station spatiale évoluant sur une
orbite inclinée à 70° devrait être inscrite au
Programme Spatial Fédéral 2016-2025.
Cela dit, la situation économique de
la Russie, bien qu'en forte amélioration, laisse
sceptique devant ce genre d'annonces. Les acteurs du
spatial russe rencontrent énormément de difficultés
pour terminer la station internationale, et il
semble illusoire qu'ils puissent se lancer dans la
construction d'une seconde station.
Bibliographie :
L'Espace, un nouveau territoire,
ouvrage collectif sous la direction de Fernand
VERGER
Discours de M. DAVIDOV et du général PERMINOV.
Le site de l'AIAA : http://www.aiaa.org
Dernière mise à jour : 1er septembre
2006 |