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La onzième mission d'occupation de la Station
Spatiale Internationale est la première à avoir été
mise sur pied après la perte de la navette spatiale
américaine Columbia, le 1er février 2003. En effet,
les missions MKS-7, MKS-8, MKS-9 et
MKS-10 avaient
été prévues avant l'accident et avaient dues être
modifiées pour pouvoir satisfaire aux nouvelles
contraintes (changement de moyen de lancement,
réduction de la taille des équipages, etc.).
En juin 2002, John PHILLIPS, Sergueï KRIKALIOV et
Sergueï VOLKOV sont nommés pour former l'équipage de
réserve de la mission MKS-7. Le Dr. PHILLIPS se voit
également confier le poste d'ingénieur de bord de
l'équipage principal de la mission
MKS-10. Mais la
perte de Columbia va perturber tout ces projets. Les
équipages sont réduits à deux personnes jusqu'à ce
que la navette américaine reprenne du service, et
KRIKALIOV, PHILLIPS et VOLKOV sont remplacés par
KALIERI et FOALE.

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Fig.
1 : Destruction de la navette Columbia, en
février 2003. |
A la place, les trois hommes forment l'équipage
principale de la prochaine mission qui décollera à
bord de la navette américaine (comme la date du
retour en vol n'est pas encore fixée, cette mission
ne reçoit pas de numéro pour l'instant).
Mais plus le temps passe, et plus il devient
évident que la navette ne pourra pas revoler avant
très longtemps. Il est donc décidé de donner la
mission MKS-11 à la paire KRIKALIOV-PHILLIPS. Sergueï
VOLKOV, quant à lui, sera assigné à un vol
ultérieur.
Le 23 novembre 2004, la NASA annonce
officiellement que ce sont KRIKALIOV et PHILLIPS qui
mèneront à bien la onzième mission. Ils décolleront
à bord du vaisseau Soyouz TMA-6 en avril 2005 et
prendront la relève de Leroy CHIAO et du colonel
Salizhan CHARIPOV, qui seront à bord de la station
depuis le mois d'octobre 2004 (mission
MKS-10). C'est
Mikhaïl TIOURINE et Daniel TANI qui sont nommés
suppléants de KRIKALIOV et PHILLIPS.
Reste encore à désigner un troisième homme pour
occuper la place libre dans le vaisseau Soyouz TMA.
Dès le mois d'août 2004, on apprend auprès de
l'Agence Spatiale Européenne (ESA) que les
négociations en vue d'un vol italien vont bon train.
Et en effet, le 4 novembre 2004, on apprend de
sources russes que le major Roberto VITTORI, de
l'armée de l'air italienne, est sélectionné pour
mener à bien la huitième mission de visite (EP-8),
dénommée Enéide.
De manière inhabituelle, le
suppléant de VITTORI est un cosmonaute qui n'est pas
issu d'un pays membre de l'ESA; il s'agit Robert
THIRSK, de l'Agence Spatiale Canadienne.
La date de lancement est fixée : KRIKALIOV,
PHILLIPS et VITTORI décolleront de Baïkonour le 15
avril 2005.

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Fig.
2 : VITTORI, KRIKALIOV et PHILLIPS. |
En Russie, les préparatifs s'intensifient. Le 12
février 2005, le vaisseau Soyouz TMA-6 arrive à
Baïkonour et est installé dans le MIK. Les 2 et 3
mars, KRIKALIOV, PHILLIPS, TIOURINE et TANI se
rendent au siège de la RKK Energuia, à Koroliov près
de Moscou, pour y suivre des séances d'entraînement
à la manipulation des expériences Matriochka et
RadioSkaf. Ensuite, le 4 mars, c'est au tour de
VITTORI et THIRSK de s'exercer chez la RKK Energuia,
cette fois à l'emploi de certains appareils photo,
caméras vidéos et postes de radioamateur. Suite à
cela, les équipages retournent au TsPK pour y
poursuivre leur entraînement. Le 16 mars, les
ingénieurs en poste au cosmodrome de Baïkonour
commencent la préparation finale du Soyouz TMA-6.
Dans le courant du mois de mars 2005, on apprend
que le cosmonaute européen d'origine allemande
Thomas REITER va effectuer le premier vol de longue
durée européen à bord de la station. Il décollera en
juillet à bord d'Atlantis STS-121, le deuxième vol
de navette après la perte de Columbia. Après le
départ d'Atlantis il restera à bord de la station en
tant que troisième membre de l'équipage MKS-11.
Pendant que les officiels négocient les modalités
du vol de REITER, l'équipage MKS-11 continue de se
préparer alors qu'il voit la date du lancement se
rapprocher. Le 3 avril, les six cosmonautes prennent
l'avion pour Baïkonour. Dès le lendemain, ils
procèdent à la vérification de leurs scaphandres
Sokol-KV-2 et de leurs sièges personnalisés. Ils
répondent aussi à quelques questions des
journalistes, puis sont transportés jusqu'au MIK, où
ils peuvent voir pour la première fois leur vaisseau
Soyouz TMA-6.

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Fig.
3 : Préparation du vaisseau Soyouz TMA-6 dans la
zone n°254. |
Ils reprennent ensuite l'avion pour le TsPK. Plus
tard dans la journée, les directeurs techniques se
réunissent et décident de procéder au remplissage
des réservoirs du vaisseau. Le Soyouz est alors
emmené en train jusqu'à la station de remplissage.
L'opération intervient dès le lendemain (5 avril).
Le 6 avril, le vaisseau est ramené au MIK pour y
poursuivre sa préparation. Le 7 avril, il est arrimé
à la pièce de jonction du lanceur. Le 8 avril, les
ingénieurs de la RKK Energuia procèdent à son
inspection générale et autorisent la mise en place
de la coiffe du lanceur.
Le 9 avril, les équipages arrivent en avion sur
le cosmodrome de Baïkonour. Dès le lendemain, ils
inspectent leur vaisseau dans le MIK. Le 11 avril,
le Soyouz TMA-6 est transporté par voie ferrée vers
la zone n°112 pour y être intégré au lanceur. Le 12
avril, jour de la Cosmonautique, les différents
éléments du lanceur sont assemblés. Le 13 avril, le
lanceur est emmené sur le pas de tir n°5.
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