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La navette spatiale américaine Endeavour STS-126 décolle du Centre Spatial
Kennedy, en Floride, le 15 novembre 2008 à 00h55 GMT. Par le plus grand
des hasards, cette date est également le vingtième anniversaire du vol de la
navette spatiale soviétique Bourane.

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Fig. 10 : Décollage d'Endeavour
STS-126, le 15 novembre 2008. |
L'équipage est constitué du commandant Chris FERGUSON, du pilote Eric BOE et des
spécialistes de mission Donald PETTIT, Stephen BOWEN, Heidemarie
STEFANYSHYN-PIPER, Shane KIMBROUGH et Sandra MAGNUS.
Donald PETTIT avait déjà séjourné plusieurs mois sur la station lorsqu'il était
ingénieur de bord de l'équipage EO-06. Sandra MAGNUS, quant à elle, remplacera
Gregory CHAMITOFF au sein de EO-18.

Fig. 11 : Sandra MAGNUS, vue ici lors de son premier vol, en octobre 2002.
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La navette Endeavour emporte dans sa soute le module MPLM «
Leonardo », construit en Italie par Thales Alenia
Space, qui effectue son cinquième vol. Il contient 12,45 tonnes de matériel
destiné principalement à rendre la station capable d'accueillir un équipage
permanent de six cosmonautes.
L'un des autres objectifs prioritaires de la mission sera de procéder aux
réparations du système SARJ du segment S3, qui est tombé en panne en 2007. Le
SARJ permet la rotation des ailes solaires afin de les garder constamment en
direction du Soleil.

Fig. 12 : La navette spatiale Endeavour approche de la station.
Leonardo est bien visible dans la soute. |
Endeavour s'amarre au PMA-2 le 16 novembre 2008 à 22h01 GMT. Lors de sa
phase d'approche, elle a effectué la manœuvre RPM qui a permit à l'équipage de
la station de prendre des photos en haute résolution de la protection thermique
de la navette.
Quelques instants plus tard, les deux équipages se retrouvent. La couchette
Kazbek-UM de Gregory CHAMITOFF est démontée, et remplacée par celle de Sandra
MAGNUS. Celle-ci est dès lors intégrée à l'équipage EO-18.
Le MPLM est extrait de la soute d'Endeavour le lendemain de l'amarrage, le 17
novembre 2008, au moyen du bras Canadarm2 de la station manipulé par PETTIT et
KIMBROUGH. Il est arrimé au module Harmony à 18h02 GMT.

Fig. 13 : Leonardo est transféré de la soute d'Endeavour vers Harmony. |
Pendant ce temps, Youri LONTCHAKOV, qui est le seul Russe à bord en compagnie
de neuf Américains, déstocke le scaphandre de nouvelle génération Orlan-MK n°4
qui a été apporté par le vaisseau
Progress M-65.
Il vérifie également le bon état de la combinaison Sokol-KV-2 de Sandra MAGNUS.
La première sortie dans l'Espace de la mission STS-126 débute le 18 novembre
2008 à
18h09 GMT quand Heidemarie STEFANYSHYN-PIPER et Stephen BOWEN quittent le sas du
module Quest.
STEFANYSHYN-PIPER s'attache au bras Canadarm2 qui l'emmène sur la plate-forme
ESP-3. Là, elle récupère un vieux réservoir d'azote (NTA) laissé là par les
astronautes de la précédente mission (STS-124),
le 8 juin 2008. Aidé par BOWEN, l'astronaute américaine saisit le NTA et le porte jusqu'à la
soute d'Endeavour.

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Fig. 14 : STEFANYSHYN-PIPER avec le
NTA sur le Canadarm2, 18 novembre 2008. |
Pendant le transfert, BOWEN travaille sur le module Harmony, à proximité de la
pièce d'amarrage qui le relie à Endeavour (CBM). Il est chargé de démonter une
caméra vidéo et de refermer un clapet sur l'un des hublots du module.
Quand il a terminé, il va aider sa collègue à fixer le NTA sur le dispositif
LMC (Lightweight MPESS Carrier). Celui-ci, placé à l'arrière de la soute, permet d'accrocher des charges
relativement encombrantes. Lors du décollage, il servait à stocker le dispositif
FHRC, et à l'atterrissage il va ramener le NTA.

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Fig. 15 : Schémas du dispositif LMC
en configuration de lancement (à gauche)
et en configuration d'atterrissage (à droite). |
Les deux astronautes rencontrent quelques problèmes pour arrimer le réservoir,
mais ils finissent par y parvenir, et commencent alors à détacher
le FHRC (Flex Hose Rotary Coupler).

