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Le 9 août, VINOGRADOV et REITER démontent le système
Kours-A du vaisseau Soyouz TMA-8. Le 11 août, le
cosmonaute allemand passe 4h30 à démonter les dix
détecteurs de fumée du module
Zaria, à les nettoyer
et à les remettre en place. Il consacre ensuite
environ une demi-heure à s'entraîner à prendre des
photos en prévision de l'arrivée de la navette
spatiale Atlantis le 29 août, qui effectuera comme
c'est maintenant l'habitude une manœuvre
de rotation pour présenter son bouclier thermique à
la station.
Le 15 août, les trois hommes ont une
vidéoconférence avec les équipages d'Atlantis et du
Soyouz TMA-9 qui viendra les relever en septembre.
Le 17 août, dans le module Zvezda, le commandant
VINOGRADOV installe des dispositifs destinés à
atténuer le bruit des ventilateurs des systèmes
d'air conditionné SKV-1 et SKV-2. Après leur mise en
place, WILLIAMS effectue des mesures de
l'environnement sonore du module et envoie ses
résultats au sol. Plus tard, VINOGRADOV installe un
troisième ordinateur de bord dans le module Zvezda :
le SSC-3 (Space Station Computer).
Le 22 août, le système Vozdoukh d'élimination du
dioxyde de carbone est volontairement arrêté pour
pouvoir tester l'efficacité de son équivalent
américain : le CDRA.
Le 23 août, à 16h04 GMT, les moteurs de
Progress M-56
sont allumés pendant 543s pour rehausser
l'orbite de la station de 3,97km, qui a maintenant
les paramètres suivants : 343km x 357km x 51,65°. Cette nouvelle orbite
permettra d'accueillir Atlantis et Soyouz.
Le 24 août, REITER remplace un
Bloc 800A
(le n°6) dans le module
Zaria. L'ancien exemplaire
sera abandonné dans le vaisseau
Progress M-56.
Ensuite, REITER et VINOGRADOV passent près de huit
heures à charger
Progress M-56
avec leurs déchets et
le matériel usagé. Le soir du 24 août, Vozdoukh est
remis en fonctionnement. Il résulte de l'essai que
le système américain CDRA ne fonctionne pas aussi
bien qu'il le devrait. Le 25 août, la foudre s'abat sur le pas de tir de la
navette Atlantis, reportant le décollage de quelques
jours. De plus, le cyclone Ernesto s'approche
dangereusement de Cap Canaveral.
Le 28 août, les ergols restants dans les
réservoirs de
Progress M-56
sont transférés dans
ceux de
Zaria. Le lendemain, VINOGRADOV, WILLIAMS et
REITER passent cinq heures à charger le vieux cargo
avec du matériel usagé et des déchets. Un peu plus
tard dans la journée du 29 août, une fuite de
liquide de refroidissement (triol) est repérée dans
le module
Pirs. Par mesure de précaution, le circuit
de refroidissement du module a été interrompu.
Pendant ce temps,
Progress M-56
est utilisé pour
réinjecter de l'oxygène dans l'atmosphère de la
station (bien que l'Elektron soit toujours en
fonctionnement). Le 30 août, REITER continue de
charger
Progress M-56
tandis que VINOGRADOV décharge
Progress M-57.
Le 31 août est le jour du 53ème
anniversaire de Pavel VINOGRADOV. A cette occasion,
les membres de la direction de la RKK Energuia, à
laquelle le cosmonaute appartient, se sont réunis au
TsUP et Nikolaï SEVASTIANOV, le patron d'Energuia,
congratule personnellement VINOGRADOV par radio. Ce
même 31 août, le Centre Johnson envoie à l'équipage
ses instructions pour réparer le CDRA, qui avait
montré quelques faiblesses de fonctionnement lors du
test de la semaine précédente.
Le 4 septembre, bien que le système Elektron
fonctionne correctement, l'atmosphère de la station
est enrichi en oxygène à partir des réservoirs de
Progress M-57 (ceux de
Progress M-56
sont maintenant
vides). Le 5 septembre, VINOGRADOV et REITER
continuent de charger
Progress M-56; de plus, le
commandant commence à préparer les matériels qu'il
ramènera au sol avec lui à bord de Soyouz TMA-8.
Rappelons que le retour sur Terre est prévu pour le
28 septembre, c'est à dire dans un peu plus de trois
semaines. D'ailleurs, le 5 septembre, VINOGRADOV et
WILLIAMS enfilent leurs combinaisons Sokol-KV-2 et
montent dans le vaisseau Soyouz pour vérifier que
les couchettes Kazbek sont convenablement réglées à
leur taille.
Le 6 septembre, VINOGRADOV remplace une unité de
séparation liquide-gaz du système SRV-K2M (c'est le
système qui récupère la condensation pour en faire
de l'eau liquide potable). Le lendemain, le
cosmonaute russe répare la petite fuite de triol qui
avait été détectée dans le module
Pirs.
Plus tard
dans la journée, les ingénieurs du TsUP testent à
distance le système
Kours-P du module Zvezda, afin
de vérifier son bon fonctionnement en vue de
l'arrivée prochaine de Soyouz TMA-9. Le 8 septembre,
VINOGRADOV et WILLIAMS passent encore deux heures à
emballer les affaires qu'ils ramèneront sur Terre
avec eux.
Le 9 septembre 2006, à 15h15 GMT, la navette
spatiale américaine Atlantis décolle du Centre
Spatial Kennedy en Floride. La mise en orbite se
passe sans incident. L'engin s'amarre au
PMA-2 du
module Destiny le 11 septembre 2006 à 10h48
GMT, après avoir effectué une manœuvre de RPM qui a
permis aux cosmonautes de la station de
photographier le bouclier thermique de l'orbiteur,
afin de détecter d'éventuelles fissures.

