Suite au succès de la sortie du 26 janvier, qui a vu l'installation du point d'attache de l'UPMK, la voie est maintenant ouverte pour les essais de ce "fauteuil de l'Espace". Construit par la NPP Zvezda, il s'agit d'un système totalement autonome de sortie dans l'Espace. Il a la forme d'un gros sac à dos muni de deux accoudoirs qui permettent au cosmonaute de se diriger en contrôlant plusieurs petits moteurs.

Fig. 8 : Illustration montrant la configuration de l'UPMK.

VIKTORENKO et SEREBROV se sont entraînés pendant de nombreuses années à la manipulation de l'UPMK, et ces essais seront sans nul doute le point d'orgue de leur mission. Le 1er février 1990 ils enfilent leurs scaphandres Orlan-DMA (n°12 pour le commandant, n°8 pour l'ingénieur de bord). C'est à Aleksandr SEREBROV que revient l'honneur du premier essai. Il s'arrime solidement à l'UPMK, puis le sas est dépressurisé.

Un incident va toutefois troubler les essais : le satellite-relais Altaïr ne peut remplir sa mission car il ne peut s'orienter suite à une panne de ses gyroscopes. Les cosmonautes ne pourront donc essayer l'UPMK que quand ils seront dans une zone de visibilité de l'Union soviétique, soit pendant des périodes de 2 minutes et 15 secondes.

Les cosmonautes commencent à s'extraire du sas, et SEREBROV s'installe sur le point d'attache, tourné vers la station et dos à l'Espace. Par mesure de sécurité, il restera attaché à Mir par un câble de 60 m de long fixé sur un treuil, et VIKTORENKO, qui reste au niveau de l'écoutille du sas, se tient prêt à le ramener à l'aide d'une manivelle, au cas où.

SEREBROV commence par s'éloigner de 5 m, puis revient. Il recommence cette prudente manœuvre à deux reprises puis, lors de l'orbite suivante, il s'éloigne de Mir jusqu'à une distance de 33 m. Il effectue alors un certain nombre de translations et de rotations, puis revient vers le point d'attache. Alors qu'il s'en approche, il se rend compte qu'il n'est pas exactement en face et il doit ajuster sa trajectoire. Le câble de sécurité le fait alors osciller comme un pendule.

Fig. 9 : Aleksandr SEREBROV lors du premier essai de l'UPMK, le 1er février 1990.

Les deux cosmonautes rentrent ensuite dans le sas. La sortie aura duré 4h59, et l'UPMK a volé librement pendant une durée totale de 40 minutes. Sur Terre, Mikhaïl GORBATCHEV propose d'abolir l'article 6 de la Constitution de l'Union soviétique, celui qui donne le pouvoir au Parti Communiste. L'Histoire est en marche.

Les cosmonautes réalisent un nouvel essai de l'UPMK le 5 février 1990. Cette fois, c'est Aleksandr VIKTORENKO qui testera l'engin, filmé par SEREBROV. Ils profitent de l'occasion pour fixer sur l'UPMK un instrument scientifique appelé Spin-6000, destiné à mesurer les radiations dans le voisinage de la station. Pour ce second essai, le satellite Altaïr fonctionne correctement. Les deux hommes portent les mêmes scaphandres que précédemment.

VIKTORENKO commence par s'éloigner de 45 m, toujours relié par le câble de 60 m. Il effectue un tonneau, puis revient. Il doit demander l'aide de SEREBROV pour s'arrimer au point d'attache car le Spin-6000 cache sa vue. La sortie se termine au bout de 3h45, le test de l'UPMK ayant duré 93 minutes.