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La navette spatiale américaine Discovery décolle de Cap Canaveral en Floride
le 15 mars 2009 à 23h43 GMT. Ce vol, STS-119 ou ISS-15A permettra d'ajouter le
dernier segment (S6) de la structure ITS.

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Fig. 51 : Décollage de Discovery
STS-119, 15 mars 2009. |
L'équipage est commandé par Lee ARCHAMBAULT. Il est composé du pilote Tony
ANTONELLI et des spécialistes de mission Joseph ACABA, Steve SWANSON, Richard
ARNOLD,
John PHILLIPS (qui était l'ingénieur
de bord de
MKS-11) et
Koichi WAKATA.
Ce dernier restera à bord de la station en tant que second ingénieur de bord
de MKS-18, en remplacement de Sandra MAGNUS qui reviendra sur Terre avec
Discovery.
La navette s'amarre au
PMA-2 le 17 mars 2009 à 21h19 GMT. Le complexe
est ensuite orienté au moyen des moteurs russes en mode -XVV afin de minimiser
le risque d'impact de micrométéorites sur la protection thermique de Discovery.

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Fig. 52 : Discovery approche de la
station, avec le S6 dans la soute, 17 mars 2009. |
L'équipage de la navette peut alors pénétrer dans la station, et
immédiatement après Koichi WAKATA transfère son siège Kazbek-UM dans le Soyouz
TMA-13, à la place de celui de MAGNUS qui est temporairement stocké dans le
module Kibo. WAKATA fait maintenant officiellement partie de MKS-18.
Le 18 mars, à 15h10 GMT, John PHILLIPS et Sandra MAGNUS commandent le bras
Canadarm2 pour saisir le S6 dans la soute de Discovery. Ils le soulèvent de
quelques mètres, puis s'arrêtent.
A bord de la navette, ANTONELLI et ACABA manœuvrent le bras SRMS pour venir
saisir le S6. Pendant ce temps, le Canadarm2 se repositionne de l'emplacement WS6 (sur
le segment P1) vers l'emplacement WS1 (sur le segment S1) au moyen du MT.

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Fig. 53 : Le bras Canadarm2 tient le
S6,
le SRMS s'en approche pour prendre le relais, 18 mars 2009. |
Quand le Canadarm2 est en place, le SRMS lui repasse le S6, et il reste
immobile jusqu'au lendemain. Pendant le transfert, WAKATA a essayé sa
combinaison Sokol-KV-2 et sa couchette Kazbek.
Le 19 mars 2009, alors que les astronautes Steve SWANSON et Richard
ARNOLD s'apprêtent à débuter la première sortie dans l'Espace de la mission, le
Canadarm2 place le S6 en vis-à-vis du S5, à environ 150cm de sa position
définitive.

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Fig. 54 : Le Canadarm2 place le S6
devant le S5, 19 mars 2009. |
SWANSON et ARNOLD quittent le sas du module Quest à 17h16 GMT et se dirigent
immédiatement vers le S5, où ils vérifient le bon positionnement du S6. Ils
donnent alors l'autorisation d'approcher le S6 à environ 30cm du S5, puis à 15cm.
Là, ils vérifient que l'alignement est correct, et le Canadarm2 approche le
S6 jusqu'au contact, qui a lieu à 18h17 GMT. Ils enclenchent alors un verrou et
vissent quatre boulons (RTAS, Rocketdyne Truss Attachment
System) qui solidarisent l'ensemble. Ils installent également quatre bandes
de mise à la terre.
Ils peuvent ensuite retirer le premier verrou qu'ils ont
installé et qui ne sert plus à rien maintenant. Ils connectent ensuite quatre
câbles électriques qui transmettront la puissance fournie par les panneaux
solaires. Pendant ce temps, le Canadarm2 relâche le S6, qui fait donc
officiellement partie du segment américain de la station.

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Fig. 55 : Richard ARNOLD, 19 mars 2009. |
Les deux astronautes partent ensuite chacun de leur côté.
ARNOLD va démonter les verrous qui maintiennent en place les containers renfermant les
panneaux solaires (SABB, Solar Array Blanket Box). Il y a quatre
SABB, deux par aile solaire, et elles sont déployées dès que ARNOLD les libère.
Pendant ce temps, SWANSON retire les sangles et les verrous qui maintiennent
en place le radiateur photovoltaïque (PVR, Photovoltaic Radiator) du S6.
Comme il est en avance sur le programme, il en profite pour ôter les verrous qui
retiennent les boucliers antimétéorites du S6.

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Fig. 56 : Steve SWANSON, 19 mars 2009. |
Sa prochaine tâche est de déverrouiller les deux BGA (Beta Gimbal
Assembly) du S6. Il s'agit des dispositifs qui permettent aux panneaux
solaires de tourner selon leur axe longitudinal. Il y en a deux, un par aile
solaire (1B et 3B).
SWANSON doit enlever les verrous, mettre les BGA en place, et ensuite
remettre les verrous pour les maintenir dans leur nouvelle position. Il y a
cependant un problème avec le BGA 3B quand l'un de ses quatre verrous refuse de
s'engager. Les ingénieurs pensent toutefois que cette situation n'est pas
dramatique.