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Fig.
19 : Atlantis s'approche de la station. |
Après l'amarrage, les astronautes américains
FERGUSON et BURBANK sortent les poutres P3/P4 de la
soute d'Atlantis. Les écoutilles sont ouvertes à
12h30 GMT, et les deux équipages se retrouvent.
Ensuite, le Canadien Steven McLEAN et Jeffrey
WILLIAMS utilisent le bras Canadarm2 pour saisir le
P3/P4 et le positionner à l'extrémité de la poutre
P1. Là, quatre boulons automatiques solidarisent le
nouvel élément. On note au passage que McLEAN est le
premier Canadien à manipuler le Canadarm2.

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Fig.
20 : Ces dessins montrent l'installation du
P3/P4 par Atlantis.
Il est extrait de la soute avec le RMS, puis est
fixé à l'extrémité du P1 avec le Canadarm2. |
Le 12 septembre, les astronautes Joe TANNER et
Heide STEFANYSHYN-PIPER réalisent la première sortie
dans l'Espace de la mission depuis le module Quest
(ils y avaient passé la nuit pour se préparer au
changement d'atmosphère).
La première tâche de TANNER est de connecter des
câbles électriques reliant le P3 au P1. Dès que cela
est fait, le centre de Houston
active le P3/P4 et vérifie que tout fonctionne bien.
Ensuite, les deux Américains ôtent les dispositifs
d'immobilisation des panneaux solaires qui n'étaient
utiles que pendant le lancement.

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Fig.
21 : Joseph TANNER lors de la première sortie. |
Tous les objectifs sont remplis au bout de
seulement trois heures et demi de travail, et les
astronautes commencent d'autres tâches prévues à
l'origine pour la deuxième sortie, comme le
démontage d'autres protections qui ne sont plus
requises maintenant que les poutres sont en orbite.
TANNER et STEFANYSHYN-PIPER rentrent dans la station
après six heures et trente-six minutes passées à
l'extérieur.
Dès le 13 septembre, la deuxième sortie a lieu
avec BURBANK et McLEAN. Ils se chargent d'ôter des
protections sur le Joint Rotatif des Panneaux
Solaires (SARJ, Solar Alpha Rotary Joint) du
P4. Le SARJ est un dispositif qui permettra aux
panneaux solaires de tourner, et ainsi de rester
alignés sur le Soleil. Cette opération devait
occuper les astronautes pendant six heures, mais
comme elles avaient été commencées lors de la
première sortie, ils leur reste beaucoup de temps
pour effectuer d'autres tâches.

