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Ainsi, le 13 janvier 1969, le cosmonaute Vladimir
CHATALOV embarque à bord du douzième vaisseau 7K-OK.
Mais pour la première fois dans l'histoire des vols
spatiaux habités soviétiques, le décollage est
ajourné de vingt-quatre heures. C'est donc le
lendemain que Soyouz-4 s'envole pour l'Espace.

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Fig.
37 : Décollage de Soyouz-4. |
La mise en orbite se passe normalement, et le feu
vert est donné pour le lancement du second vaisseau.
Soyouz-5 décolle de Baïkonour le 15 janvier 1969
avec à son bord les cosmonautes
VOLINOV,
ELISSEÏEV
et
KHROUNOV, qui effectuent tous leur premier vol
spatial.
Le lendemain, les deux vaisseaux se rencontrent
en orbite. Le système automatique Igla permet de
rapprocher suffisamment les deux engins, puis
VOLINOV et CHATALOV prennent les commandes manuelles
de leur Soyouz respectif, et ils réalisent le
premier amarrage de l'Histoire entre deux vaisseaux
habités !

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Fig.
38 : Vue d'artiste de Soyouz-4 et Soyouz-5 en
orbite. |
A bord de Soyouz-5,
KHROUNOV et
ELISSEÏEV
commencent alors à se préparer à sortir dans
l'Espace. Ils utilisent le module orbital comme un
sas puis, engoncés dans leurs scaphandres Yastreb,
ils rejoignent Soyouz-4. Près de quatre ans après
LEONOV, les Soviétiques réussissent une deuxième
sortie dans l'Espace. Le succès de ce transfert
consacre le programme Soyouz et ouvre la voie aux
missions lunaires.
Soyouz-4, maintenant habité par trois
cosmonautes, revient sur Terre sans incident le 17
janvier 1969.
VOLINOV, qui est le dernier occupant
de Soyouz-5, entame sa rentrée dans l'atmosphère le
lendemain, mais cette fois-ci la catastrophe est
évitée de justesse. L'allumage du moteur de freinage
se déroule normalement, mais le compartiment des
instruments ne se
sépare pas correctement du
compartiment
de descente (SA), qui ne peut donc pas se
positionner avec le bouclier thermique en avant.

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Fig.
39 : Vue d'artiste de la rentrée de Soyouz-5.
Image :
magazine « Newton », Tokyo. |
Pour les ingénieurs au sol, il est clair que
VOLINOV n'a que très peu de chance de s'en sortir.
Dans la cabine, de la fumée commence à apparaître,
et les réservoirs d'ergols se sont tous vidés quand
les moteurs ont essayé de corriger l'orientation du
vaisseau.
VOLINOV sait qu'il va bientôt mourir, et
il arrache les pages importantes de son journal de
bord pour les mettre en sécurité, afin qu'elles
puissent être récupérées après le crash. La mission
aura ainsi servit à quelque chose.
L'héroïque cosmonaute prend un magnétophone et
décrit calmement ce qu'il est en train de vivre,
toujours dans le soucis d'aider les ingénieurs qui
devront améliorer le prochain vaisseau. Dans le
compartiment des instruments, un réservoir d'ergols
est disloqué et enfonce au passage l'écoutille de la
cabine.

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Fig.
40 : Le colonel Boris VOLINOV. |
Mais finalement, les attaches qui liaient les
deux modules finissent par se consumer, et le SA
peut enfin s'orienter correctement. Mais
VOLINOV
n'est pas soulagé pour autant car le parachute ne
s'ouvre pas correctement. Le contact avec le sol est
si rude que le cosmonaute perd toutes les dents de
sa mâchoire supérieure. Mais il est en vie, et c'est
le principal.
Cette mission « 1+3 » aura donc été un succès
retentissant pour l'Union soviétique. Elle a permit
de rattraper beaucoup de retard en une seule fois.
Rendez-vous, amarrage et sortie dans l'Espace ont
été menés à bien exactement comme le plan de vol le
prévoyait. Si la rentrée de VOLINOV fut périlleuse,
elle aura tout de même montré l'extrême robustesse
du vaisseau Soyouz, qui a tenu le coup malgré le
terrible traitement qui lui a été infligé.
Au TsKBEM, on commence à planifier les missions
suivantes. Le 7K-OK n°14 sera utilisé pour un vol en
solitaire d'une semaine en avril-mai 1969, et les
deux suivants seront lancés ensembles en août ou
septembre 1969 pour s'amarrer en orbite.
De leur côté, les Forces aériennes (VVS) se
montrent de plus en plus intéressées par l'achat
d'une dizaine de 7K-OK. Cela leur permettrait de
conduire leurs propres expériences, en marge du
reste du programme spatial. Le 28 mars 1969, le
Maréchal ZAKHAROV, Chef d'Etat-major de l'Armée
Rouge, annonce qu'il est hors de question de se
lancer dans un tel programme.
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