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Le 26 juillet 2005 à 14h39 GMT, la navette Discovery
décolle du Centre Spatial Kennedy en Floride. A
première vue, tout se passe bien, mais après
analyses, les ingénieurs américains s'aperçoivent
que, lors du lancement, des morceaux de l'isolant du
réservoir externe se sont détachés. Heureusement,
ils n'ont pas heurté l'orbiteur et le scénario qui
avait abouti à la destruction de Columbia deux ans
et demi plus tôt ne s'est pas reproduit.
Il
n'empêche, par précaution, les responsables de la
NASA décident d'ajourner tous les futurs vols de la
navette jusqu'à ce que le problème de l'isolant soit
réglé. Atlantis STS-121 ne décollera donc
probablement pas en septembre.

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Fig.
7 : Décollage de la navette Discovery STS-114. |
En attendant, Discovery entame son voyage vers la
Station Spatiale Internationale. L'équipage est
composé du commandant Eileen COLLINS, du pilote Jim
KELLY et des spécialistes de mission Stephen ROBINSON,
Andrew THOMAS, Wendy LAWRENCE, Charlie CAMARDA et
Soichi NOGUCHI (Japon). Il s'agit du premier vol de
la navette américaine depuis la catastrophe de
Columbia en février 2003. En outre, il s'agit de la
première visite que la navette rend à la station
depuis la mission STS-113 d'Endeavour en novembre
2002.
Dans la matinée du 28 juillet 2005,
Discovery arrive en vue de la station. Alors qu'elle
n'en est plus qu'à environ 200m, elle
effectue la première RPM (R-bar Pitch
Maneuver) de l'histoire du programme. La RPM
consiste en une rotation en tangage que l'orbiteur
réalise avant son amarrage, de façon à ce que
l'équipage de la station puisse photographier le
bouclier thermique, ce à quoi KRIKALIOV et PHILLIPS
s'attèlent durant 93s.
Après cela, Discovery continue son approche et à
11h18 GMT elle s'amarre au
PMA-2 du module Destiny.
Deux minutes avant la jonction, les gyroscopes CMG
du système américain de contrôle d'orientation sont
arrêtés et la station est laissée "à la dérive", de
manière à éviter un conflit entre le système de
contrôle d'attitude de Discovery et celui de la
station. Les CMG sont réactivés peu de temps après
l'amarrage.

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Fig.
8 : Discovery s'approche de la station. |
Les écoutilles séparant Discovery de la station
sont ouvertes à 12h54 GMT, et les astronautes de la
navette reçoivent immédiatement quelques consignes
de sécurité de la part de KRIKALIOV et PHILLIPS.
Ensuite, PHILLIPS assiste KELLY et LAWRENCE pour
extraire l'OBSS (Orbiter Boom Sensor System)
de la soute de l'orbiteur à l'aide du bras Canadarm2
de la station.
L'OBSS est un prolongement du bras RMS de la
navette qui permet d'accéder au dessous de
l'orbiteur pour observer le bouclier thermique. Au
décollage, l'OBSS est fixé dans la soute est les
astronautes manipulent le RMS pour l'accrocher. Mais
quand la navette est amarrée à la station, le RMS ne
peut plus accéder à l'OBSS, et c'est pourquoi le
bras Canadarm2 doit être utilisé. Dans un premier
temps, les astronautes américains saisissent l'OBSS
à l'aide du Canadarm2, puis ils le "passent" au RMS
de la navette.
Le 29 juillet, peu après 08h00 GMT, PHILLIPS utilise le bras Canadarm2 pour sortir le
MPLM Raffaello de la soute de Discovery. Il l'arrime
ensuite au module Unity, et les écoutilles donnant
accès à Raffaello sont ouvertes vers 13h00 GMT.
Ensuite, à 14h30 GMT, l'écoutille du
PMA-2
séparant Discovery de la station est fermée
hermétiquement, de manière à pouvoir dépressuriser
la cabine de l'orbiteur jusqu'à 10,2psi en vue de
la sortie dans l'Espace du lendemain. Cette mesure
fait partie de la procédure américaine; elle permet
de purger l'azote du sang des astronautes avant
qu'ils ne sortent dans l'Espace.
Le 30 juillet, les responsables américains
décident de prolonger la mission de Discovery d'une
journée. Le temps supplémentaire sera mis à profit
pour décharger davantage de vivres et de matériels
sur la station, au cas (probable) où le lancement
d'Atlantis ne pourrait avoir lieu comme prévu en
septembre.
Cette même journée, les astronautes NOGUCHI et
ROBINSON mènent à bien leur première sortie dans
l'Espace depuis le sas de Discovery. Ils testent des
techniques de réparation du bouclier thermique et
remettent en fonctionnement l'alimentation
électrique du CMG-2, situé sur l'élément Z1. A
l'heure actuelle, la station dispose de deux
gyroscopes en fonctionnement (CMG-2 et -4), et ce
sont eux qui assurent désormais le contrôle de
l'attitude de l'ensemble navette-station.

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Fig.
9 : ROBINSON et NOGUCHI dans la soute de
Discovery lors de la première sortie. |
Le 1er août, NOGUCHI et ROBINSON réalisent leur
deuxième sortie dans l'Espace. Dès leur sortie du
sas de Discovery, ils se dirigent vers l'élément Z1,
retirent le gyroscope CMG-1 et le ramènent dans la
soute de la navette. Ils se munissent d'un gyroscope
de remplacement et retournent sur le Z1, où ils
procèdent à son installation. L'opération dure
environ sept heures et est un succès. La station
dispose dorénavant de trois gyroscopes en
fonctionnement. Le dernier (CMG-3) est toujours
opérationnel, mais ne sera redémarré qu'après le
départ de Discovery.
Le 3 août, NOGUCHI et ROBINSON effectuent leur
troisième et dernière sortie dans l'Espace, au cours
de laquelle ils installent la plate-forme
ESP-2 sur le module américain
Quest. Deux jours plus tard, le 5 août, le MPLM
Raffaello est séparé de la station et ramené dans la
soute de la navette grâce au bras Canadarm2. Le
lendemain (6 août), Discovery se sépare de la
station à 07h24 GMT. La navette américaine atterrit
le 9 août sur la base d'Edwards en Californie.
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