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Le 14 janvier 1966, Sergueï KOROLIOV décède sur
la table d'opération. C'est une immense perte pour
le programme spatial, et pour l'Union soviétique en
général. Deux mois plus tard, le vaisseau américain
Gemini VIII réussit à s'amarrer au véhicule inhabité
Agena. En mai, Vassili MICHINE est nommé à la tête
de l'OKB-1, qui a au passage été rebaptisé TsKBEM.

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Fig.
18 : Funérailles de Sergueï KOROLIOV, à Moscou. |
Les plans sont toujours extrêmement
optimistes et le premier vol de Soyouz est programmé
pour le mois d'août. Pour atteindre cet objectif,
tout le monde travaille d'arrache pied. Les essais
statiques et dynamiques se succèdent à un rythme
effréné. La séparation des compartiments, de la
coiffe, le comportement thermique, les systèmes de
survie, les moteurs, le système d'amarrage, la tour
de sauvetage, le système d'atterrissage : tout est
passé au crible afin de garantir une sécurité
maximale dès le premier essai. Le
premier exemplaire du 7K-OK commence ses essais au
sol le 12 mai 1966. De nombreux problèmes
apparaissent (les ingénieurs en recensent 2 123), et
leur résolution prend quatre mois. Le système
d'atterrissage par parachutes connaît beaucoup de
difficultés : deux des sept largages effectués
depuis un An-12 au-dessus de Feodosia sont des
échecs. Le 25 juillet 1966, Gaï
SEVERINE, responsable de la conception du scaphandre
Yastreb, informe KAMANINE que le TsKBEM a insisté
pour que l'écoutille ait un diamètre de 66cm. Or,
la taille minimale qu'il peut donner à son
scaphandre est de 70cm. un problème se pose donc,
et KAMANINE répond que même si l'écoutille peut être
agrandie, ce ne sera que pour les vols ultérieurs,
car modifier les exemplaires déjà assemblés
prendrait trop de temps.
Le lendemain, 26 juillet, cosmonautes et
responsables se rencontrent et visionnent un film
tourné à bord d'un avion parabolique qui met en
évidence les difficultés que pose l'étroitesse de
l'écoutille. MICHINE admet l'erreur, et annonce qu'à
partir du vaisseau n°5, le diamètre passera à 72cm.
Mais les systèmes de survie ne devront pas être
installés dans un sac à dos, mais arrangés autour de
la ceinture, afin de permettre plus de
manœuvrabilité.

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Fig.
19 : Essai du scaphandre Yastreb dans le Tu-104. |
Une nouvelle réunion se tient le 5 août 1966 à
l'Institut de Recherche en Vol du Ministère de
l'Industrie Aéronautique (LII MAP, c'est là qu'est
basé le Tu-104 « parabolique »). Une nouvelle dispute
éclate : MICHINE refuse catégoriquement de toucher
au diamètre de son écoutille, mais SEVERINE finit
par accepter de modifier son scaphandre Yastreb en
plaçant les systèmes de survie autour de la taille.
Au passage, les hommes des Forces aériennes et du
TsKBEM décident que les deux premiers vaisseaux
seront commandés par KOMAROV et BIKOVSKI.
Quelques jours plus tard, le 10 août 1966, le
programme prend encore du retard. Il est en effet
décidé que les deux premiers Soyouz (inhabités) ne
seront lancés qu'au mois d'octobre. Les premiers
vols habités interviendront, quant à eux, au premier
trimestre 1967. En tout cas, les deux premiers
vaisseaux sont livrés à Baïkonour en août 1966.
De nombreux problèmes de gestion sont également
soulignés, et la pression politique que les
ingénieurs subissent n'arrangent rien.
L'entraînement des cosmonautes est lui aussi rendu
difficile par les retards de livraison de la chambre
à vide TBK-60 et du simulateur d'amarrages Volga.

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Fig.
20 : Le général Kerim KERIMOV. |
Le 30 septembre 1966, une
« Commission d'Etat pour les essais en vol du
vaisseau Soyouz » est mise sur pieds, dirigée par le
général Kerim KERIMOV. La désignation de ce dernier
reflète l'intérêt décroissant que le Kremlin porte
au programme spatial, car tous les précédents
présidents de Commissions d'Etat étaient des
Ministres ou des Ministres adjoints. La Commission
Militaro-industrielle (VPK) se réunit le 27 octobre
1966 pour discuter du calendrier du programme
Soyouz. Les personnes présentes s'accordent à dire
qu'étant donné le degré de préparation des matériels
de vol, le lancement du premier vaisseau ne pourra
pas avoir lieu avant le 20 novembre.
Le premier vol habité, quant à lui, ne sera
envisageable qu'à partir du 10 janvier 1967.
OUSTINOV demande quand même que tout soit mis en
œuvre pour être prêt à l'effectuer dès le 20
décembre 1966. Rappelons qu'à ce stade, aucun
cosmonaute n'a encore été désigné pour les postes
d'ingénieur de bord. Un problème d'entraînement va
donc se poser.
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