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Fin 1974, le bilan des stations orbitales soviétiques est loin d'être brillant.
Sur trois stations civiles
DOS, une seule a pu être habitée. Le premier équipage
n'a pas pu s'amarrer, et le second est mort lors du retour. De même, deux
Almaz
militaires ont été mises en orbite. L'une est retombée sur Terre, l'autre n'a pu
être visitée que par un seul équipage, le second n'ayant pas réussi à s'amarrer.
Mais l'URSS persévère. En décembre 1974 elle lance au moyen d'une fusée
Proton
sa quatrième station
DOS, baptisée
Saliout-4. Quelques semaines plus tard, un
premier équipage part la rejoindre. A bord du 7K-T n°38 rebaptisé
Soyouz-17, les cosmonautes GOUBAREV et GRETCHKO réussissent un amarrage parfait
et réalisent un vol de près d'un mois. Ils battent ainsi le record soviétique de
durée en orbite, en restant toutefois derrière les Américains.

Fig. 60 : Soyouz-17 est installé sur son pas de tir. Il emmènera la
première mission vers Saliout-4.
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Deux mois après le retour de
Soyouz-17, le
7K-T n°39
est prêt à décoller pour poursuivre l'occupation de
Saliout-4. Mais le lanceur
Soyouz connait une très grave défaillance au bout de seulement quelques minutes
de vol, et la mission tourne à la catastrophe. Heureusement, le vaisseau
parvient à se séparer et l'équipage est sauvé.
Cet échec retentissant a toutefois le mérite de montrer la fiabilité et la
robustesse du Soyouz, qui a subit à cette occasion une accélération de plus de
21G !

Fig. 61 : MAKAROV et LAZAREV embarquent à bord du 7K-T n°39. Leur
mission, qui devait durer deux mois, s'achève au bout de vingt et une
minutes.
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Moins de deux mois plus tard, le 7K-T n°40 (Soyouz-18)
est à son tour envoyé vers
Saliout-4. Cette fois, le lanceur fonctionne
correctement et les cosmonautes KLIMOUK et SEVASTIANOV peuvent s'amarrer à la
station. Ils entament alors un séjour qui devra durer deux mois.
Pendant cette mission, l'Union soviétique va réaliser l'aboutissement d'un
programme entamé il y a déjà plusieurs années : Apollo-Soyouz. L'équipage de
Soyouz-16 avait déjà fait une répétition générale l'année dernière, et en
juillet 1975 le grand jour est enfin arrivé.

Fig. 62 : A Cap Canaveral, on se prépare à lancer le dernier vaisseau
Apollo.
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Les Soviétiques sont les premiers à envoyer leur vaisseau en orbite. Le vaisseau
7K-TM n°75 décolle de Baïkonour le 15 juillet 1975 et se place correctement en
orbite, avant d'être officiellement nommé Soyouz-19. En cas de problème, le
7K-TM n°76 était prêt à partir depuis le second pas de tir. Les Américains
lancent leur dernier vaisseau Apollo quelques heures plus tard depuis le centre
Kennedy, en Floride.
Deux jours plus tard, les deux véhicules se rencontrent puis ils s'amarrent
alors qu'il survolent Metz. C'est la première mission internationale de
l'Histoire de la Conquête spatiale. Les cosmonautes passent d'un vaisseau à
l'autre et réalisent plusieurs expériences scientifiques communes.

Fig. 63 : Le vaisseau Soyouz-19, vu depuis Apollo.
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Avec ce succès, les Soviétiques démontrent également leur capacité à mener de
front deux missions spatiales complexes et indépendantes (KLIMOUK et SEVASTIANOV
sont toujours à bord de
Saliout-4). Suite à l'accident du mois d'avril, les
Américains avaient quelque peu perdu confiance dans le programme spatial de
l'URSS, et ils avaient montré une certaine inquiétude à voir une autre mission
se poursuivre pendant le vol Apollo-Soyouz.
Soyouz-19 revient sur Terre le 21 juillet 1975, suivit cinq jours plus tard par
Soyouz-18. Les deux missions se sont parfaitement déroulées et ont montré la
maturité qu'ont maintenant acquis les Soviétiques dans les opérations en orbite
terrestre.

Fig. 64 : Retour sur Terre pour les cosmonautes de Soyouz-18, après un
vol de deux mois sur Saliout-4.
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Deux mois plus tard, en septembre 1975, un deuxième prototype du 11F732 est mis en
orbite. Dénommé Cosmos 772, il teste pendant trois jours les nouveaux systèmes
associés à cette version et effectue une série de manœuvres orbitales.
Dans l'objectif d'allonger toujours plus la durée des vols spatiaux, la NPO
Energuia a réalisé toute une série de modifications sur le 7K-T, qui pourra
maintenant rester amarré quatre-vingt dix jours à une station orbitale (au lieu
de soixante). Il serait bien de tester cette nouvelle amélioration pendant que
Saliout-4 est encore en place, mais aucun vaisseau ne sera disponible à temps.
GLOUCHKO a alors l'idée d'utiliser l'un des 11F615A9 du TsKBM (la version
destinée aux stations
Almaz) sachant qu'il pourra leur rendre la pareille un peu
plus tard en leur cédant un 11F615A8. C'est ainsi qu'en novembre 1975, le 7K-T
n°64 est mis en orbite. De manière inhabituelle, il ne reçoit pas une
dénomination Cosmos mais est baptisé Soyouz-20. Il s'amarre à
Saliout-4 deux
jours après son lancement et il y restera près de trois mois, validant les
nouvelles améliorations.
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