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Fig. 16 : STEFANYSHYN-PIPER arrive
dans la soute avec le NTA.
BOWEN l'y attend. On distingue bien le FHRC sur le LMC. |
Il s'agit d'un système permettant de distribuer l'ammoniac de refroidissement
dans les radiateurs photovoltaïques (PVR). Il sera positionné sur la plate-forme
de stockage ESP-3 afin de servir de pièce de rechange en cas de problème avec
celui qui est en place actuellement.
STEFANYSHYN-PIPER se saisit donc du FHRC et, toujours à l'aide du Canadarm2,
l'emmène sur l'ESP-3. Quand elle y arrive, BOWEN vient l'aider à le fixer.
Ensuite, les deux astronautes se séparent. BOWEN part travailler sur le
module japonais Kibo. Il ôte certaines protections du système
d'amarrage avant (EFBM, Exposed Facility Berthing Mechanism) en vue de
son inspection visuelle dans quelques jours. Cette pièce d'amarrage sera occupée
par le dernier élément de Kibo, la JEM-EF, dont l'installation est prévue en
2009 lors de STS-127.
Pendant ce temps, STEFANYSHYN-PIPER se rend sur le segment S3 pour procéder
aux premières réparations du dispositif SARJ. Il est principalement constitué de
deux anneaux métalliques mis en rotation l'un par rapport à l'autre. Les deux
anneaux sont reliés par des systèmes de roulement à billes appelés TBA.

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Fig. 17 : Schéma du SARJ montrant les
22 protections (CXX) et les 12 TBA.
Image
NasaSpaceFlight L2. |
Le SARJ est recouvert d'une protection thermique constituée de 22 sections.
La section n°7 avait déjà été ôtée précédemment, et STEFANYSHYN-PIPER enlève la
n°8 pour pouvoir travailler dessous. Elle a maintenant accès au TBA n°10, qu'elle démonte et stocke
dans un sac. Elle peut alors procéder au nettoyage de la zone du TBA.
Premièrement, elle va devoir utiliser un chiffon humide pour enlever les
débris et nettoyer les anneaux métalliques. Ensuite, elle utilisera un pistolet
à graisse pour lubrifier l'anneau outboard (celui fixé au S4).

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Fig. 18 : Le pistolet à graisse que
les astronautes utiliseront. |
Mais son pistolet fuit dans son sac, rependant de la graisse sur une caméra
et sur ses gants. Elle commence alors à se nettoyer, mais elle laisse s'échapper
son sac d'outils. Ce n'est pas très grave, car BOWEN pourra lui prêter les
siens.

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Fig. 19 : Le sac de Heidemarie
STEFANYSHYN-PIPER. |
D'ailleurs, il a maintenant terminé son travail sur Kibo et se dirige vers le
SARJ. Il effectue une opération similaire à celle que réalise STEFANYSHYN-PIPER
: il ôte les sections n°22 et n°1 de la protection thermique, puis il démonte le
TBA n°6 et nettoie son emplacement.

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Fig. 20 : BOWEN s'approche du SARJ. |
Quand les deux astronautes ont fini leur nettoyage, ils réinstallent de
nouveau TBA. STEFANYSHYN-PIPER démonte ensuite les sections n°9 et n°10 de la
protection thermique pour accéder au TBA n°11. Elle l'ôte, nettoie son
emplacement, mais n'en réinstalle pas de nouveau (ce sera fait lors de la
prochaine sortie).

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Fig. 21 : STEFANYSHYN-PIPER travaille
sur le SARJ
(vue depuis a caméra de casque de BOWEN). |
Comme les astronautes sont en avance sur leur programme, ils ont le temps
d'effectuer quelques tâches supplémentaires. Ils démontent une attache du SARJ
qui ne sert plus à rien depuis qu'il est en orbite (le SLR 4A, SARJ Launch
Restraint 4A).
Ensuite, BOWEN se rend sur le Z1 pour
récupérer un gros sac qui servira lors des prochaines sorties. Après cela, les
astronautes rentrent dans le module Quest à 01h01 GMT (le 19 novembre). Leur
sortie aura duré 6h52.
Pendant qu'ils étaient dehors, leurs collègues à l'intérieur du complexe
orbital n'ont pas chômé. Ils ont transféré de Leonardo vers la station deux
baies d'expériences (EXPRESS 6 et CIR), qui sont mises en place dans le
laboratoire Destiny, ainsi que les systèmes WRS et WHC et deux cabines
individuelles (Crew Quarters, CQ n°1 et n°3).

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Fig. 22 : Une cabine individuelle CQ,
similaire à celles qui sont installées par l'équipage de STS-126. |
Les CQ sont installés dans le module Destiny le 19 novembre. WRS (Water
Recovery System) est l'un des principaux composants du système de survie
américain. Il permettra de transformer les urines et les eaux usées en eau
potable. Le WHC (Waste and Hygiene Compartment)
est un nouveau WC.
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