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Malgré l'apparente euphorie créée par le succès du
vol de GAGARINE, le climat en coulisses reste très
tendu. A l'origine du malaise : l'éternelle dispute
entre les Forces aériennes (VVS) et les Forces de
Fusées Stratégiques (RVSN) sur le partage des
responsabilités dans le domaine du spatial. Au
mois d'avril 1962, le maréchal BIRIOUZOV devient le
nouveau commandant des RVSN. Mais il ne reste pas
longtemps à ce poste, car il est nommé Chef
d'Etat-major des Forces armées soviétiques seulement
onze mois plus tard, en mars 1963. Le Maréchal
KRILOV le remplace à la tête des RVSN.
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Fig.
7 : Le Maréchal Sergueï BIRIOUZOV.
Commandant des RVSN en 1962.
Chef d'Etat-major en 1963. |
Fig.
8 : Le Maréchal Nikolaï KRILOV.
Commandant des RVSN
en 1963.
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Quelques jours après sa nomination à
l'Etat-major, le 28 mars 1963, BIRIOUZOV ordonne la
formation d'une Commission chargée de réfléchir à la
répartition des pouvoirs en matière spatiale. Sur
les huit membres, un seul appartient aux VVS, le
Maréchal VERCHININE, et les sept autres sont issus
des RVSN, tout comme BIRIOUZOV lui-même.
Dès la formation de la Commission,
VERCHININE propose de confier la responsabilité du
programme spatial aux VVS, et les autres membres
s'empressent de refuser. Sergueï KOROLIOV, le patron
de l'OKB-1, soutient fermement les Forces aériennes
car, contrairement aux RVSN, elles s'intéressent aux
grands projets de vols habités. Les discussions
durent plusieurs mois et, en décembre 1963,
BIRIOUZOV décide de créer une agence regroupant
toutes les entités militaires ayant des activités
liées au spatial.
Cette idée ne fait que déplacer le
problème : la nouvelle entité doit-elle dépendre des
VVS, des RVSN, ou encore être indépendante et placée
directement sous le contrôle du Ministère de la
Défense ? Apparemment, BIRIOUZOV serait favorable à
un contrôle par les VVS.
En 1964, la situation politique en
URSS change radicalement quand, le 14 octobre,
Nikita KHROUCHTCHEV est limogé et remplacé par
Leonid BREZHNEV. Cinq jours plus tard, BIRIOUZOV
trouve la mort dans un accident d'avion près de
Belgrade, en Yougoslavie. Il est remplacé par le
Maréchal Matvieï ZAKHAROV.
La disparition du Chef d'Etat-major
pro-VVS ouvre la voie à ses opposants pour placer la
nouvelle organisation sous le contrôle des RVSN.
L'acte de naissance de la Direction
Centrale des Moyens Spatiaux, ou TsUKOS (Центральное
управление космических средств), est signé le 6
novembre 1964. Sans surprise, c'est le général Kerim
KERIMOV, jusque là commandant de la Direction des
affaires spatiales du GURVO, qui est placé à sa
tête. D'ailleurs, le TsUKOS reprend beaucoup des
moyens et des personnels affectés précédemment à
cette Direction. Les adjoints de KERIMOV sont
V.I. CHTCHEOULOV, A.A. MAKSIMOV et A.G. KARASS.

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Fig.
9 : Organigramme présentant la place du TsUKOS
dans la hiérarchie soviétique. |
A part deux
activités qui restent sous le contrôle des VVS
(l'entraînement des cosmonautes et la récupération
des capsules), les RVSN ont donc réussi à
s'accaparer le contrôle quasi-total des activités
spatiales, et cela constitue un sérieux
revers pour les ambitions de KOROLIOV.
Moins d'un an après sa formation, en
1965, le TsUKOS change de direction. En effet, Kerim
KERIMOV est appelé vers d'autres fonctions et est
remplacé par son adjoint : le général KARASS.

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Fig.
10 : Le général Andreï Grigorievitch KARASS.
Commandant du
TsUKOS en 1965. |
Au cours des années suivantes, le
TsUKOS s'étoffe de plusieurs branches qui vont lui
donner une importance grandissante. Ainsi, le 17
mars 1966, un lanceur Vostok décolle du nouveau
cosmodrome de Plesetsk, placé entièrement sous la
responsabilité du TsUKOS. L'année suivante, deux
nouvelles directions sont crées la PRO et la PKO. La
première a la charge de la défense anti-missile et
la seconde est responsable de la "défense
anti-spatiale", c'est à dire des satellites destinés
à neutraliser d'autre satellites.
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