Lancements 1960
-
Tir du 22/12/1960

Vostok

1K n°4

22 décembre 1960


Le 1er lanceur Vostok amélioré (8K72K n°Л1-13A) a décollé du pas de tir n°5 de la zone n°1 du cosmodrome de Baïkonour le 22 décembre 1960 à 07h45 GMT.

La charge utile est constituée du vaisseau spatial 1K n°4. Malheureusement, 432s après le décollage, le Bloc E subit une défaillance et le lanceur explose.

En revanche, le système d'éjection fonctionne parfaitement et il éloigne le vaisseau du lanceur en flamme. Le 1K atteint alors l'altitude de 214km et rentre dans l'atmosphère. Il atterrit à
3 500km de Baïkonour, dans la région de Krasnoïarsk. Les deux chiennes qu'il transportait (Zhiemchouzhnaïa et Zhoulka) sont saines et sauves.

Cependant, si suite à l'explosion du lanceur tout s'était passé comme prévu, le vaisseau aurait dû être détruit par le système de sauvegarde embarqué qui aurait dû détecter une trajectoire de rentrée anormale. Celui-ci a donc mal fonctionné.

La récupération

En revanche, un deuxième système d'autodestruction avait été embarqué sur le vaisseau, au cas où justement le premier subirait une défaillance. Il est programmé pour se déclencher 60 heures après l'atterrissage.

Les équipes stationnées à Baïkonour ne perdent donc pas de temps. Douze hommes sautent dans un Iliouchine-14 et s'envolent vers Krasnoïarsk. Là-bas, ils embarquent dans un petit avion capable de se poser sur un aéroport situé non loin du point d'impact du vaisseau.

Ils sont rejoints par des ingénieurs du NII-137 (constructeur du système d'autodestruction). Ils montent alors dans un hélicoptère qui les emmène vers la capsule. Deux d'entre eux sont largués non loin d'elle pour désactiver le système d'autodestruction.

Mais les conditions météorologiques sont tellement mauvaises qu'ils n'arrivent pas à voir la capsule et doivent demander à des avions survolant la zone de les guider. Quand ils y arrivent (par -45°C) plus de trente heures se sont déjà écoulées depuis l'atterrissage.

Ils n'entendent pas les chiens, et ne peuvent pas les voir car les hublots sont couverts de verglas. De plus, la nuit est en train de tomber. Ils doivent donc regagner le village de Toura (à 60-70km). Le lendemain matin, ils retournent sur les lieux de l'atterrissage accompagnés d'un vétérinaire. Ils peuvent ouvrir la capsule, neutraliser le système d'autodestruction et récupérer les chiens, qui sont miraculeusement sains et saufs.

Si les animaux ont été retrouvés à l'intérieur du 1K, c'est parce que le siège éjectable s'est déclenché avant l'éjection de la porte, et il est donc resté bloqué à l'intérieur avec ses deux passagères.

L'enquête montrera que la défaillance du premier système d'autodestruction est due à des câbles qui avaient été brûlés lors de l'explosion du lanceur.


Note : on doit le récit de la récupération à Arvid Vladimirovitch PALLO, ingénieur de l'OKB-1 décédé en janvier 2001 à l'âge de 89 ans.


Bibliographie :

The Rocket Men, Rex HALL, David SHAYLER, Ed. Springer&Praxis
Le site de Sven GRAHN


Dernière mise à jour : 18 octobre 2010