Le 20 novembre 2008, la Station Spatiale Internationale fête son dixième anniversaire. C'est en effet le 20 novembre 1998 qu'un lanceur Proton-K a placé le premier module, Zaria, en orbite.

Fig. 23 : Décollage de Zaria, le 20 novembre 1998.

Les astronautes d'Endeavour commencent leur deuxième sortie dans l'Espace le 20 novembre 2008 à 17h58 GMT. Heidemarie STEFANYSHYN-PIPER et Shane KIMBROUGH se dirigent immédiatement vers le segment S1 pour accomplir leur première tâche : déplacer les deux CETA (Crew and Equipment Translation Aid).

Il s'agit de chariots de 282 kg permettant de déplacer certains matériels encombrants. Ils ont été amenés lors des mission STS-112 et STS-113, en 2002, et depuis tout ce temps ils sont disposés à droite du Mobile Transporter (MT).

Fig. 24 : Le CETA2, avant son lancement à bord de STS-113 en novembre 2002.

Or, lors de la prochaine mission de la navette (STS-119), le MT devra pouvoir aller jusqu'à l'extrémité de l'ITS pour participer à l'assemblage du dernier segment, le S6. Les CETA, comme ils sont placés, empêcheront le MT d'aller aussi loin, et il faut donc les déplacer de l'autre côté (bâbord).

Quand les astronautes arrivent sur place, ils sont rejoints par le bras Canadarm2 et KIMBROUGH s'y arrime au moyen d'un cale-pieds APFR (Articulating Portable Foot Restraint). Ils démontent ensuite tous les verrous qui retiennent le CETA1, puis KIMBROUGH le saisit et, à l'aide du bras, l'emmène sur le côté bâbord du MT.

STEFANYSHYN-PIPER le rejoint immédiatement et l'aide à arrimer le CETA. Quand l'opération est terminée, les deux astronautes reviennent du côté tribord et recommencent avec le CETA2.

Fig. 25 : KIMBROUGH transporte le CETA2, 20 novembre 2008.

KIMBROUGH se libère ensuite du Canadarm2 et il démonte l'APFR afin d'avoir accès à l'extrémité du bras. Sa mission est alors de lubrifier le LEE-A (Latching End Effector), le dispositif qui permet d'agripper les charges. Cette maintenance est nécessaire car, récemment,  le système a montré quelques difficultés à s'ouvrir et à se fermer. Or, à l'automne 2009, il sera utilisé pour saisir le ravitailleur japonais HTV.

Fig. 26 : Le LEE-A, vu de la caméra de casque de KIMBROUGH, 20 novembre 2008.

Pendant ce temps, STEFANYSHYN-PIPER retourne sur le S3 pour continuer à travailler sur le SARJ défaillant. Les ingénieurs de Houston ont commandé sa rotation afin que les TBA déjà changés se retrouvent sous les couvertures thermiques, qui ne sont pas faciles à enlever.

L'astronaute américaine démonte à nouveau les sections n°8, n°9 et n°10 de la couverture, et elle nettoie et lubrifie les anneaux de rotation. Elle installe ensuite le nouveau TBA-11, mais elle sert trop fort (couple de 16,3N.m au lieu de 5,15N.m) et les ingénieurs de Houston craignent qu'il soit endommagé. Dans le doute, ils ordonnent de le changer, et STEFANYSHYN-PIPER le démonte.

Fig. 27 : STEFANYSHYN-PIPER démonte le TBA-11 qu'elle a serré trop fort, 20 novembre 2008.
(vue de sa caméra de casque)

De son côté, KIMBROUGH a terminé son travail sur le LEE-A et il rejoint STEFANYSHYN-PIPER. Il démonte les sections n°4 et n°5 de la protection thermique et commence à son tour à nettoyer les anneaux.

Ensuite, les deux astronautes échangent leurs positions. STEFANYSHYN-PIPER part nettoyer les anneaux sous la section n°4 et KIMBROUGH vient procéder à l'installation d'un "nouveau" TBA-11 (c'est en fait un ancien, mais cela vaut toujours mieux que celui qui a été serré trop fort).

Fig. 28 : STEFANYSHYN-PIPER (à gauche) et KIMBROUGH travaillent
sur le SARJ du S3/S4, 20 novembre 2008.

STEFANYSHYN-PIPER, de son côté, installe un nouveau TBA-9 et un nouveau TBA-8. KIMBROUGH démonte les sections n°15 et n°16 de la protection thermique et démonte le
TBA-2 (sans le remplacer).

Mais les ingénieurs détectent un taux anormalement élevé de dioxyde de carbone dans le scaphandre de KIMBROUGH (environ 3,2%), et lui ordonnent de rentrer dans le sas. Sur le chemin du retour, il a également des problèmes avec sa liaison radio.

De toute façon, la sortie est quasiment terminée. STEFANYSHYN-PIPER rentre à son tour dans le sas et ferme l'écoutille à 00h43 GMT (le 21 novembre). La sortie aura duré 6h45.

