La commission d'enquête, dirigée par Ivan SERBINE, conclut que les responsables du programme accordaient une trop grande confiance aux procédures de sécurité, et que cela à conduit à des prises de décision hâtives.

Techniquement, on découvre que le missile était sous tension au moment de l'accident. Certains techniciens s'inquiétaient des performances des batteries en raison de la température extérieure et les avaient donc mises en marche.

Sans cela, la remise à zéro du PTR n'aurait pas eu de conséquence. La commission recommande donc de modifier le système de contrôle et la séquence de vol afin que cela ne puisse plus se reproduire.

C'est l'OKB-692 qui est en charge de la conception du système de contrôle, et son constructeur principal, Boris KONOPLIEV, a été tué dans la catastrophe. Il est remplacé par Vladimir SERGUEÏEV, qui travaillait jusque là au NII-885.

Le Maréchal NEDELINE est quant à lui remplacé par le général Andreï SOKOLOV.

Fig. 10 : Le général Andreï Illarionovitch SOKOLOV.

Un nouveau missile R-16 est livré à Baïkonour le 1er janvier 1961, à peine plus de deux mois après la catastrophe. Il est lancé le 2 février 1961, mais un problème de guidage le fait s'écraser en Sibérie.

Plusieurs autres tirs sont des échecs, mais finalement le missile atteint les performances demandées. Il termine sa campagne d'essais en octobre 1961 et il est accepté au sein des Forces de Fusées Stratégiques.

Fig. 11 : Décollage d'un missile R-16 depuis la zone n°41.

Le développement de la version R-16U, destinée à être lancée non pas d'un pas de tir mais d'un silo, avance également à grands pas. A Baïkonour, l'aménagement de trois silos dans la nouvelle zone n°60 commence en 1961, et le premier tir a lieu en 1962.

Fig. 12 : Décollage d'un missile R-16U depuis la zone n°60.

R-16 et R-16U deviennent rapidement le principal vecteur des forces stratégiques soviétiques. Une fois placés dans leur silo, ils peuvent y rester pendant trente jours et être lancés en quelques minutes en cas d'alerte. C'est exactement cette capacité qui manquait à la R-7.

YANGUEL a donc réussit là ou KOROLIOV avait échoué. Mais le constructeur principal de
l'OKB-586 ne compte pas en rester là...

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