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Les trois cosmonautes de
Saliout effectuent de
nombreuses expériences scientifiques et apprennent
petit à petit à vivre en apesanteur. La station
souffre de quelques problèmes de jeunesse, mais rien
de bien inquiétant compte tenu de la nouveauté et de
la complexité d'un tel projet.
Le 30 juin 1971,
l'équipage a terminé sa mission et se prépare à
rentrer sur Terre. Les trois hommes conditionnent la
station afin qu'elle soit prête pour une nouvelle
occupation, puis ils embarquent à bord de leur
vaisseau Soyouz-11. Celui-ci se sépare normalement
de
Saliout et son moteur de freinage donne
l'impulsion qui fait plonger le module de descente
vers le sol.
Mais lors de la
séparation des trois
compartiment, une
valve s'ouvre. La pression commence alors à chuter.
Le commandant DOBROVOLSKI se détache précipitamment
de son siège et tente d'aller fermer manuellement la
valve, bientôt rejoint par PATSAÏEV. Mais au bout de
quelques dizaines de secondes, l'atmosphère du
vaisseau est totalement purgée. Les cosmonautes
n'ont pas le temps de trouver la fuite, et ils
meurent asphyxiés.
La descente se poursuit quand même normalement,
et le SA atterrit dans la zone prévue. Les équipes
de récupération se précipitent vers lui, ouvrent
l'écoutille, et découvrent les corps sans vie des
trois cosmonautes. Les médecins tentent en vain de
les réanimer.

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Fig.
49 : Les funérailles de DOBROVOLSKI, VOLKOV et
PATSAÏEV, sur la Place Rouge. |
Cet accident est ressenti comme une véritable
tragédie, pas seulement dans le monde du spatial,
mais dans toute l'Union soviétique. Durant leur
mission, les cosmonautes avaient réalisé de
nombreuses émissions de télévision, et le public
avait appris à les connaître. Leur mort soudaine est
un énorme choc. Des funérailles nationales sont
organisées sur la Place Rouge, et une commission
d'enquête est nommée. Mstislav KELDICH en prend la
direction, et l'une de ses principales
recommandations est l'utilisation de scaphandres.
MICHINE et FEOKTISTOV rejettent cette idée, car cela
réduirait l'équipage à deux cosmonautes. Le 6 août
1971, le constructeur principal du TsKBEM rencontre
le maréchal OUSTINOV pour discuter du problème. Ce
dernier est catégorique : plus aucun cosmonaute
soviétique ne quittera la Terre sans scaphandre.
Le développement de ce dernier est lancé dès le mois
d'août 1971 à l'Usine 918 de Gaï SEVERINE. Les
ingénieurs choisissent de baser leurs recherches sur
la combinaison Sokol utilisée par les pilotes de
chasse volant à haute altitude. Le nouveau
scaphandre est baptisé Sokol-K (K pour « Космос
»,
Espace).

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Fig.
50 : Le scaphandre Sokol-K. |
Au TsKBEM, deux départements entiers planchent
sur la modification du 7K-T pour qu'il puisse
désormais être compatible avec les nouvelles
combinaisons. Les travaux sont longs et fastidieux.
Une nouvelle station DOS va bientôt être lancée, et
avant d'y envoyer des vaisseaux 7K-T modifiés,
Vassili MICHINE préfère en tester un lors d'un vol
automatique. Le 7K-T n°33L est ainsi mis en orbite
depuis Baïkonour le 26 juin 1972, un an après la
tragédie de Soyouz-11. Le vaisseau est baptisé
Cosmos 496 et effectue un vol de six jours au terme
duquel il revient sur Terre sans encombre. On note
au passage qu'au vu des péripéties du programme
lunaire, les vols d'essais du système d'amarrage
Kontakt ont été annulés. La deuxième station
DOS
doit être lancée en juillet 1972. Un 7K-T piloté y
sera envoyé fin août pour mener à bien une première
mission puis, en octobre 1972, un deuxième vaisseau
ira poursuivre les recherches. Mais ces plans ne
se réalisent pas. Le lancement de
DOS n°2 par une
fusée
Proton, le 29 juillet 1972, est un échec et
toutes les missions à son bord sont de facto
annulées. Comme deux vaisseaux 7K-T sont prêts à
être lancés, la Commission d'Etat décide d'aller de
l'avant et décide d'envoyer le vaisseau n°34 dans
l'Espace avec deux cosmonautes dès la fin du mois
d'août ou le début du mois de septembre 1972. Mais
au dernier moment, les membres de la Commission se
rendent compte qu'un tel vol ferait pâle figure en
comparaison des vols Apollo que les Etats-Unis
entreprennent. La dernière expédition lunaire,
Apollo XVII, doit en effet décoller en décembre
1972. Au dernier moment, l'idée est donc abandonnée.
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