Tsiklone-2

Cosmos 954

18 septembre 1977


Le lanceur Tsiklone-2 (11K69) a décollé le 18 septembre 1977 à 13h48 GMT de la zone n°90 du cosmodrome de Baïkonour.

La charge utile a été placée sur une orbite 259 km x 277 km x 65°. Elle avait officiellement pour mission de "conduire des recherches sur la haute atmosphère et sur l'Espace extra-atmosphérique".

Il s'agissait en fait du vingtième satellite lancé dans le cadre du programme militaire US-A. Il a rejoint Cosmos 952 qui avait été lancé deux jours plus tôt et les deux satellites ont fonctionné ensemble.

En novembre 1977, les responsables militaires ont perdu le contrôle de Cosmos 954. Les services de renseignements américains constatent sur leurs écrans radars que quelque chose ne tourne pas rond. Le 1er décembre 1977 l'amiral MURPHY (adjoint au secrétaire de la Défense des Etats-Unis) est mis au courant qu'un problème potentiellement grave est en train de naître avec Cosmos 954. En janvier 1978 les experts américains prévoient une retombée pour le 23 ou le 24 du mois. Le 12 janvier, les diplomates américains abordent l'ambassadeur soviétique à Washington sur le sujet. La réponse arrive deux jours plus tard : l'URSS confirme qu'elle a perdu le contrôle du satellite et que celui-ci est porteur d'un chargement de matière radioactive. Les 17 et 18 janvier certains membres du Congrès américains sont mis au courant du problème et un plan est élaboré au cas où la retombée se ferait sur le sol des Etats-Unis. D'autres pays - notamment les membres de l'OTAN - sont eux aussi mis au courant. Le 19 janvier les Soviétiques rassurent les Occidentaux en leur précisant que le réacteur nucléaire est conçu pour se désintégrer lors de la rentrée atmosphérique. Le 23 janvier Moscou indique que la rentrée de Cosmos 954 est prévue pour le lendemain.

Finalement, le 24 janvier à 11h53 GMT, Cosmos 954 rentre dans l'atmosphère. Ses débris s'écrasent près du lac Great Slave au Canada (une zone heureusement désertique) aux alentours de 12h00 GMT. Les Etats-Unis alertent immédiatement le Premier Ministre canadien (M. TRUDEAU) et lui proposent leur assistance. M. TRUDEAU rappelle aussitôt le président CARTER pour accepter cette offre. Des équipes de récupération sont immédiatement envoyées dans la zone du crash afin de récupérer les débris et de prévenir une éventuelle contamination. Elles comprennent huit avions et cinq hélicoptères des forces américaines et canadiennes. Le 06 février, après plus de 150 sorties représentant quelques 1 400 heures de vol, les premiers débris sont localisés. Ils ne sont que très peu radioactifs et sont expédiés au centre de recherches atomiques d'Ottawa. Vraisemblablement le réacteur Topaz s'est désintégré lors de la rentrée.

Un an plus tard, le 24 janvier 1979, le gouvernement canadien a demandé à Moscou de lui rembourser le coût des recherches (22 millions de francs français de l'époque). Les Soviétiques ont seulement accepté d'en payer une partie. Suite à cela, Evgueni FIODOROV, l'ambassadeur de l'Union soviétique aux Nations Unies a déclaré que son pays continuerait de mettre en orbite ce type de satellites mais prendrait des mesures pour éviter qu'un tel incident ne se reproduise.


Bibliographie :

Le site de Jonathan McDOWELL : http://www.planet4589.org
Air&Cosmos n°1628
Le site du Bureau des Nations Unies pour les affaires concernant
l'Espace extra-atmosphérique : http://www.oosa.unvienna.org
Le site de Sven GRAHN : http://www.svengrahn.pp.se
La première guerre spatiale, Pierre KOHLER


Dernière mise à jour : 31 août 2004