Au cours des années 1960, l'Union soviétique décide du développement des satellites Tselina destinés à l'écoute électronique. Pour les mettre en orbite, un nouveau lanceur doit être construit.

Fig. 23 : Schéma d'un satellite Tselina.

Appelé 11K68, il sera dérivé du Tsiklone-2 (11K69), se différenciant de celui-ci par l'adjonction d'un troisième étage, appelé S5M. L'OKB-586 avait développé cet étage pour son petit lanceur Cosmos-1, le projet avait été transféré dans un autre bureau d'études et le S5M avait finalement été abandonné.

C'est un décret du Parti communiste et du Conseil des Ministres entériné le 2 janvier 1970 qui lance officiellement le développement du 11K68, dénommé également Tsiklone-3. Le texte précise explicitement que le nouveau lanceur sera dérivé de Tsiklone-2 et qu'il utilisera l'étage S5M.

Fig. 24 : Le lanceur Tsiklone-3.

Contrairement à son aînée, Tsiklone-3 ne sera pas lancée de Baïkonour, mais du cosmodrome de Plesetsk, dans le nord de la Russie.

Le développement dure plusieurs années, et le premier vol n'intervient que le 24 juin 1977. De nombreux autres lancements s'en suivent, principalement pour mettre en orbite des satellites Tselina, Meteor (météorologie) et Okean (observation des océans).

Tsiklone-3 s'avère particulièrement fiable. A partir de 1985, il est aussi utilisé pour lancer les satellites de télécommunications Strela. Chaque année, une dizaine de tirs sont effectués depuis Plesetsk.

Fig. 25 : Décollage nocturne d'un lanceur Tsiklone-3.

Mais à partir de 1992, au lendemain de la chute de l'Union soviétique, la cadence tombe brutalement. La situation économique devient difficile, et l'OKB-586, devenu le KB Youzhnoïe, se retrouve dans une Ukraine maintenant indépendante.

Pour assurer des lancements, les charges utiles se diversifient. Tsiklone-3 est maintenant utilisée pour lancer les satellites civils Goniets, ainsi que quelques satellites étrangers (Allemagne, Italie, Chili).

En décembre 2000, six satellites sont perdus à cause d'une défaillance d'un Tsiklone-3. L'avenir du lanceur est alors plus sombre que jamais. Après cet échec, deux tirs ont lieu en 2001, et un en 2004.

En janvier 2005, une polémique est lancée dans la région de Plesetsk concernant les problèmes de santé publique liés à l'utilisation d'ergols toxiques sur certains lanceurs. Les représentants du cosmodrome annoncent alors qu'il n'y aura plus de tir de Tsiklone-3.

Il semble toutefois probable que les motivations réelles des autorités russes soient davantage économiques qu'écologiques. L'Ukraine pratique en effet des prix très élevés pour vendre son lanceur, et la Russie a de plus en plus de mal à les assumer.

Un lancement de Tsiklone-3 a eu lieu en janvier 2009, et il est fort probable qu'il n'y en aura pas d'autre.

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