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Maintenant qu'il est devenu clair qu'il n'y aura pas
de station soviétique en orbite en 1973, MICHINE
décide de planifier plusieurs vols autonomes du
vaisseau Soyouz afin d'en vérifier le bon
fonctionnement. En effet, un seul vaisseau a volé
depuis la catastrophe de Soyouz-11, et de nombreux
systèmes restent à tester. Jusque là, le planning
imposé par le Kremlin était beaucoup trop serré,
mais les échecs à répétition des stations civiles et
militaires donnent suffisamment de temps au TsKBEM
pour mener à bien quelques missions d'essai. Pendant ce
temps, les Etats-Unis font des progrès. En mai 1973,
un équipage américain occupe la station Skylab
durant vingt-huit jours, un record.
Le 15 juin 1973, un Soyouz inhabité (Cosmos
573) est mis en orbite et effectue une mission
couronnée de succès. Ensuite, en septembre 1973, le
vaisseau Soyouz-12 piloté par LAZAREV et MAKAROV
marque le retour en vol des cosmonautes soviétiques.
Cette fois, pour prévenir tout risque de
dépressurisation, les deux hommes sont équipés du
scaphandre Sokol-K.

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Fig.
15 : Les cosmonautes de Soyouz-12 et le général
KERIMOV. |
En juillet 1973, les Américains
envoient une deuxième équipe visiter le Skylab; sa
mission durera cinquante-neuf jours, pulvérisant le
record de la plus longue mission spatiale. Mais
cette performance sera rapidement battue par la
troisième équipe. Elle débute en effet le 16
novembre 1973 une mission qui ne se terminera
qu'après quatre-vingt quatre jours !

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Fig.
16 : L'astronaute américain Jack LOUSMA à bord
de la station Skylab. |
Du côté soviétique, un nouveau Soyouz inhabité est mis en orbite
le 30
novembre 1973 (il est baptisé Cosmos 613), puis la mission Soyouz-13
de KLIMOUK et LEBEDEV est menée à bien au mois de
décembre. Elle dure un peu moins de huit jours et redonne un peu de confiance aux
ingénieurs soviétiques.
En février 1974, les Etats-Unis cessent toute
activité avec leur Skylab. On ne le sait pas encore,
mais il faudra attendre 1995 pour qu'un astronaute
américain mette à nouveau les pieds à bord d'une
station orbitale. On se doute encore moins que
celle-ci sera russe !
Mais revenons en 1974. Au mois d'avril, au TsKBEM, les travaux sur
la quatrième station DOS sont presque terminés et
une cinquième est en cours de
construction. Cette dernière appartient à la
troisième génération des DOS : sa grande nouveauté
réside dans le fait qu'elle possède deux ports
d'amarrage. Cela offre non seulement la possibilité
d'effectuer des relèves d'équipages et ainsi
d'occuper l'Espace de manière permanente, mais
aussi de recevoir les nouveaux vaisseaux
ravitailleurs inhabités 7K-TG (les futurs Progress)
que MICHINE est en train de préparer. En mai 1974,
le secteur spatial soviétique connaît sa plus
importante réorganisation depuis sa création quand
le TsKBEM est associé à d'autres bureaux d'études,
dont le KB EnergoMach de Valentin GLOUCHKO, pour
former la NPO Energuia. C'est justement GLOUCHKO,
l'ancien ennemi de KOROLIOV, qui est placé à la tête
de la nouvelle entité. Une nouvelle
tentative soviétique dans le domaine des stations
orbitales est réalisée en juin 1974 par le TsKBM de TCHELOMEÏ
qui place correctement en orbite la
deuxième Almaz, qui reçoit le nom de Saliout-3.
Quelques semaines plus tard, les cosmonautes de
Soyouz-14 POPOVITCH et ARTIOUKHINE habitent à bord
durant quatorze jours, réalisant ainsi la première
occupation totalement réussie d'une station
soviétique. Une deuxième mission vers Saliout-3 est
lancée en août 1974. A bord de Soyouz-15, SARAFANOV
et DEMINE ne rencontrent pas de problème pour
rejoindre la station, mais à l'instar de leurs
camarades de Soyouz-10 trois ans plus tôt, ils ne
parviennent pas à s'y amarrer et doivent retourner
sur Terre. Malgré cet échec, le programme spatial
habité de l'URSS a repris bien des couleurs avec les
succès de Soyouz-12, Soyouz-13, Soyouz-14 et Saliout-3. L'avenir commence donc à
s'éclaircir un peu pour les stations civiles du
programme DOS. |