En 1980, soit quatre ans après le début des études sur Mir, la NPO Energuia avait lancé le développement d'une nouvelle version de son vaisseau Soyouz, qui sera plus compatible avec les améliorations apportées à la nouvelle station.



Fig. 80 : Schéma du nouveau vaisseau Soyouz TM.

Baptisé 11F732A51, ou Soyouz TM (M pour « modernisé »), il pourra emporter environ 200kg de charge utile supplémentaire et incorpore le nouveau système d'amarrage automatique Kours. Le cahier des charges final avait été approuvé en avril 1981.

De plus, le 11F732A51 pourra être équipé du système d'amarrage APAS-89 qui lui permettra de rejoindre la navette spatiale Bourane, quand celle-ci commencera à voler.

En 1986, la station Saliout-7 vit ses dernières heures, et un premier équipage part occuper Mir sur le dernier 11F732, Soyouz T-15. Cette génération de vaisseaux étant arrivée à son terme, il est temps de passer à la suivante. Prudente, la NPO Energuia préfère réaliser un vol automatique du 11F732A51 avant de lui confier un équipage.

Le premier Soyouz TM (la numérotation démarre à 51) décolle de Baïkonour en mai 1986 et s'amarre avec succès à la station Mir, alors inhabitée. Après une semaine d'essais de ses systèmes, il revient sur Terre et démontre ainsi sa capacité à assurer les liaisons entre Mir et le sol.

C'est à peu près à cette époque qu'est lancée la construction de trois vaisseaux équipés de l'APAS-89. Ils sont numérotés 101, 102 et 103.

Le premier vol piloté du 11F732A51 intervient en février 1987, quand les cosmonautes ROMANENKO et LAVEÏKINE partent à bord de Soyouz TM-2 pour aller occuper Mir.



Fig. 81 : Le vaisseau Soyouz TM-3, amarré à la station Mir.

Ensuite, les vols se succèdent pendant plusieurs années. Excepté Soyouz TM-5 qui, en juin 1988, rencontre des problèmes au moment de sa rentrée dans l'atmosphère, tout se passe convenablement : le 11F732A51 montre son exceptionnelle fiabilité.

En mars 1989, le 11F732A51 n°59 est endommagé lors d'un test à Baïkonour. Le compartiment des instruments (PAO) n'est pas réparable, mais le compartiment de descente (SA) et le compartiment de vie (BO) sont réassignés à une mission ultérieure.

Un problème important intervient en février 1990, quand la protection thermique du vaisseau Soyouz TM-9 (le 11F732A51 n°60) est endommagée lors du lancement. Les cosmonautes SOLOVIOV et BALANDINE doivent effectuer une périlleuse sortie dans l'Espace pour procéder à des réparations in situ.



Fig. 82 : Le vaisseau Soyouz TM-9, amarré à la station Mir.
On distingue nettement les morceaux arrachés de la protection thermique.

Après cet incident, les rotations d'équipages reprennent leur cours. Soyouz TM-10 décolle en août 1990, avec les parties récupérées du vaisseau n°59. Il est suivi par Soyouz TM-11, Soyouz TM-12 et Soyouz TM-13.

Puis vient l'un des plus grands événements du vingtième siècle : la chute de l'Union soviétique. Une crise économique sans précédent vient frapper la plus grande nation spatiale du monde.

Les vols de Soyouz ne sont pas interrompus, mais à partir de maintenant de nombreux équipages comprendront un passager payant, afin d'amortir partiellement le coût des missions. Soyouz TM-14 s'envole avec un cosmonaute allemand, Soyouz TM-15 avec un Français, etc.



Fig. 83 : Le cosmonaute français Michel TOGNINI à bord de Mir, en 1992.

En 1993, le programme de navette spatiale Bourane est annulé. En revanche, la nouvelle Fédération de Russie se lance dans un vaste programme de coopération avec les Etats-Unis qui doit conduire les navettes américaines à venir s'amarrer à Mir, et ce en utilisant le port
APAS-89.

Pour tester ce dernier, le vaisseau 11F732A51 n°101, dont la construction est achevée, est envoyé vers Mir pour s'y amarrer. Baptisé Soyouz TM-16, il emmène le treizième équipage d'occupation de Mir.



Fig. 84 : Le vaisseau Soyouz TM-16 vu depuis Mir.

Les deux autres vaisseaux équipés de l'APAS-89, les 11F732A51 n°102 et n°103, ne seront pas utilisés et leurs modules sont transférés pour être intégrés à des vaisseaux « classiques ».

Le programme d'exploitation de Mir poursuit son cours malgré la crise économique. Après Soyouz TM-16, les vaisseaux n°66 à 78 sont utilisés pour les rotations d'équipages.

En 1999, la station arrive au terme de sa carrière et doit être remplacée par la Station Spatiale Internationale (MKS). Un nouvel épisode de la longue carrière du vaisseau Soyouz va commencer.

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