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Le 9 novembre 1967, les Etats-Unis font un grand pas
en avant dans leur programme lunaire en réussissant
le premier tir de leur lanceur lourd Saturn V. C'est
sur cette fusée que reposent tous leurs espoirs de
conquête de la Lune.

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Fig.
28 : Décollage de la première fusée Saturn V, le
9 novembre 1967 (vol AS-501). |
En Union soviétique, tout le monde se réjouit de
l'avancée importante qui a été faite avec l'amarrage
de Cosmos 186 et Cosmos 188. La Commission d'Etat se
réunit le 15 novembre et décide de réitérer la
mission en mars-avril 1968. Si tout se passe selon
les prévisions, un vol piloté pourra avoir lieu en
mai-juin 1968.
Au début du mois de mars 1968, des problèmes sont
rencontrés avec le système de parachutes, qui ne
sera pas prêt avant mai. Un revers psychologique
intervient le 27 mars 1968 avec la mort de
Youri
GAGARINE. Ce matin là, le premier cosmonaute,
accompagné du colonel Vladimir SERIOGUINE, s'écrase
avec un avion MiG-15 lors d'un vol d'entraînement.

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Fig.
29 : Funérailles de Youri GAGARINE, sur la Place
Rouge. |
Malgré cette tragédie, les préparatifs du prochain
vol automatique vont bon train. Le vaisseau 7K-OK
n°8 décolle de Baïkonour le 14 avril 1968 sous
l'étiquette Cosmos 212. Il est rejoint en orbite
vingt-quatre heures plus tard par le 7K-OK n°7,
baptisé Cosmos 213. Les deux véhicules procèdent à
un amarrage parfait puis, pour la première fois, ils
reviennent sur Terre selon des trajectoires guidées
et sont récupérés ! Cette mission est un immense
succès et redonne confiance aux ingénieurs en leur
vaisseau.
La Commission Militaro-industrielle se réunit le 6
mai 1968 pour discuter de la suite du programme.
MICHINE pense qu'il serait bon de procéder à une
mission habitée, mais OUSTINOV préfèrerait effectuer
encore deux essais automatiques afin de s'assurer de
la fiabilité des parachutes et du système
d'éjection.

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Fig.
30 : Configuration originelle de la deuxième
mission habitée.
(schéma 1+3 avec transfert) |
Le 15 mai 1968, MICHINE propose de lancer deux
vaisseaux avec seulement deux cosmonautes chacun
(schéma « 2+2 »). Cela limiterait la masse des
capsules au retour et permettrait de limiter les
risques d'accident, étant donné que le système de
parachute de secours n'est toujours pas considéré
comme opérationnel. Aucun transfert de cosmonaute
n'aurait lieu au cours du vol, et les modules
orbitaux seraient juste dépressurisés pour vérifier
qu'ils sont capables de servir de sas.

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Fig.
31 : Configuration de la deuxième mission
habitée proposée par MICHINE le 15 mai 1968.
(schéma 2+2 sans transfert) |
Mais beaucoup de gens pensent qu'il serait idiot de
ne pas effectuer de transfert, car les cosmonautes
s'y entraînent depuis longtemps. De plus, sans cela,
la mission n'apporterait rien de vraiment nouveau.
Mais s'il n'y a que deux hommes dans chaque
vaisseau, un seul pourra être transféré. Le 17 mai
1968,
Boris VOLINOV enfile son scaphandre et essaye
de passer tout seul d'un vaisseau à l'autre, mais
l'opération s'avère impossible. De plus, il serait
bien trop dangereux que le commandant abandonne son
poste pour aller aider son camarade à sortir.
Une idée est alors proposée : lancer un vaisseau
avec trois cosmonautes et un autre avec un seul, et
transférer un unique membre d'équipage (schéma « 1+3
»). Les deux engins reviendraient ainsi sur
Terre avec deux cosmonautes chacun, et en plus le
cosmonaute transféré pourrait recevoir l'aide de
l'un de ses deux collègues.

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Fig.
32 : Autre configuration de la deuxième mission
habitée.
(schéma 1+3 avec transfert d'un seul cosmonaute) |
Mais cette idée n'arrive pas à convaincre, et
MICHINE reste sur son idée de départ de lancer deux
cosmonautes dans chaque vaisseau (2+2) sans
effectuer de transfert. Quelques jours plus tard, le
22 mai 1968, il change d'avis et propose maintenant
un schéma « 1+2 » avec transfert de l'un des
cosmonautes.

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Fig.
33 : Autre configuration de la deuxième mission
habitée.
(schéma 1+2 avec transfert) |
Mais le 28 mai,
Evgueni KHROUNOV tente à nouveau de
sortir tout seul d'un Soyouz, et comme
VOLINOV il
n'y parvient pas. Mais cela n'a pas d'importance,
car dès le 30 mai MICHINE propose encore une
nouvelle idée : un schéma « 0+1 ». Sur les deux
vaisseaux, un seul serait piloté, et par un unique
cosmonaute.
Lors d'une réunion de la Commission d'Etat du 10
juin 1968, le constructeur principal du TsKBEM
insiste pour qu'un nouveau vol automatique soit
réalisé, et ce afin de valider le système de
parachutes. Si l'essai est concluant, il n'y aura
plus de limitations de masse au retour et Soyouz
sera capable de revenir avec trois cosmonautes. On
pourra alors procéder à une double mission de type « 1+3
» avec transfert de deux membres d'équipage,
comme il était prévu au tout début.
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