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Granat est un observatoire
astrophysique réalisé en coopération avec la
Bulgarie, le Danemark et la France.
Il accomplit une
révolution de la Terre en environ 4 jours (5 880
min), mais sur cette période les instruments ne
fonctionnent que trois jours. Le quatrième jour,
l'orbite descend en dessous de la barre des 60 000
km, et les ceintures de radiations de la Terre
empêchent les observations. Cette orbite a été
choisie de manière à ce que le temps quotidien de
survol de l'Union soviétique soit suffisamment long
pour permettre le téléchargement des données
emmagasinées (128 Mo).
Granat dispose de trois
panneaux solaires d'une surface totale de 8m².
Au départ, Granat avait
été conçu pour avoir une durée de vie garantie de 18
mois. Cependant, les multiples reports de son
lancement ont réduit cette durée à 8 mois. Mais la
robustesse des systèmes embarqués permettront de
faire durer la mission presque 9 ans. En effet,
Granat n'est rentré dans l'atmosphère que le 27
novembre 1998. Cependant, il a perdu toute capacité
de pointage dès l'année 1997.
Au total, après
remplissage des réservoirs, Granat a une masse de 5
tonnes, dont 2,2 tonnes pour la charge utile
scientifique.
Les équipements sont
montés sur une plate-forme 1AS (basée sur les bus
utilisés pour les sondes Vega et Venera), de
fabrication soviétique, qui ne servira que pour ce
vol.
Il faut noter qu'au mois
d'avril 1992, la station d'Eupatorie
(Crimée), qui relaie les transmissions de Granat,
fut sujette à de graves problèmes financiers et du
être mise en veille. Pour sortir de cette crise, le
gouvernement français débloqua des fonds à la
demande des chercheurs, qui désiraient recevoir les
retombées de leur investissement.
La charge utile compte
neuf instruments.
Sigma a été conçu par le
Service d'Astrophysique du Commissariat à l'Energie
Atomique (CEA) et le Centre d'Etude Spatiale des
Rayonnements (CESR). Il a été développé sous
maîtrise d'oeuvre du CNES. Ses 1 088 kg* font de lui
le plus lourd équipement embarqué sur Granat. Il a
une longueur de 3,5 m et un diamètre à la base de
1,2 m.
Sigma est un télescope
destiné à observer les sources de rayonnements
gamma. Il est composé d'un masque en tungstène percé
d'une multitude de trous afin de laisser les rayons
gammas s'engouffrer dans le télescope et aller
percuter un détecteur (celui-ci est sensible à des
énergies comprises entre 35 keV et 1 300 keV; il
s'agit d'une caméra à scintillation, dérivée d'une
caméra utilisée en médecine nucléaire).
Ce télescope a permit de
réaliser les premières observations à haute
résolution angulaire dans le spectre gamma. En
effet, Sigma a un pouvoir séparateur de 13'; de
plus, la précision de la localisation des sources
est de 1'.
Le projet Sigma a démarré
en 1984 et aura coûté 150 millions de Francs à la
France.
ART-P et ART-S sont deux
télescopes Roentgen réalisés par l'IKI (Institut de
recherches spatiales soviétique).
ART-P observe dans la
gamme d'énergies allant de 4 à 60 keV. Pour ART-S,
cette gamme va de 3 à 100 keV.
Phebus est un spectromètre
développé par le CESR destiné à étudier les sursauts
gamma de haute énergie (entre 100 keV et 100 MeV).
Konus-B, développé par
l'Institut technico-physique de Saint-Petersbourg,
est composé de 7 détecteurs, disposés autour du
satellite. Ils sont capables de capter des énergies
comprises entre 10 keV et 8 MeV.
Cet instrument a
fonctionné du 11 décembre 1989 au 20 février 1990.
Dans le passé, les sondes
vénusiennes Venera 11, 12, 13 et 14 avaient déjà
embarqué des instruments Konus.
Tournesol est le fruit
d'une collaboration entre scientifiques français,
soviétiques et bulgares. Il consiste en 4 compteurs
de photons (énergies de 2 keV à 20 MeV) et de 2
détecteurs de lumière visible. Il est destiné à
observer et à effectuer des analyses spectrales des
sursauts gamma.
Les quatre instruments
Watch ont été développé par l'Institut de Recherches
Spatiales danois. Leur fonctionnement a débuté en
janvier 1990.
Ils sont capables de
localiser des sources de lumières dans une gamme
d'énergies comprises entre 6 et 180 keV.
Il s'agit d'un détecteur
soviétique destiné à enregistrer des protons et des
noyaux d'Hélium (énergie supérieure à 1keV), ainsi
que des électrons (d'une énergie supérieure à 50
keV).
Photos associées
Bibliographie :
Mejdounarodnyii proëkt
Granat, 1989, édité par le TsUP
"Granat" à la chasse au trou noir, Jean-René
GERMAIN, in Sciences & Vie n°868 (janvier 1990)
La coopération entre la France et la Russie,
dossier de presse CNES de la mission Altaïr, 1993
Coopération franco-soviétique dans le domaine
spatial, dossier de presse CNES de la mission
Aragatz, 1988
L'astronautique soviétique, Christian LARDIER
Dictionnaire de l'espace, Philippe de la
COTARDIERE et Jean-Pierre PENOT, Ed. Larousse
Mir News n°149, 01 octobre 1992, Chris van
den Berg
Ciel & Espace n°345
Dernière mise à jour : 9
décembre 2007 |