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Toujours en 1974, une version encore différente du Soyouz est mise au point.
Appelée 11F615A9, elle n'est qu'une adaptation du 11F615A8
destinée à desservir spécifiquement les stations militaires
Almaz. Ces vaisseaux
sont toujours des 7K-T, mais pour les différencier ils sont numérotés à partir
de soixante. Le premier exemplaire, le 7K-T n°61, est lancé le 27 mai 1974 sous
le nom de Cosmos 656. Son vol dure deux jours et se déroule convenablement.
Ce succès ouvre la voie à la mise en orbite de la deuxième
Almaz. Baptisée
Saliout-3, elle est lancée en juin 1974 par une fusée
Proton. Si la précédente
station avait finit au fond de l'océan, tout se passe bien avec ce nouvel
exemplaire, et son occupation par des équipages longues durées va pouvoir
commencer.
La première expédition vers Saliout-3 décolle de Baïkonour le 3 juillet 1974.
POPOVITCH et ARTIOUKHINE embarquent à bord de Soyouz-14, le 7K-T n°62, et
parviennent à s'amarrer sans problème à la nouvelle station militaire.

Fig. 56 : Timbre de la poste soviétique en l'honneur de la mission
Soyouz-14.
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Cette mission de deux semaines constitue la première occupation entièrement
réussie d'une station spatiale soviétique, trois ans après la catastrophe de
Soyouz-11. Le programme spatial soviétique reprend du poil de la bête, et le
vaisseau Soyouz en est le pivot.
Mais pour assurer des liaisons aussi efficaces que possible avec les stations
orbitales, les militaires ressortent des cartons un projet baptisé
« 11F732 », ou
7K-S.
Dans les années 1960, la Commission Militaro-Industrielle (VPK) avait lancé un
grand programme de station orbitale militaire baptisé « Soyouz-VI », et le
11F732
devait être le vaisseau qui permettrait de s'y rendre. Il devait également être
capable d'effectuer des missions autonomes pour le compte du Ministère de la
Défense.

Fig. 57 : Maquette de la station militaire Soyouz-VI.
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Le projet de station Soyouz-VI est vite abandonné, mais le vaisseau 11F732, quant
à lui, parvient à survivre. Il est décliné en deux versions distinctes : le
11F732
de base qui effectuera des missions autonomes et le 7K-ST (T pour « Transport »)
qui servira à faire les liaisons avec les stations orbitales.
Trois prototypes du 11F732 de base sont construits, mais cette version est
finalement abandonnée. Peu importe, les trois vaisseaux seront quand même
envoyés dans l'Espace afin de tester certaines technologies. Le 21 juin 1974, la
VPK ordonne la création d'une Commission d'Etat pour superviser ces essais en
vol.
Un premier vaisseau est lancé dès le 6 août 1974 sous l'étiquette Cosmos 670. Il
accomplit un vol de trois jours et effectue une rentrée balistique, ce qui
toutefois ne l'empêche pas d'être récupéré.
A ce moment, l'Union soviétique mène de front trois programmes différents
utilisant le vaisseau Soyouz : les stations civiles
DOS, les stations militaires
Almaz
et le programme Apollo-Soyouz (EPAS), auxquels il faut ajouter le développement
du 7K-ST. Le travail ne manque pas à la NPO Energuia !
Et effectivement, moins d'une semaine après le premier vol du 11F732, un deuxième
7K-TM (la version « Apollo-Soyouz ») est envoyé dans l'Espace. Cosmos 672 - c'est
son nom - simule une rencontre avec le vaisseau américain lors d'un vol de six
jours et rentre sur Terre sans incident.
Mais derrière cette apparente routine, de nombreux problèmes subsistent. Ainsi,
la mission de Soyouz-15 vers Saliout-3 ne peut être menée à bien quand un grave
problème de navigation oblige les cosmonautes SARAFANOV et DIOMINE à revenir sur
Terre sans avoir pu s'amarrer à la station militaire.

Fig. 58 : DIOMINE et SARAFANOV avant le départ de Soyouz-15.
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Après cet échec, il n'y aura plus de mission vers Saliout-3. Le prochain vol
Soyouz est une répétition générale de la rencontre Apollo-Soyouz. FILIPTCHENKO
et ROUKAVICHNIKOV décollent à bord du troisième 7K-TM, baptisé Soyouz-16, en
décembre 1974 et réalisent toutes les manœuvres propres à cette mission de
coopération.

Fig. 59 : Soyouz-16 en préparation dans le MIK.
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