Comme on l'a dit plus haut, la proposition de YANGUEL à la conférence de Pitsounda portait sur un missile qui serait adaptable en une version orbitale capable de satelliser un armement nucléaire. Il s'agit d'une réponse du constructeur principal de l'OKB-586 à une demande formulée par le Gouvernement soviétique l'année précédente.

Un tel système d'arme, appelé OGTch, permettrait à l'URSS de frapper les Etats-Unis de n'importe quelle direction, et en passant sous les radars anti-missiles. En revanche, le poids de l'ogive et la précision de la frappe seraient plus limités.

La version orbitale du R-36 est dénommée R-36orb, ou 8K69. Un premier vol d'essai balistique a lieu le 16 décembre 1965 depuis Baïkonour. La charge militaire simulée monte jusqu'à 200km d'altitude puis retombe dans la zone prédéfinie. Trois autres essais en vol balistiques sont menés à bien en février, mars et mai 1966, avec plus ou moins de succès.

La première tentative de mise en orbite d'une arme nucléaire factice a lieu le 17 septembre 1966, mais elle se solde par un échec. Il faut attendre le troisième vol, en janvier 1967, pour que le succès soit au rendez-vous.

Fig. 18 : Décollage d'un R-36orb de Baïkonour.
Image Mark WADE.

Plusieurs autres tirs suivront les deux années suivantes, et le R-36orb est accepté en service dans l'Armée Rouge le 19 novembre 1969.

Puis le système sera abandonné quand les Américains lanceront leur projet de satellites d'alerte avancée, qui font perdre aux OGTch l'avantage de la surprise.

Mais cela ne signifie pas la fin de l'utilisation du R-36 comme moyen d'accès à l'Espace, bien au contraire !

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