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Fig. 57 : Vue du S6 avec les BGA 1B
et ses SABB déployés, 19 mars 2009. |
Les deux astronautes se retrouvent ensuite pour accomplir les dernières
activités de la sortie. Ils ôtent plusieurs protection thermique sur les
BGA et les jettent dans le vide.
Le centre de Houston commande ensuite le déploiement du PVR, puis les
astronautes reviennent vers le module Quest. Ils rentrent dans le sas et la
sortie se termine à 23h23 GMT, elle aura duré 6h07.

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Fig. 58 : Déploiement du PVR du S6, 19 mars 2009. |
Le lendemain, 20 mars 2009, le centre Johnson commande le déploiement de
l'aile solaire 1B à 15h55 GMT et de l'aile 3B à 17h20 GMT. Pour chaque aile
(SAW), la manœuvre se fait en deux étapes :
déploiement jusqu'à 49%, puis jusqu'à 100%.
La station dispose maintenant de la totalité de sa puissance électrique, avec
les quatre ailes solaires de la structure ITS opérationnelles.
Pendant ces opérations, FINCKE, LONTCHAKOV et WAKATA enfilent leurs
scaphandres Sokol et essayent leurs couchettes Kazbek dans le vaisseau
Soyouz TMA-13.

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Fig. 59 : ANTONELLI aide ACABA à se
préparer dans le module Quest, 21 mars 2009. |
Les astronautes SWANSON et ACABA débutent la deuxième sortie dans l'Espace de
STS-119 le 21 mars 2009 à 16h51 GMT. Ils se dirigent tout d'abord vers le
segment P6, sur le côté bâbord de l'ITS.
Le segment P6 comporte quatre ailes solaires qui permettent de fournir de la
puissance électrique à la station. Quand celle-ci est dans l'ombre de la Terre,
ce sont des batteries qui prennent le relai. Elles sont rechargées à chaque
passage de la station dans la zone éclairée.
Il y a douze batteries sur le P6, six par aile solaire. Les batteries 2B1A,
2B1B, 2B2A, 2B2B, 2B3A et 2B3B stockent l'électricité de l'aile 2B, et les
batteries 4B1A, 4B1B, 4B2A, 4B2B, 4B3A et 4B3B font de même pour l'aile 4B.
Chacune de ces batteries a une durée de vie de six ans et demi. Or, le P6 a
été amené en orbite en novembre 2000 lors de la mission STS-97, et elles ont
donc largement dépassé leur date de péremption. Les six batteries de l'aile 2B
vont être remplacées lors du vol
STS-127, et celles de l'aile 4B seront
remplacées lors de STS-132.
Chaque batterie est maintenue en place par deux boulons, appelés H1 et H2.
Pour s'assurer que les astronautes de
STS-127 ne rencontreront aucune difficulté
à changer les batteries de l'aile 2B, SWANSON et ACABA vont desserrer les douze
boulons, puis les remettre en place.

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Fig. 60 : SWANSON à la jonction entre
le S0 et le P1, 21 mars 2009. |
A 18h31 GMT, une alarme retentit dans la station, car les gyroscopes CMG sont saturés et
ne peuvent plus assurer le contrôle d'attitude, qui doit maintenant être pris en
charge par les moteurs de la navette Discovery. Le problème vient d'un mauvais
paramétrage du système, qui croyait que le MT était à l'emplacement WS4 alors
qu'il était au WS1.
Les deux hommes retournent ensuite dans le sas de Quest pour y prendre du
matériel, et ils se rendent en-dessous du segment P3. Là, ils doivent installer
une plate-forme appelée UCCAS (Unpressurized Cargo Carrier Attachment System), qui
permettra d'arrimer du matériel au P3 lors de futures missions.

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Fig. 61 : Schéma de l'UCCAS une fois
déployé. |
Ils rencontrent des problèmes avec une broche à diamètre ajustable (ADP,
Adjustable Diameter Pin), ce qui leur fait perdre du temps. Finalement, comme
ils ne parviennent pas à terminer le déploiement de l'UCCAS, Houston leur
demande de passer à la tâche suivante.
ACABA va photographier en infrarouge les radiateurs des segments P1 et S1, et
SWANSON part vers le module japonais Kibo. Il doit installer sur l'ELM-PS (aussi
appelé JLP) une
antenne GPS. Il repasse ensuite par le sas et monte sur le Z1 pour reconfigurer
un panneau de contrôle, mais il n'y parvient pas.

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Fig. 62 : L'antenne GPS installée sur
Kibo. |
Les deux astronautes retournent ensuite vers l'UCCAS. Comme il n'est pas
possible de le déployer complètement, ils l'attachent dans la position où il
est. Ils rentrent dans le sas et la sortie se termine sur ce bilan mitigé à
23h21 GMT. Elle a duré 6h30.
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