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La navette spatiale américaine
Discovery STS-124 décolle du Centre Spatial Kennedy,
en Floride, le 31 mai 2008 à 21h02 GMT, soit
exactement à l'heure et à la date prévues.
La mission est commandée par Mark KELLY, et le
pilote est Kenneth HAM. Les spécialistes de mission
sont Karen NYBERG,
Ronald GARAN, Michael FOSSUM, Akihiko HOSHIDE (Japon) et
Gregory CHAMITOFF (ce
dernier va remplacer Garrett REISMAN au sein de
l'équipage permanent MKS-17).

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Fig.
7 : Décollage de la navette Discovery STS-124. |
L'objectif principal de ce vol est
d'ajouter le laboratoire japonais Kibo, la plus
grosse charge ajoutée à ce jour à la station
spatiale internationale. Trois missions sont
nécessaires pour assembler totalement la structure
japonaise. La première a eu lieu en mars
2008 (STS-123) et a apporté le module ELM-PS. Ce
second vol apporte le laboratoire proprement dit,
appelé JPM, ainsi que le bras manipulateur JEMRMS.

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Fig.
8 : Le laboratoire Kibo à Cap Canaveral. |
Après un vol de deux jours,
Discovery s'amarre au
PMA-2 le 2 juin 2008 à 18h03 GMT. Quelques instants plus tard, le complexe
est orienté en mode -XVV de manière à minimiser le
risque d'impact de micrométéorites sur la protection
thermique (TPS) de la navette.

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Fig.
9 : Discovery s'approche de la station. Kibo est
bien visible dans la soute. |
L’équipage de Discovery pénètre dans la station et est accueilli
chaleureusement par VOLKOV, KONONIENKO et REISMAN. L’une des premières tâches
est d’échanger la couchette de REISMAN dans le vaisseau Soyouz TMA-12 avec celle
de CHAMITOFF, qui prend sa relève.
La première sortie dans l’Espace de STS-124 débute le 3 juin
2008 à 16h22 GMT. Les astronautes Michael FOSSUM et Ronald GARAN s’extraient
du sas du module Quest et partent chacun dans une direction. La première tâche
est de rapatrier l’extension OBSS de la station vers la navette (elle avait été
stockée temporairement sur la station lors de STS-123).
FOSSUM se charge tout d’abord d’aller ôter une cale qui retient
une caméra placée sur le coude du bras robotique RMS de Discovery. Pendant ce
temps, GARAN se rend sur le S1 où est stockée l’OBSS et retire les attaches qui
la maintiennent en position. Le bras Canadarm2 de la station saisit alors l’OBSS
et la passe au bras RMS de la navette.

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Fig.
10 : Ronald GARAN lors de la première sortie de
STS-124. |
Cela étant fait, les astronautes peuvent se consacrer à leur
seconde tâche : préparer l’installation du module japonais Kibo. FOSSUM part
inspecter la pièce d’amarrage du module Harmony (Active Common Berthing Mechanism) pour
vérifier qu’il est prêt à recevoir le nouveau laboratoire.
Les deux astronautes vont ensuite dans la soute de leur navette
pour préparer Kibo. Ils déconnectent le câble LTA (Launch to Activation)
qui permet de fournir de la puissance électrique au module avant qu’il ne soit
connecté au réseau de la station, puis ils ôtent la couverture de protection du
système d’amarrage PCBM. Ils se
chargent également de débloquer le volet de protection du hublot avant.
Ensuite, ils abandonnent Kibo pour se rendre au chevet du SARJ sur le S3/S4. Ce
système permet l’orientation de l’aile solaire tribord, mais il ne fonctionne
plus depuis la mi-2007. Il est construit autour de deux anneaux métalliques :
l'un (inboard) est fixé au S3, l'autre (outboard) au S4. Ces deux
anneaux sont soutenus par douze roulements à billes appelés TBA, et ils sont mis
en rotation par des moteurs électriques appelés DLA.

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Fig.
11 : Emplacement du SARJ sur le segment S3/S4. |
Au cours de précédentes sorties dans l'Espace, on a découvert que l'anneau
outboard était recouvert de débris métalliques qui l'empêchent de tourner.

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Fig.
12 : Les débris métalliques à l'origine des
problèmes du SARJ. |
Les TBA sont soupçonnés d'être à l'origine du phénomène de spalling qui
aurait généré ces éclats. Le TBA n°5 avait été démonté lors d'une sortie dans
l'Espace le 18 décembre 2007, et maintenant
GARAN a pour tâche d'en installer un nouveau à la place.

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Fig.
13 : Vue d'un roulement à billes TBA. |
Dans le même temps, FOSSUM inspecte l'anneau métallique outboard.
Malheureusement, les nouvelles ne sont pas bonnes : il observe la présence d'une
dépression sur la surface "Datum A" de l'anneau, et non pas un amoncellement de
débris. Si cela avait été le cas, on aurait pu envisager une opération de
nettoyage, mais maintenant c'est hors de question. L'astronaute essaie quand
même de racler la surface avec une spatule lubrifiée (les ingénieurs de Houston
pensaient que le lubrifiant faciliterait la collecte des éclats métalliques),
mais sans succès.

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Fig.
14 : La spatule avec laquelle FOSSUM tente de
nettoyer le SARJ. |
A l'intérieur de Discovery, les astronautes se préparent à extraire le module
Kibo de la soute. Le bras Canadarm2 le saisit et commence à le soulever en
direction du module Harmony. L'amarrage a lieu à 23h01 GMT. La station est alors
manœuvrée vers une nouvelle orientation d'équilibrage du couple (TEA, Torque
Equilibrium Attitude), et les boulons motorisés sont actionnés.

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Fig.
15 : Kibo est extrait de la soute de Discovery. |
Quelques instants plus tard, FOSSUM et GARAN rentrent dans le sas du module
Quest. La première sortie de STS-124 aura duré 6h48.
Le lendemain, 4 juin 2008, les astronautes s'apprêtent à pénétrer dans le
nouveau laboratoire japonais. HOSHIDE et NYBERG passent six heures dans le
vestibule à connecter des câbles électriques. Le centre spatial de Tsukuba
(TKSC) peut alors prendre le contrôle de son module et, à 21h09 GMT, HOSHIDE et
NYBERG ouvrent l'écoutille et entrent pour la première fois dans le laboratoire.

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Fig.
16 : KELLY et HOSHIDE dans le module Kibo, 4
juin 2008. |
Dans l'éventualité d'une contamination de l'atmosphère, ils portent des masques
et des gants, mais les ôtent rapidement au vu des résultats des mesures de
pureté. Ils installent ensuite la baie de contrôle du bras manipulateur JEMRMS,
qui était stockée dans l'ELM-PS, ainsi que deux extincteurs.
Pendant ce temps, Oleg KONONIENKO s'occupe de la réparation des toilettes. Il
passe environ deux heures à installer la nouvelle pompe pour le MNR-RS qui a été
livrée par Discovery. Il semblerait que la réparation tienne le coup.
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