Soyouz-U

Cosmos 782

25 novembre 1975


Le lanceur Soyouz-U a décollé du cosmodrome de Plesetsk le 25 novembre 1975 à
17h00 GMT.

La charge utile a été baptisée Cosmos 782 après son injection sur une orbite                     218 km x 384 km x 62,8°. Il s'agit de la troisième capsule récupérable de type Bion (12KS).

Dans la continuité des missions précédemment effectuées dans le cadre de ce programme,  Bion 3 emporte des expériences visant à élucider certains mystères des effets de l'environnement spatial sur les organismes vivants. Plusieurs pays participent à la charge utile scientifique de cette mission : outre l'URSS, on compte la France, la Tchécoslovaquie, la Hongrie, la Pologne, la Roumanie, et les Etats-Unis.

La participation française à Bion 3 consiste notamment en l'expérience Biobloc SF1, du Groupe Biologie et Médecine Spatiales du CNES. Biobloc SF1 comprend des échantillons biologiques (œufs Artemia Salina, graines de salade et graines de tabac) couplés à des détecteurs de rayons cosmiques. Les œufs sont plongés dans un alcool, les graines de tabac sont disposés dans des boîtes en plastiques percées et les graines de salade dans des boîtes contenant du nitrate de cellulose. Les œufs et les graines de tabac sont placés dans le compartiment français, et les graines de salade dans le compartiment soviétique.

Les échantillons ont été placés en culture après avoir été exposés aux rayons cosmiques. Après avoir germé, une étude de leurs chromosomes a été menée dans leurs cellules en mitose (division cellulaire). Les résultats ne montrent pas de grandes différences entre les cellules ayant été touchées par les rayons cosmiques et les autres. Les chercheurs pensent que cela est dû au fait que les embryons des graines n'ont pas été eux-mêmes touchés.

La France a aussi embarqué plusieurs rats à bord de la capsule, et l'étude de leur cerveau après le vol a permis des études histologiques de l'effet des ions lourds des rayons cosmiques sur le tissu cervical.

Il s'agissait des premières expériences dans le domaine de la biologie spatiale réalisées in situ par la France.

Les Etats-Unis ont eux fait voler plusieurs expériences sur Bion-3. On compte notamment :

  • Un dosimètre, pour mesurer les radiations.

  • Une centrifuge qui a recréé une gravité de 1 G, où ont été placées différentes souches biologiques. D'autres souches similaires ont été embarquées. De cette façon, les Américains ont pu étudier les effets des rayonnements tout en étant sûr de les différencier de ceux de la microgravité.

  • Des cellules de carottes, pour étudier leur développement en microgravité.

  • Des œufs de poissons, pour étudier les effets néfastes de la microgravité sur leur croissance et leur développement. Cette expérience s'inscrit dans la continuité des investigations sur ce sujet menées lors de la mission commune Apollo-Soyouz quatre mois plus tôt.

  • Des rats ont aussi été embarqués pour estimer les effets qu'a la microgravité sur leur organisme.

  • Un dosimètre LET (high-Linear Energy Transfer) pour mesurer les radiations.

La mission a été écourtée car les Soviétique craignaient qu'une tempête de neige n'envahissent la zone d'atterrissage le jour où le retour était programmé. Bion 3 a donc atterrit le 15 décembre 1975, dans la matinée, dans le Nord du Kazakhstan (52°17' N; 64°11' E) au bout de seulement 19 jours et 12 heures de vol. Les équipes de récupération ont tout de même fait état de conditions météorologiques très difficiles et ont été contraintes de monter des abris sur le site d'atterrissage.


Bibliographie :

Le site de la Federation of American Scientists : http://www.fas.org
Le site de Mark WADE : http://www.astronautix.com
Coopération franco-soviétique dans le domaine spatial,
      dossier de presse CNES de la mission Aragatz, 1988
ESA's Microgravity Data Base


Dernière mise à jour : 19 mai 2005