Pendant qu'elle avait lieu, le cosmonaute Youri LONTCHAKOV a démonté le boîtier K2-VKA-01 du module Zaria pour l'installer dans Zvezda. Il fait partie du système d'amarrage Kours et avait montré une défaillance il y a quelques jours. Comme c'est sur Zvezda et Pirs que la plupart des vaisseaux viennent s'amarrer, le TsUP préfère que ce soit celle-là qui soit opérationnelle. Sur Zaria en revanche, le Kours-P n°2 (redondance) fonctionne normalement.

Le 21 novembre, à 17h10 GMT, une rehausse de l'orbite de la station est réalisée au moyen des moteurs d'Endeavour. Elle permet de gagner 2,2km d'altitude.

STEFANYSHYN-PIPER et BOWEN entament la troisième sortie de la mission STS-126 le 22 novembre 2008 à 18h01 GMT. Le seul et unique objectif est la maintenance du SARJ défaillant.

Fig. 29 : Stephen BOWEN, lors de la troisième sortie, 22 novembre 2008.

Dès qu'ils sont dehors, les astronautes se dirigent donc vers le S3 et commencent à démonter des sections de protection thermique. STEFANYSHYN-PIPER remplace les TBA 1, 2, 7 et 12, et BOWEN change le TBA-4. En revanche, il ne touche pas aux TBA 5 et 6, qui sont déjà propres.

La sortie se déroule sans incident et dure 6h57. Pendant ce temps, LONTCHAKOV continue de réparer le système Kours défaillant de Zvezda. Le TsUP procède à un test le 23 novembre, et tout se passe bien.

BOWEN et KIMBROUGH commencent la quatrième sortie de STS-126 le 24 novembre 2008 à 18h24 GMT. En premier lieu, ils se rendent sur le segment P3 afin d'effectuer une opération préventive complexe visant à éviter que le SARJ bâbord connaisse les mêmes difficultés que son homologue du S3.

Ils commencent par démonter les sections n°6, 7, 10, 11, 14 et 15 de la protection thermique. A leur grande surprise, ils constatent que les anneaux de protection sont déjà graissés ! Les ingénieurs pensent que cela provient d'une fuite de l'un des TBA.

Ensuite, BOWEN part sur le S3, de l'autre côté de l'ITS, pour nettoyer et remplacer le TBA-3, ce qu'il n'avait pas eu le temps de faire lors de la sortie précédente. Cela met un terme aux réparations du SARJ tribord.

Fig. 30 : Stephen BOWEN sur le segment S3, 24 novembre 2008.

Pendant ce temps, KIMBROUGH lubrifie les anneaux de rotation du SARJ bâbord. Il retourne ensuite dans le module Quest où il va récupérer une caméra vidéo (ETVCG, External Television Camera Group) qu'il va installer sur le segment P1. Elle servira à fournir des images du vaisseau japonais HTV lors de son arrivée en septembre 2009.

Pendant ce temps, les ingénieurs de Houston commandent la mise en rotation (180°) des panneaux solaires bâbord (P4 et P6). Cela permet d'étaler la graisse que KIMBROUGH a déjà appliquée et place l'autre moitié du SARJ devant l'ouverture de la protection thermique.

Quand la rotation est terminée, KIMBROUGH revient sur le P3 et lubrifie donc les zones qui sont maintenant visibles.

De son côté, BOWEN travaille de nouveau sur le module japonais Kibo. Il rétracte manuellement un verrou de l'EFBM qui avait refusé de le faire sur commande à distance. Ensuite, il remet en place la couverture thermique qu'il avait enlevé lors de la première sortie de la mission.

Fig. 31 : Stephen BOWEN sur le module Kibo, 24 novembre 2008.

Quand il a terminé, il monte au dessus de l'ELM-PS pour y installer deux antennes GPS qui seront utilisées par le HTV. Cependant, il n'en installe qu'une (la A), la B sera ramenée dans la station et installée ultérieurement. BOWEN rejoint ensuite KIMBROUGH sur le P3 pour l'aider à remettre en place la protection thermique du SARJ, qu'il a fini de lubrifier.

Le niveau de dioxyde de carbone dans le scaphandre de KIMBROUGH est un peu trop élevé, et Houston lui demande de revenir au sas. De là, il prend des photos de la section endommagée du radiateur photovoltaïque. BOWEN le rejoint peu de temps après. La dernière sortie de
STS-126, se termine à 00h31 GMT (le 25 novembre). Elle aura duré 6h07.

Fig. 32 : L'aile solaire tribord, lors du test du 26 novembre 2008.

Le 26 novembre, les ingénieurs de Houston procèdent à un essai du SARJ tribord. Pour la première fois depuis plus d'un an, ils le mettent en mode de poursuite automatique (Autotrack). Les panneaux solaires effectuent deux tours complets (720°) et le courant dans le moteur est relevé.

A la grande joie des ingénieurs, il est en moyenne de 0,17A, avec un maximum à 0,35A, ce qui est une très bonne nouvelle. Avant les réparations, le courant se situait entre 0,7A et 0,9A. L'aile solaire bâbord, quant à elle, est remise en mode Autotrack comme avant.

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