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Au cours des années 1990, le lancement de satellites
commerciaux, principalement dans le domaine des télécommunications, devient un
véritable marché. La Russie dispose de nombreux lanceurs extrêmement compétitifs
du fait de leur très faible coût de production.
Leurs performances sont toutefois largement sous-exploitées du fait de la
position des bases de lancement. Le cosmodrome de Baïkonour au Kazakhstan est,
par exemple, situé à 46°N. En comparaison, le Centre Spatial Guyanais (CSG),
d'où sont lancées les Ariane européennes, n'est élevé que de 5°14' au-dessus de
l'équateur.
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Fig. 1 Positions des sites de Kourou
et de Baïkonour. |
Une telle situation confère deux avantages. Premièrement, le lanceur décollant
de Guyane française reçoit plus d'énergie cinétique du fait de la rotation de la
Terre que celui décollant de Baïkonour. Deuxièmement, la plupart des satellites
commerciaux devant être mis sur des orbites dites de transfert géostationnaire
(GTO) situées dans le plan de l'équateur, un lancement depuis le Kazakhstan
impose nécessairement un chemin à parcourir plus long.
Ainsi, en 1995, le GKNPTs Khrounitchev propose de lancer sa fusée
Proton depuis
le CSG. Cette affaire ne connaît pas de suite, mais d'autres prennent le relais.
Le KB Youzhnoïe ukrainien envisage de lancer ses fusées Zenit depuis une base
flottante située exactement sur l'équateur : ce sera le projet Sea Launch.
Parallèlement, elle propose à l'Europe d'établir une coopération devant mener au
lancement de
Tsiklone-3
depuis le CSG.
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Fig. 2 : Le lanceur Tsiklone-3. |
Suite à ces propositions, en 1997, le CNES lance sous l'impulsion de Michel
MIGNOT, alors directeur du CSG, une vague étude destinée à déterminer le degré
de faisabilité technique de l'implantation à Kourou de lanceurs étrangers.
L'option la plus réaliste est celle du
Tsiklone-3, car elle bénéficie du soutien
industriel de l'Allemagne.
La deuxième hypothèse la plus avancée est celle du lanceur russe Soyouz. Ce
dernier est en effet très attirant du fait de son extrême fiabilité. Il est, de
plus, commercialisé par la société franco-russe Starsem (qui n'a encore effectué
aucun lancement).
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Fig. 3 : Le lanceur Soyouz. |
En 1998, alors que l'idée de voir
Tsiklone-3
sous les tropiques a été
abandonnée, le projet de lancer Soyouz depuis la Guyane commence à être discutée
avec la Russie. Starsem réalise une étude visant à défricher l'aspect technique,
mais aussi la viabilité économique d'un tel projet.
Mais le 6 juin 2000, la compagnie Arianespace, qui commercialise les lanceurs
Ariane et qui est actionnaire de Starsem, annonce que l'idée est abandonnée.
L'investissement nécessaire au projet a été évalué à 28,88M$, et il est jugé
trop important à une époque où le marché des constellations de satellites, perçu
comme prépondérant, est sur la pente descendante. De plus, les Européens
craignent que Soyouz ne vienne concurrencer la famille Ariane sur ses propres
terres.
Selon certains, l'histoire
s'arrêtera là. L'Europe a statué, sa décision est
définitive et sans appel. C'est sans compter avec la
persévérance russe.
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