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Début mars 1969, les Etats-Unis réalisent leurs
premiers essais pilotés de leur « Module lunaire » au
cours de la mission Apollo IX. Les tests sont un
grand succès, et il est clair qu'une mission vers
notre satellite naturel va intervenir d'ici peu.

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Fig.
41 : Le module lunaire « Spider » lors de ses
premiers essais en vol. |
La Commission d'Etat pour le programme Soyouz se
réunit le 25 avril 1969 pour statuer sur le
calendrier des prochains vols. La prochaine mission
aura lieu en août 1969 et fera intervenir non pas
deux mais trois vaisseaux. Les 7K-OK n°15 et n°16
s'amarreront pendant que le n°14 les filmera.
Ensuite, les vaisseaux n°17 et n°18 s'envoleront
en novembre 1969 et procèderont à un amarrage au
cours d'une mission de deux semaines. Ce plan de vol
sera réitéré en février-mars 1970 par les vaisseaux
n°19 et n°20.
En juillet 1969, tous ces projets son
soudainement mis en perspective avec l'exploit
historique que viennent de réaliser les Américains :
l'astronaute Neil ARMSTRONG vient de poser le pied
sur la Lune. L'Union soviétique est définitivement
battue dans la course qu'elle avait elle-même lancée
douze ans plus tôt en plaçant le premier satellite en orbite.

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Fig.
42 : L'empreinte d'un pas américain sur la Lune,
tout un symbole... |
La question se pose alors : faut-il effectuer la
mission à trois vaisseaux - surnommée Troïka - si
tôt après la prouesse américaine ? Cela mettrait en
lumière le retard soviétique dans le domaine spatial
et amènerait inévitablement des questions gênantes
sur la direction des ambitions de l'URSS.
Le 18 septembre 1969, SMIRNOV recommande à la
Commission Militaro-industrielle d'effectuer la
mission dès le mois d'octobre. Les trois vaisseaux
7K-OK sont livrés à Baïkonour et leur préparation
commence, mais de nombreux défauts sont détectés.
Personne n'a envie de prendre la responsabilité
d'autoriser le lancement, et la décision est confiée
directement au Politburo, le Bureau politique du
Comité central du Parti communiste.
Celui-ci se réunit le 30 septembre et finit par
approuver la mission. Le 7K-OK n°14 décolle de
Baïkonour le 11 octobre 1969. Baptisé Soyouz-6, il
est piloté par les cosmonautes
CHONINE et KOUBASSOV.
Soyouz-7 est lancé dès le lendemain, emportant trois
hommes dans l'Espace : FILIPTCHENKO, VOLKOV et
GORBATKO. Soyouz-8 est à son tour mis en orbite le
13 octobre; son équipage est constitué de CHATALOV
et
ELISSEÏEV, deux des cosmonautes de la mission
précédente.

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Fig.
43 : Décollage de Soyouz-8, le troisième et
dernier vaisseau de la mission « Troïka ». |
Plusieurs corrections d'orbite sont réalisées, et
le 14 octobre tout est prêt pour procéder à
l'amarrage. Les trois vaisseaux se rencontrent, et
Soyouz-7 commence à s'approcher de Soyouz-8, pendant
que Soyouz-6 se positionne pour observer la
manœuvre. Mais le système radar Igla ne fonctionne
pas correctement, et les vaisseaux ne parviennent
pas à s'approcher suffisamment l'un de l'autre pour
pouvoir enclencher le contrôle manuel. Pendant deux
jours, plusieurs tentatives sont réalisées, mais
aucune ne réussit. Soyouz-6 finit par revenir sur
Terre, et les deux autres vaisseaux essayent une
dernière fois d'accomplir leur mission, mais c'est
un nouvel échec. Ils atterrissent au Kazakhstan les
17 et 18 octobre 1969.

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Fig.
44 : ELISSEÏEV et CHATALOV près de Soyouz-8,
après leur atterrissage. |
La mission « Troïka » aura démontré que le vaisseau
Soyouz est désormais fiabilisé, mais il apparaît que
son système d'approche automatique (Igla) est son
point faible. Quelques jours après le retour sur
Terre des trois Soyouz, Leonid BREZHNEV prononce un
discours qui restera l'un des éléments fondateurs du
programme spatial soviétique. pour faire oublier le
cuisant échec du programme lunaire, le Premier
secrétaire du Parti communiste annonce que
l'objectif sera désormais de mettre en place des
stations en orbite terrestre et de mener à bien des
vols de très longues durées.
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