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La NPO PM avait depuis plusieurs
années anticipé la demande gouvernementale de
satellites à durée de vie augmentée, et avait ainsi
entrepris de démarrer leur mise au point. Ainsi, dès
le mois de décembre 2001, quatre mois après la
publication de l'arrêté n°587, un engin amélioré,
baptisé Cosmos 2382, est mis en orbite (il ne s'agit
pas encore d'un Ouragan-M, mais d'un Ouragan 11F654
modifié). On notera qu'à partir de l'an 2000, la
Russie a pris l'habitude de lancer un triplet de
satellites par an. Le tir de 2002 emporte trois
Ouragan de première génération, et celui de 2003
permet de placer sur orbite le premier Ouragan-M :
Cosmos 2404 !

Les Ouragan-M sont conçus autour des
mêmes systèmes et sous-systèmes que les Ouragan
11F654. Leurs dimensions sont les mêmes, mais leur
masse est légèrement augmentée (1 415 kg). La
précision des horloges atomiques est améliorée :
elle est passée à 10^(-13) s. En conséquence, les
utilisateurs peuvent se localiser avec une précision
de 20 m dans le plan horizontal, 30 m en altitude et
5 cm/s en vitesse. La précision du signal temporel
est toujours de 0,7 microsecondes.
Mais le principal avantage des
Ouragan-M sur leurs prédécesseurs est leur durée de
vie, qui a été portée à sept années! Ils peuvent
être lancés par grappes de trois sur des
Proton-M/Briz-M, mais pour plus de souplesse il a
été prévu de pouvoir les lancer à l'unité sur des
Soyouz-2/Fregat. Cela dit, tous les Ouragan-M mis en
orbite à ce jour ont été embarqués avec un ou deux
Ouragan 11F654 à bord de Proton-K/Bloc DM.
En novembre 2003, une nouvelle étape
du programme GLONASS est franchie : celle de la
coopération. Une déclaration d'intention est signée
entre l'Agence Spatiale Russe (Rosaviakosmos) et
l'Organisation Indienne pour la Recherche Spatiale
(ISRO) pour étudier la possibilité de mettre en
orbite certains satellites de prochaine génération
(Ouragan-K) au moyen de lanceurs indiens. Il faut
dire que l'Inde s'était déjà dite intéressée par
GLONASS en novembre 2000. En décembre 2004, à
l'occasion du salon SAKS-2004, on apprend que ces
lancements seraient gratuits : la Russie ne paierait
que le transport des satellites en Inde et leur
préparation au tir. Les Indiens auraient en échange
le droit d'utiliser le système GLONASS, y compris à
des fins militaires.
Quelques semaines après cette
annonce, un nouveau lancement a lieu : il permet de
placer sur orbite deux Ouragan 11F654 et un
Ouragan-M.
Au cours de l'année 2005, il semble
que les plus hautes autorités russes aient porté un
grand intérêt au programme. Ainsi, le 15 novembre
2005, le général Anatoli PERMINOV, directeur de
l'Agence Spatiale Fédérale (Roskosmos) est convoqué
au Kremlin par le Président Vladimir POUTINE. Les
conversations portent précisément sur GLONASS.
PERMINOV explique au Président toute l'importance
que revêt le programme pour la nation russe, tant
sur les plans économique que militaire. Le 25
décembre 2005, un lanceur Proton-K place sur orbite
deux nouveaux Ouragan-M, ainsi que le dernier
Ouragan 11F654. La constellation compte désormais 17
satellites. Le lendemain du tir, le Président
POUTINE annonce ses plans : GLONASS devra compter 18
satellites opérationnels en 2007, et il devra être
parfaitement complété (24 satellites) en 2008. De
plus, les applications civiles devront être
développées. On peut légitimement penser que ces
annonces sont en partie motivées par le fait que
l'Europe a lancé quelques semaines auparavant son
premier satellite de navigation (réseau Galileo).
A la mi-mars 2006, le Premier
Ministre Mikhaïl FRADKOV est en visite officielle en
Inde, et en profite pour signer deux accords
concernant les satellites Ouragan-K et leurs
lancements par des fusées indiennes. Le 21 mars,
PERMINOV et le Ministre de la Défense Sergueï IVANOV
se rendent à Zheleznogorsk. On apprend à cette
occasion que Roskosmos prévoit toujours de disposer
de 18 satellites opérationnels en 2007, ce qui
permettra d'avoir une couverture sur tout le
territoire russe. En 2009, la constellation sera
complète et le GLONASS pourra s'étendre au monde
entier, et ainsi concurrencer réellement les
systèmes Galileo et GPS. D'autant plus qu'à la fin
2006, il est prévu de donner libre accès aux civils
à la bande de précision supérieure.
L'annexe
1 présente l'état actuel de la constellation. On
peut voir que les plans 1 et 3 sont remplis, mais le
deuxième est totalement vide. D'autre part, l'annexe
2 fournit une liste exhaustive de tous les tirs
réalisés dans le cadre du programme GLONASS. |