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Le 13 décembre 2006, à 18h28 GMT, le
centre Johnson envoie au panneau gauche du P6 la
commande de rétractation. Tout se passe bien au
début, mais plus la manœuvre
avance, et plus le panneau a tendance à se froisser
(il est composé de 31 sections qui doivent se
replier l'une sur l'autre à la manière d'un
accordéon).
Devant ce problème, les ingénieurs
de Houston ne trouvent pas de meilleure solution que
de stopper la rétractation, de redéployer de
quelques centimètres, puis de reprendre la
rétractation. Mais le problème persiste, et ce
seront en tout 45 commandes de déploiement et de
rétractation qui seront envoyées ! Et au final,
seules 14 des 31 sections sont repliées. Mais cela
est suffisant pour permettre aux panneaux du P4 de
tourner.
Ainsi, le 14 décembre 2006, à
environ 01h00 GMT, Houston envoie la commande pour
activer le SARJ (Solar Alpha Rotary Joint;
c'est le système qui permet aux panneaux de
tourner). Celui-ci fonctionne parfaitement, et peu
avant 04h00 GMT, l'ordre est donné de laisser entrer
environ 130kg d'ammoniac dans les circuits de
refroidissement des radiateurs de la station et de
la structure transversale. Le système de
refroidissement pourra ainsi commencer à fonctionner
dès que les pompes seront activées. Après cela, les
astronautes vont se coucher; CURBEAM et FUGLESANG
passent une nouvelle nuit dans le module Quest.
Les deux hommes débutent leur
deuxième sortie le 14 décembre 2006
à 19h41 GMT. Avant cela, un
peu avant 18h00 GMT, les ingénieurs de Houston
avaient coupé environ la moitié des systèmes
électriques de la station, de manière à ce que les
manœuvres des
astronautes ne posent pas de problème, aux hommes
comme au matériel. En conséquence, le contrôle de
l'attitude de la station est transféré à la navette
Discovery. En effet, sans électricité, les
gyroscopes de la station ne peuvent assurer leur
tâche. L'orbiteur américain, lui, utilise ses petits
moteurs pour contrôler l'orientation du complexe.

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Fig.
14 : L'astronaute suédois Christer FUGLESANG
lors de la sortie du 14 décembre 2006. |
Le système électrique américain de
la station, dans son état actuel, comporte quatre
chaînes de puissance. La mission de CURBEAM et
FUGLESANG est d'en reconfigurer deux (la chaîne n°2
et la n°3) pour permettre à la puissance électrique
générée par les panneaux solaires du P4 d'alimenter
la station. Jusque là, en effet, ces panneaux
solaires n'étaient pas branchés et ne servaient à
rien.
La reconfiguration des deux chaînes
de puissance prend un peu moins de deux heures aux
deux astronautes. A 21h45 GMT, Houston redémarre
tous les systèmes qui avaient été arrêtés, et à
22h30 GMT les pompes du circuit de refroidissement à
l'ammoniac sont activées. En effet, à partir du
moment où le courant circule, il est urgent de
refroidir les structures.
CURBEAM et FUGLESANG ont une
autre tâche importante à effectuer : déplacer deux
charriots CETA du côté tribord de la station vers le côté
bâbord. Les CETA sont de petites palettes mobiles
qui peuvent se déplacer le long de la structure de
la station. A l'emplacement où elles sont
actuellement, elles gêneront le travail des
astronautes de la prochaine mission de la navette
(STS-117), et doivent donc être impérativement
déplacées.
Deux autres tâches secondaires sont
au programme : mettre en place une protection
thermique sur le bras Canadarm2 et préinstaller des
boîtes à outils pour les futures sorties dans
l'Espace. CURBEAM et FUGLESANG sont de retour dans
le module Quest à 00h41 GMT (le 15 décembre), soit
une heure plus tôt que prévu ! La sortie aura duré
exactement cinq heures et a été un succès total.
Un problème vient toutefois entacher
le déroulement des événements. Maintenant que le
système électrique de la station fonctionne à
nouveau, les ingénieurs de Houston veulent redonner
le contrôle d'attitude aux gyroscopes de la station.
Mais une défaillance technique empêche cette
manœuvre d'être effectuée. Par conséquent, c'est
toujours la navette Discovery qui est responsable du
contrôle d'attitude.
Le 15 décembre 2006, les astronautes
de la navette tentent encore de rétracter le panneau
solaire du P6, mais sans succès. Après plusieurs
manœuvres de déploiement-rétractation, la situation
est exactement la même qu'au départ : 14 des 31
sections sont rentrées, mais les 17 autres sont
bloquées. Le 16 décembre, une seconde tentative de
Houston de transférer le contrôle d'attitude de la
navette vers la station est une réussite. Il
semblerait que le problème était dû à une traînée
atmosphérique plus importante que prévu en raison
d'une intense activité solaire.
Le 16 décembre 2006, à 19h25
GMT, la troisième sortie dans l'Espace de la mission
commence. Cette fois-ci, Christer FUGLESANG a été
remplacé par l'Américaine Sunita WILLIAMS. Comme
l'avant-veille, la moitié de l'électricité de la
station a été coupée, pour permettre aux astronautes
d'effectuer leur mission.
La principale tâche de CURBEAM et
WILLIAMS est de reconfigurer les chaînes de
puissance n°1 et n°4, comme il avait été fait deux
jours plus tôt avec les n°2 et n°3. Cette opération
prend moins de deux heures, et à 21h18 GMT le centre
de Houston réactive la station. Le système
électrique est maintenant totalement opérationnel,
et la station est prête à recevoir ses quatre
panneaux solaires restant, ainsi que les nouveaux
modules scientifiques.

