Au début des années 1960, l'Union soviétique s'était lancée dans le développement de deux nouveaux types de satellites militaires : les « satellites de chasse » (IS-A), destinés à détruire des engins ennemis, et les « satellites de contrôle » (US-A), qui donneraient une couverture radar mondiale.

C'était le lanceur UR-200 de l'OKB-52 qui avait été choisi pour placer ces satellites sur orbite, mais en 1965, suite à l'arrivée au pouvoir de Leonid BREZHNEV, c'est un lanceur dérivé du missile R-36 qui lui est préféré.

Fig. 19 : Leonid BREZHNEV, nouveau Premier Secrétaire du Parti communiste.

Le 24 août 1965, le Parti communiste et le Conseil des ministres signent un décret "sur la création d'un lanceur basé sur le R-36 pour la mise en orbite des satellites IS et US".

Ce nouveau lanceur est dénommé 11K67, ou encore Tsiklone-2A. Il y a peu de modifications apportées au missile de base, et aucun étage supplémentaire n'est ajouté. Le Kremlin autorise le développement final dans un décret du 1er juillet 1967.

Le premier vol a lieu quatre mois plus tard, le 27 octobre 1967 depuis Baïkonour. Huit vols sont effectués en un peu plus d'un an, permettant de lancer quelques satellites IS et US-A.

Fig. 20 : Le lanceur Tsiklone-2.

Cette version est ensuite rapidement remplacée par un lanceur plus évolué : le Tsiklone-2 (11K69). Le premier vol a lieu en août 1969. Comme l'une de ses missions principales est de lancer les satellites US-A équipés de réacteurs nucléaires, il a été développé avec une énorme exigence de fiabilité.

Tsiklone-2 est lancé au rythme de un à huit exemplaires chaque année, pour les besoins des systèmes IS et US. Le lanceur connaît son premier échec le 25 avril 1973. Ce sera le dernier.

Fig. 21 : Décollage de Tsiklone-2, le 25 juin 2006.

Un premier ralentissement de l'activité se fait sentir avec la fin du programme IS, au début des années 1980. En 1988, ce sont les US-A qui sont abandonnés, et Tsiklone-2 ne lance plus que des US-PM.

L'effondrement de l'Union soviétique entraîne une crise économique sans précédent, et de nombreux programmes en pâtissent. L'OKB-586, connu aujourd'hui comme le KB Youzhnoïe, est situé dans une Ukraine maintenant indépendante, et les relations entre ce pays et la nouvelle Fédération de Russie n'arrangent rien.

La production du lanceur est stoppée en 1994. De nombreux Tsiklone-2 avaient déjà été assemblés, et ils seront lancés pour mettre en orbite les derniers US-PM. On dénombre actuellement moins de un lancement par an, le dernier en date étant celui de juin 2006.

A l'heure actuelle (novembre 2008), il reste encore six lanceurs en stock.

Le KB Youzhnoïe a développé une version améliorée, baptisée Tsiklone-2K, qui devait être commercialisée. Elle était équipée d'un troisième étage ADU-600. Mais aucun client potentiel n'a été identifié, et le projet est tombé à l'eau.

Fig. 22 : Maquette du lanceur Tsiklone-2K exposée au MAKS-2005.
Photo : Nicolas PILLET.

Aujourd'hui, l'avenir de Tsiklone-2 semble plutôt sombre. Il est même probable que les six exemplaires restant ne soient même pas tous lancés.

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