Au début des années 1980 est définie la "Phase I" du programme. Elle va consister à placer douze satellites en orbite, disposés sur deux plans (six sur l'un, et six sur l'autre).

Le 12 octobre 1982, un lanceur Proton-K emporte le premier satellite Ouragan, Cosmos 1413, qui commence à émettre trois jours plus tard. Les ingénieurs de la NPO PM étudient son comportement pendant plusieurs mois. En août 1983, deux nouveaux Ouragan sont mis en orbite. D'autres tirs doubles ont lieu en décembre 1983, en mai 1984, en septembre 1984 et en mai 1985. Lors de ce dernier, l'un des deux satellites est le premier exemplaire d'une version améliorée (parfois appelée Bloc IIa) ayant une durée de vie légèrement plus longue et une fréquence d'émission plus stable. A partir de cette date, tous les Ouragan lancés seront des Bloc IIa.

Mais en fait, seuls deux nouveaux tirs ont lieu (en décembre 1985 et septembre 1986) avant que n'apparaisse une version encore plus performante. L'Ouragan "Bloc IIb" a une durée de vie de deux ans (deux fois plus que la version de base Bloc I). Quatre lancements sont entrepris entre avril 1987 et mai 1988, mais deux d'entre eux sont des échecs. A ce jour, ce sont les deux seuls qu'a connu le programme GLONASS. Il faut noter que depuis septembre 1986, tous les tirs emmènent des triplets de satellites.

En septembre 1988, un nouveau lancement permet de mettre sur orbite les trois premiers exemplaires de l'ultime version des Ouragan (Bloc IIv), dont la durée de vie a été portée à trois années. Les tirs s'enchaînent alors à un rythme de plus en plus soutenu, car ils doivent non seulement occuper de nouvelles positions orbitales, mais aussi remplacer les satellites en fin de vie. En 1991, l'Union soviétique s'écroule. Le GLONASS devient la propriété de la Fédération de Russie. Le vol du mois d'avril 1991 marque l'accomplissement de la Phase I. A cette date, en effet, la constellation est constituée de quatorze satellites (sept sur un plan, et sept sur un autre; les objectifs de la Phase I ont été revus à la hausse).

La Phase II, dont l'objectif est de compléter la constellation (8 satellites sur chacun des trois plans), est alors lancée. Elle devrait être achevée en 1995, année où le système GLONASS pourra entrer en service opérationnel. A ce stade, il faut remarquer que les Soviétiques rattrapent leur retard sur les Américains. Ces derniers ont en effet lancé leur premier satellite GPS en juillet 1974, et ils prévoient de ne pouvoir commencer à utiliser le système avant au minimum 1990 (capacité partielle seulement).

En URSS, les lancements reprennent en janvier 1992. Ensuite, entre cette date et le mois de septembre 1993, neuf satellites sont lancés, et huit arrivent en fin de vie; la constellation compte donc 15 satellites opérationnels. Le 24 septembre 1993, le Président Boris ELTSINE signe le décret n°658 RPS qui place le système GLONASS sous l'autorité des Forces Spatiales. Le Président ordonne également de rendre GLONASS opérationnel d'ici 1995. Ainsi, la cadence des lancements s'accélère. Trois ont lieu en 1994, et trois autres en 1995.

En janvier 1994, les responsables militaires du programme proposent de l'étendre au monde civil, où ses applications sont quasi illimitées. Mais l'industrie électronique russe se déclare incapable de construire des récepteurs en grande quantité (il faut dire que ces appareils utilisent des technologies très avancées et qui plus est extrêmement récentes). L'idée est donc abandonnée.

Le 7 mars 1995, le décret n°237 du Président ELTSINE déclare le système opérationnel.

Cependant, la constellation ne comporte à ce moment là que 19 satellites. Il faudra encore deux lancements pour parvenir à une constellation de 24 appareils. Finalement, c'est en décembre 1995 que cet objectif est atteint. Ces derniers satellites sont aptes à fonctionner dès le mois de janvier 1996, et c'est donc à cette date que le GLONASS devient réellement opérationnel. Le système américain GPS a devancé le GLONASS, mais de très peu...