Fin septembre 1977, la NPO Energuia met en orbite sa nouvelle station DOS : Saliout-6. Elle est le premier exemplaire d'une toute nouvelle génération, qui se différencie des autres Saliout par un second port d'amarrage. Cette nouveauté va permettre, d'une part, d'effectuer des relèves d'équipages (un nouveau vaisseau pouvant être reçu alors que l'ancien est toujours là), mais aussi d'accueillir les nouveaux vaisseaux automatiques de ravitaillements 7K-TG.



Fig. 68 : Vue d'artiste de Saliout-6 en orbite.
Un vaisseau Soyouz est amarré à l'arrière et un autre s'approche du port avant.

Le premier vol vers Saliout-6 ne se passe pas bien. Le 7K-T n°42, dénommé Soyouz-25, ne parvient pas à s'amarrer convenablement à la station et les cosmonautes KOVALIONOK et RIOUMINE doivent revenir sur Terre sans avoir accompli leur mission.

Le vol suivant, celui du 7K-T n°43 (Soyouz-26), est en revanche couronné de succès. Alors que ROMANENKO et GRETCHKO sont à bord de Saliout-6, ils reçoivent grâce au second port d'amarrage la visite de deux autres vaisseaux habités, Soyouz-27 et Soyouz-28, ainsi que du premier cargo automatique 7K-TG, baptisé Progress-1.

L'équipage de Soyouz-27 est rentré sur Terre avec Soyouz-26, laissant ainsi un vaisseau neuf à ROMANENKO et GRETCHKO, ce qui leur permettra de rester bien plus longtemps en orbite, et au passage de battre le record de longévité dans l'Espace, jusque là détenu par les Américains.



Fig. 69 : GOUBAREV et REMEK à l'entraînement.
Les deux hommes constituent le premier équipage international de l'Histoire.

Cerise sur le gâteau : Soyouz-28 transporte le Tchécoslovaque Vladimir REMEK, premier cosmonaute issu d'un autre pays que l'URSS ou les Etats-Unis. Cette « première », réalisée dans le cadre du programme Intercosmos, constitue une grande victoire politique pour l'Union soviétique.

De nombreux autres succès suivent celui-ci. En avril 1978, le premier vaisseau 11F732 en version « transport » (7K-ST) est mis en orbite. Baptisé Cosmos 1001, il est le précurseur de ce que l'on va bientôt appeler le « Soyouz T ».

Deux mois plus tard, Soyouz-29 emmène une nouvelle mission de longue durée sur Saliout-6. Les cosmonautes KOVALIONOK et IVANTCHENKOV reçoivent la visite de deux équipages internationaux de visite, Soyouz-30 (Pologne) et Soyouz-31 (Allemagne de l'Est), puis reviennent sur Terre.



Fig. 70 : HERMASZEWSKI et KLIMOUK, l'équipage soviéto-polonais
de Soyouz-30, à bord de Saliout-6.

Ce type de missions va bientôt devenir routinier, et on distinguera ainsi les « expéditions principales » (EO) et les « expéditions de visite » (EP).

Justement, une troisième expédition principale décolle en février 1979 à bord de Soyouz-32. Les cosmonautes LIAKHOV et RIOUMINE, qui en constituent l'équipage, s'installent à bord de Saliout-6 et attendent leur première visite. Mais celle-ci ne viendra jamais.

Soyouz-33 décolle de Baïkonour en avril 1979 et ne rencontre aucun problème pour se mettre en orbite. Le Soviétique ROUKAVICHNIKOV et le Bulgare IVANOV s'apprête à rejoindre la station orbitale, mais une grave avarie avec l'un des moteurs les empêche de s'y amarrer, et le TsUP leur donne l'ordre de revenir sur Terre.



Fig. 71 : ROUKAVICHNIKOV et IVANOV donnent une conférence de presse
à Baïkonour, peu avant leur départ.

Lors de la manœuvre de rentrée dans l'atmosphère, le moteur fonctionne pendant plus longtemps que prévu et la descente se fait selon une trajectoire balistique. Malgré cela, les cosmonautes sont récupérés sains et saufs.

Les ingénieurs se posent cependant des questions. Si les moteurs de Soyouz-33 étaient défaillants, peut-être que ceux de Soyouz-32, que l'équipage de Saliout-6 utilisera pour rentrer, le sont aussi. Dans le doute, le vaisseau Soyouz-34 est envoyé sans équipage avec un certain nombre de modifications. C'est avec lui que LIAKHOV et RIOUMINE reviennent sur Terre, après que Soyouz-32 se soit posé sans incident en mode automatique.

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