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Fig.
22 : McLEAN et BURBANK lors de la deuxième
sortie. |
Ils commencent donc à préparer la structure P3/P4
à recevoir le Mobile Transporter (MT). La
sortie dure au total sept heures et onze minutes.
Quand les astronautes sont en sécurité à bord de la
station, le JSC active le SARJ et se livre à
plusieurs essais pour en vérifier le bon
fonctionnement.
Le 14 septembre est un grand jour dans l'histoire
de la station, car c'est celui où le JSC de Houston
procède au déploiement des panneaux solaires géants
(35m de long) de la structure P4.

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Fig.
23 : Déploiement du nouveau panneau solaire. |
Un incident survient dans la nuit du
14 au 15 septembre quand, en prévision de leur
seconde sortie, TANNER et STEFANYSHYN-PIPER dorment
dans le module Quest, fermé hermétiquement.
Un disjoncteur RPC (Remote Power
Controller) est activé par erreur, et la pompe
de dépressurisation du module Quest subit une perte
de puissance. Comme cette pompe est nécessaire pour
pouvoir effectuer la sortie, il est important de la
réparer. TANNER et STEFANYSHYN-PIPER quittent le
module et partent terminer leur nuit dans le module
Unity, équipés de masques respiratoires. Les autres
membres d'équipage se chargent de reconnecter le RPC
et de réactiver la pompe.
La troisième sortie commence donc le
15 septembre avec 45 minutes de retard à cause de
cet incident. TANNER se dirige vers la poutre P6
pour travailler sur son BGA (Beta Gimbal Assembly,
le dispositif qui permet aux panneaux solaires de
s'orienter selon l'axe longitudinal). Le but de la
manœuvre et d'installer
huit cales sur des boulons, afin d'éviter que ces
derniers puissent à la longue se dévisser.
De plus, il met en place une autre
cale, destiné à une charnière du P6. L'installation
avait déjà été tentée par les astronautes de la
navette spatiale Endeavour STS-97 en décembre 2000,
mais elle avait échoué. Cette fois-ci, TANNER
atteint son objectif.
Pendant ce temps, STEFANYSHYN-PIPER
récupère l'expérience MISSE-5, qui avait été
installée lors de la mission STS-114 en août 2005.
La suite des opérations se déroule sur le P4. Les
astronautes retirent des sangles qui retenaient le
PVR (Photovoltaic Radiator), ce qui permettra
ensuite de le déployer.
Ensuite, sur la poutre P3, TANNER et
STEFANYSHYN-PIPER libèrent le chemin qu'empruntera
le MT. La dernière opération est le remplacement
d'une antenne (S-band Antenna Support Assembly,
SASA) sur la poutre S1. L'antenne de rechange est,
quant à elle, entreposée sur la poutre Z1. La SASA
défaillante est attachée temporairement et sera
ramenée sur Terre lors d'une future mission.
Les deux astronautes rentrent
ensuite dans le module Quest; leur sortie aura duré
six heures et quarante-six minutes.
Une fois les astronautes en
sécurité, le PVR est déployé et le MT est positionné
sur le P3. Le 17 septembre, à 12h50 GMT, la navette
Atlantis se sépare de la station. Pendant 45
minutes, elle effectue un survol d'inspection de la
station. C'est la première fois depuis quatre ans
(mission STS-112) qu'une telle manœuvre
est réalisée. Les astronautes américains prennent de
nombreuses photos du complexe orbital qui vient de
s'agrandir.

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Fig.
24 : La Station Spatiale Internationale
photographiée avant
l'amarrage (gauche) et après la séparation
(droite). |
VINOGRADOV, WILLIAMS et REITER se retrouvent à
nouveau seuls à bord de la station, mais ce n'est
pas pour longtemps : l'équipage de relève doit en
effet décoller dès le lendemain !
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