Le 14 juillet 1972, le TsKBEM subit une grande réorganisation et se retrouve divisé en six unités s'occupant chacune de l'un des grands programmes en cours. C'est tout naturellement Youri SEMIONOV qui prend en charge les stations DOS.

Le lancement du second exemplaire approche à grands pas. La Commission d'Etat l'a en effet fixé pour la fin du mois de juillet 1972. Ensuite, le premier équipage (LEONOV - KOUBASSOV) partira durant la dernière semaine d'août.

Mais le sort en décide autrement. DOS-7K n°2 (17K n°122) décolle le 29 juillet 1972 au sommet d'un lanceur Proton-K, mais un problème avec les moteurs du deuxième étage met fin prématurément au vol. La deuxième station spatiale de l'histoire s'écrase dans la steppe du Kazakhstan. Après les déboires de la N1, la mission ratée de Soyouz-10 et la tragédie de Soyouz-11, c'est un nouveau coup dur pour le programme spatial soviétique.

Un peu plus tard, MICHINE envisage d'envoyer un vaisseau Soyouz pour un vol en solitaire, mais cette idée est rapidement abandonnée.

Les Etats-Unis prévoient de lancer leur station Skylab à la fin du mois d'avril 1973, et il semble impératif à OUSTINOV de les devancer. C'est dans cet objectif qu'il est prévu de lancer la prochaine station DOS fin 1972 ou début 1973. Mais pour être sûr de frapper un grand coup, OUSTINOV veut lancer la première station militaire Almaz au cours de la même période. L'Union soviétique se retrouverait ainsi avec deux stations orbitales opérationnelles simultanément, de quoi impressionner l'Occident qui n'a toujours lancé aucune station.

En octobre 1972, Leonid BREZHNEV décide personnellement de d'abord Almaz, puis DOS n°3. Ainsi, en janvier 1973, les deux stations sont à Baïkonour, ce qui cause quelques problèmes techniques car certains matériels sont communs à DOS et à Almaz.

Finalement, le 3 avril 1973, la première station orbitale militaire Almaz du TsKBM est placée en orbite par un lanceur Proton-K. De manière à cacher au monde sa véritable nature, elle est officiellement baptisée Saliout-2.

Fig. 14 : La première station Almaz, Saliout-2, à Baïkonour.

Mais tout ne se passe pas comme prévu : dès le 15 avril 1973, le contact est perdu avec la station, et elle doit être abandonnée. De leur côté, les Américains fixent le lancement de leur Skylab pour le 14 mai 1973.

Le TsKBEM est prié par BREZHNEV de mettre DOS n°3 en orbite avant cette date. Les techniciens travaillent d'arrache pieds à Baïkonour pour satisfaire cette exigence, et à la fin avril la Commission d'Etat fixe le décollage au 8 mai, soit avec six jours d'avance sur Skylab. Mais peu avant le lancement, un problème technique avec le lanceur Proton-K conduit à un report de trois jours.

C'est finalement le 11 mai 1973 que la station DOS-7K n°3 (17K n°123) est mise en orbite. Elle a reçu de nombreuses améliorations par rapport aux deux DOS qui l'ont précédé, notamment au niveau des panneaux solaires. Mais dès les premières orbites, le contrôle de la station est totalement perdu et il apparaît immédiatement qu'elle ne pourra pas être exploitée. pour cacher ce nouvel échec au public, la troisième DOS est baptisée Cosmos 557.

Au TsKBEM, c'est la consternation. Une commission d'enquête est mise sur pieds, avec la participation du KGB qui commence à soupçonner qu'il pourrait y avoir sabotage. Plusieurs hauts responsables sont congédiés, dont TREGOUB. Les échecs de Saliout-2 et de Cosmos 557 deviennent encore plus amers quand les Etats-Unis lancent leur première station orbitale Skylab le 14 mai 1973, le jour même où devait décoller le premier équipage vers DOS n°3. L'Union soviétique est désormais dominée par l'Amérique aussi bien sur la Lune qu'en orbite terrestre.

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