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Fig.
15 : CURBEAM (à gauche) et WILLIAMS lors de la
sortie du 16 décembre 2006. |
Mais avant de rentrer, CURBEAM et
WILLIAMS ont d'autres tâches à effectuer. Ils se
rendent dans la soute de la navette Discovery et
saisissent une structure sur laquelle ils fixent 17
plaques anti-débris de fabrication russe (des DPP,
qui seront installés par
MKS-15 en mai-juin 2007). Le
tout est surnommé "l'arbre de Noël" et est installé
sur le
PMA-3, en attendant que les cosmonautes de
MKS-15
viennent le chercher.
Les DPP avaient été acheminées sur la station lors
de la mission STS-111 de juin 2002.
De plus, les deux astronautes
américains doivent se diriger vers le module Unity,
à l'interface avec le segment russe de la station.
Là, leur tâche est de reconfigurer un circuit de
transmission, afin de permettre aux modules russes
de recevoir davantage de puissance électrique des
panneaux solaires américains.
Avant de rentrer, les astronautes
effectuent une tâche supplémentaires. Ils se
dirigent vers le panneau solaire du P6 qui refuse de
se rétracter et secouent un peu les mécanismes.
Simultanément, dans la station, l'équipage entame
des cycles de déploiement-rétractation. Le résultat
n'est pas si décevant : six sections supplémentaires
sont rentrées, et il n'en reste plus que onze.
CURBEAM et WILLIAMS sont de retour dans le module
Quest à 02h56 GMT, après avoir passé 7h31 dans
l'Espace.
Pendant la sortie, les responsables
américains ont décidé de prolonger de 24h la
mission de Discovery, afin de permettre à CURBEAM et
FUGLESANG d'effectuer une sortie dans l'Espace
supplémentaire pour essayer de rétracter
complètement le panneau solaire du P6, et de
récolter des informations qui pourront être utiles
aux astronautes de la prochaine mission lorsqu'ils
devront rétracter l'autre panneau.
Ainsi, le 18 décembre 2006, à 18h59
GMT, CURBEAM et FUGLESANG ouvrent l'écoutille de
Quest une quatrième fois. Ils se dirigent vers le
panneau solaire récalcitrant à l'aide du Canadarm2
et commence à essayer de faire rentrer les 11
sections restantes. A 00h34 GMT, le panneau est
complètement rétracté ! Les applaudissements éclatent
au centre de Houston... Pendant ce temps, les autres
membres de l'équipage de Discovery achèvent le
transfert d'environ deux tonnes de matériel vers la
station (en contrepartie, 1,5t ont été transférées
de la station vers la navette).
Le 19 décembre 2006, les deux
équipages se disent au revoir. Thomas REITER laisse
sa place à Sunita WILLIAMS, et la navette Discovery
se sépare de la station à 22h10 GMT. Elle atterrira
sans encombre le 22 décembre 2006 au centre spatial
Kennedy, à Cap Canaveral.

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Fig.
16 : La Station Spatiale Internationale après le
départ de Discovery STS-116. |
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