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Comme on l'a dit plus haut, trois des huit sections
de l'isolation thermique du module de descente de
Soyouz TM-9 se sont partiellement détachées lors du
lancement. SOLOVIOV et BALANDINE vont devoir
procéder aux réparations lors d'une sortie dans
l'Espace pour laquelle ils n'ont pas du tout été
préparés. Pour combler ce manque d'entraînement, le
TsUP leur a fait parvenir des cassettes vidéos
montrant les manœuvres à effectuer. Dans un
premier temps, ils doivent ramener le vaisseau
endommagé sur le port frontal afin de le rendre plus
accessible. Le 3 juillet 1990, à 22h08 GMT,
ils se séparent du module Kvant, font le tour de la
station, et s'amarrent à l'avant à 22h34 GMT.
Le plan du TsUP pour atteindre le vaisseau est le
suivant : les cosmonautes vont sortir du sas de
Kvant-2 en prenant avec eux une échelle de 7m de
long (apportée par Kristal) qu'ils vont utiliser
pour passer de Kvant-2 au Soyouz. Cette échelle leur
permettra ensuite de s'accrocher au vaisseau, qui
n'a pas été conçu pour subir des interventions dans
l'Espace.
Il aurait certes été plus simple d'utiliser le
nœud de jonction comme un sas, comme cela a déjà été
fait par le passé, mais les cosmonautes auraient
alors dû passer par le compartiment orbital du
vaisseau Soyouz, et celui-ci est parsemé d'antennes
pointues qui leur auraient fait courir un trop grand
risque.

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Fig.
8 : Schéma du trajet à effectuer avec l'échelle,
du sas jusqu'au Soyouz. |
Le 17 juillet 1990, SOLOVIOV et BALANDINE
enfilent leurs scaphandres. Le commandant porte le
Orlan-DMA n°12, et l'ingénieur de bord le Orlan-DMA
n°8. La procédure d'ouverture du sas est la suivante
:
- Baisser la pression jusqu'à ce qu'elle soit
presque nulle,
- Entrouvrir l'écoutille de 1 ou 2mm à l'aide
d'une manivelle de façon à laisser l'air
résiduel s'échapper; un loquet la maintien dans
cette position,
- Contrôler la pression à l'aide d'un manomètre
manuel,
- Si le manomètre indique une pression nulle (ou
négligeable), procéder à l'ouverture complète de
l'écoutille.
Or, quand BALANDINE ouvre l'écoutille de quelques
millimètres, la pression à l'intérieur du sas est
encore de 5kPa. Le loquet censé retenir la porte
lâche, et celle-ci s'ouvre très brusquement (force
de 4kN), au point de forcer les charnières
au-delà de leurs limites. Selon I. VOSTRIKOV du KB
Saliout, qui a construit le module Kvant-2,
l'équipage n'a pas respecté la procédure. D'autres
diront que le manomètre était défectueux.
Mais sur le coup, les cosmonautes ne perçoivent
pas la gravité de la situation et se lancent dans
leur programme de réparation. BALANDINE sort du sas
en premier, suivi par SOLOVIOV. Se déplacer tout le
long de Kvant-2 s'avère particulièrement difficile,
surtout avec l'échelle à transporter. Ils utilisent
des mousquetons semblables à ceux utilisés en
alpinisme pour s'attacher à des poignées au fur et à
mesure qu'ils avancent. A chaque nuit orbitale ils
s'arrêtent pour reprendre des forces et ne pas
risquer de déchirer leurs scaphandres. Après
quatre-vingt-dix minutes ils finissent par atteindre
la base du module et commencent à installer
l'échelle.

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Fig.
9 : L'un des cosmonautes se déplace le long de
Kvant-2 lors de la sortie du 17 juillet 1990. |
Cette tâche se révèle plus complexe qu'escompté,
et il faut trois heures aux cosmonautes pour y
parvenir. Quand ils arrivent enfin sur le
compartiment de descente de leur vaisseau, ils
utilisent une caméra pour filmer son état. Les
images seront envoyées ultérieurement au TsUP. Comme
les ingénieurs le pensaient, l'exposition aux
conditions thermiques extrêmes n'a pas endommagé la
structure du vaisseau, et le bouclier thermique et
les boulons explosifs ont l'air en parfait état.
Ils inspectent ensuite les morceaux d'isolation,
mais constatent que comme ils se sont déchirés, ils
ne sont plus assez longs pour pouvoir être fixés à
leur point d'attache. Il est donc décidé de les
plier et de les attacher sur le compartiment
orbital, de façon à être sûr qu'ils ne gêneront pas
les capteurs lors de la désorbitation.
Cela fonctionne pour deux des trois sections,
mais la dernière est tellement déchirée qu'il est
impossible de la plier convenablement. Le TsUP
affirme que ce n'est pas très grave, car étant donné
son emplacement elle ne peut pas gêner les capteurs
du vaisseau. Les cosmonautes la laissent donc en
l'état.

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Fig.
10 : L'un des cosmonautes travaille sur le
vaisseau Soyouz TM-9. |
Cinq heures se sont déjà écoulées depuis le début
de la sortie, et les cosmonautes doivent maintenant
rentrer. Ils n'ont plus le temps de démonter
l'échelle et la laissent donc en place. Ils devront
faire une nouvelle sortie pour venir la récupérer
ultérieurement.
Comme le temps presse, ils n'ont pas le temps de
se reposer lors des périodes de nuits orbitales.
Leurs lampes de poche sont leur seul moyen d'éviter
les obstacles et de fixer leurs mousquetons aux
poignées de sécurité. Ils parviennent finalement à
rentrer dans le sas, mais ils s'aperçoivent que
l'écoutille ne peut plus être refermée ! Ils ont bon
tirer dessus de toutes leurs forces, quelques
millimètres restent à parcourir.
La limite de sécurité de six heures des
scaphandres Orlan-DMA est dépassée et les deux
hommes doivent trouver très rapidement une solution.
Ils décident de s'enfoncer plus loin dans Kvant-2 et
d'utiliser le compartiment intermédiaire du module
comme sas de secours. Le vrai sas, quant à lui, est
abandonné au vide spatial.
La première sortie de SOLOVIOV et BALANDINE aura
finalement duré 7h16. Il s'agit d'un record pour les
Russes qui reste toujours inégalé.
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